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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 08:36

Après une longue absence sur ce blog due à une plus forte concentration sur le dépouillement et la méthode, je me suis décidé à faire évoluer la mienne et donc à en parler.

 

Avant cela, voici les mises à jour du site. Les dernières mises à jour concernent sur Valdeblore toutes les naissances, mariages et décès de la période républicaine ainsi que l’année 1808. Quant à Roure ces sont l’intégralité des mariages de 1814 à 1859 qui sont désormais en ligne ainsi que les baptêmes de 1814 à 1831. Enfin, St Sauveur, sur l’arbre des familles, contient désormais les naissances et mariages de 1806 à 1815.

 

Mais revenons à la méthode de dépouillement.

 

Je n’ai pas commencé au sein d’une association qui aurait déjà eu sa propre méthodologie et au départ, mon travail était un peu anarchique. Cela peut passer lorsque l’on travaille sur une seule commune, mais lorsque, comme actuellement, on travaille sur trois villages et sur deux supports (un dépouillement classique puis une « mise en arbre » d’une autre), la méthode est nécessaire si l’on veut si retrouver.

 

 

Par où commencer un dépouillement ?


Certains ont peut-être remarqué que lorsque je commence un village, je débute par 1861. Pourquoi cette date ? Simplement parce que c’est le début de la période française, qui dure encore aujourd’hui. Avant cela, nous avions la période sarde de 1814 à 1860, et avant encore la période révolutionnaire et de l’Empire de 1793 à 1813 et encore avant la période italienne. Bref, autant dire qu’il faut faire un choix. J’ai essayé de commencer par le début à St Sauveur sur Tinée (milieu du XVIIIe) mais le problème est double :

 

-          - L’écriture de l’acte est à peu près lisible mais par contre, quand on ne connait pas les patronymes de la commune, les erreurs peuvent être fréquentes sur ces derniers

-          - L’orthographe des patronymes est très changeante, varie suivant les prêtres puis les officiers d’Etat-Civil puis encore les prêtres... et les signatures sont encore très rares

 

Pour cela, j’ai décidé de commencer en 1861 car tout y est plutôt facile. En général les registres des naissances, mariages et décès sont séparés, mais pas à l’époque des registres paroissiaux du XVIIIe et d’avant ce qui permet de se concentrer sur chaque type d’acte. Je fais donc une période entière des mariages, de 1861 jusqu’au début du XXe, puis je change de type d’acte, privilégiant d’abord les naissances puis les décès et remontant au fur et à mesure.

 

En général après avoir dépouillé l’intégrale des NMD de 1861 au début du XXe siècle, j’ai pu visualiser et retenir l’orthographe de chaque patronyme de la commune ce qui permet d’aller bien vite en remontant et surtout d’arriver à lire des actes presque illisible, devinant le patronyme des personnes concernées. Quand j’ai enfin pu revenir au début des registres paroissiaux de St Sauveur, je n’ai eu aucune difficulté de lecture sauf à de très rares endroits.

 

Je garde donc cette méthode qui marche dans mon cas, sauf dans les grandes villes où on est obligé de s’intéresser à des périodes anciennes si l’on veut faire un dépouillement intéressant en une seule vie.

 

 

Excel, Nimègue ou autre ?


C’est la question que beaucoup se posent, donc moi. Excel, c’est pratique, c’est rapide. Nimègue est spécialisé, propose plus d’entrées (qui sont déjà créées) et est compatible avec les logiciels des associations (mais Excel aussi). Cependant, j’utilise Word. C’est très mal, je sais !

 

Mais pourquoi ?

 

Je suis parti du principe que pour reconstituer des familles d’une commune, il fallait pouvoir inscrire les témoins qui ont souvent un lien de parenté permettant de résoudre quelques problèmes généalogiques. Mais on peut également trouver des mentions marginales ou des précisions sur le décès, le statut social des parents, les professions, différencier la date de l’acte, de la naissance, du baptême (pareil pour les décès), l’heure, l’adresse, le surnom... Et dans Excel, ce serait illisible, surtout si l’on y fait une colonne « Observations ».

 

De plus, Word a l’avantage certain que l’on y peut taper plus vite et avec les informations suivant leur ordre dans l’acte sans les mettre dans les cases. On gagne un temps négligeable sur un seul acte, mais sur des centaines, c’est tout à fait différent. De plus, une sortir imprimante est plus aisée.

 

Cependant pour des communes dans lesquelles j’ai fait quelques (petits) dépouillements comme à Auray, dans le Morbihan ou Nice dans les Alpes-Maritimes, avec une population importante, le format Excel me sert plus puisque, d’office, j’exclus les témoins et mentions accessoires. Si on ne le fait pas, on en aurait pour un temps fou.

 

 

Les abréviations


Elles sont, tout du moins à mon sens, presque obligatoires pour des dépouillements importants. Quand 95% d’un village a pour profession « cultivateur » et qu’on doit le répéter pour chaque protagoniste d’un acte, on en devient fou. Pareil si les personnes sont nées, décédées ou simplement domiciliée dans une commune dont on doit retaper le nom à de nombreuses reprises ; c’est encore pire lorsqu’ils viennent de Saint Sauveur sur Tinée.

 

J’utilise donc beaucoup d’abréviations comme :

-         JB = Jean Baptiste

-          Cul = Cultivateur/Cultivatrice

-          Instit = Instituteur/Institutrice

-          SS = Saint Sauveur sur Tinée

-          R = Roure ou Rimplas (l’abréviation se fait seulement dans la commune dépouillée)

-          V = Valdeblore

-          Inh = Inhumé

-          Bapt = Baptisé

-          P et M = Parrain et Marraine

-          T = Témoins

-          MM = Mention Marginale

-          Dom = Domicilié

-          Pro = Propriétaire

-          Etc, etc...

 

De même, n’imaginez pas trouver dans les dépouillements une syntaxe convenable, ni même une syntaxe tout court ! Même dans Word, on envoie les données brutes.

 

Cependant, je travaille déjà à un document Word avec les dépouillements corrigés, sans abréviations, avec de vraies phrases... Mais la publication n’est pas prévue sur du court terme, préférant d’abord proposer du travail inédit en libre-accès.

 

 

Des tables décennales ?


J’ai pris pour habitudes de faire des tables décennales, parfois pas très décennales (période républicaine, actes commençant par une année non classique comme 1744 faisant se terminer la table en 1749 pour avoir une meilleure lisibilité ensuite). Le seul problème réel pour ces tables, c’est le temps. On a parfois des tables décennales de 250 noms et encore, ce n’est pas énorme par rapport à de grandes communes, mais c’est particulièrement saoulant et répétitif. De plus, sur le modeste « site » mis à la disposition des chercheurs, ces tables prennent de la place et même sur un outil aussi basique que Frontpage, on perd du temps à créer des pages pour insérer cela.

 

Autre inconvénient, cela a tendance à me faire arrêter les dépouillements en l’année ???9, par exemple 1879 et de faire la suite plus tard, alors que sans, si je suis en forme je puis aller jusqu’en 1883 ou autre, permettant de rajouter de nouvelles années.

 

Etant donné le peu d’avantages de ces tables dans un tel dépouillement, j’ai décidé de les arrêter définitivement et de les supprimer du site. En effet, il y a un autre moyen bien plus simple et efficace de faire des recherches sur ce site.

 

 

CTRL+F


C’est le raccourci clavier pour faire une recherche dans une page (ici page web). Je vois d’ici les geeks se marrer en se disant « Bah oui, on le savait ! ». Pensez-un peu aux autres, voyons !

 

Bref, étant donné que les dépouillements sont publiés en brut dans une page web et qu’il n’y a bien entendu aucune protection contre la recherche plein texte ou le copié/collé, cette fonction « recherche » permet de taper le patronyme ou tout autre renseignement et de voir où sont les références. Par ailleurs, un conseil : faites plusieurs recherches en utilisant les variantes patronymiques. Si vous cherchez « Auvaro », il y a quelques variantes mais elles sont faciles : « Auvara », « Auvare » ; donc il est préférable de taper « Auvar ». J’ai quelques fiches des variantes patronymiques et j’essaierai de les publier (quand je les retrouverai dans mes affaires en cours de déménagement).

 

Et surtout cette fonction CTRL+F vous permet de trouver le patronyme recherchés du côté des mères de l’enfant (non référencés dans les TD), dans les témoins, les parrains et marraines, etc. Ceci est extrêmement pratique si vous cherchez à noter les relations de vos ancêtres avec le village.

 

 

Faut-il relever les témoins ?


Ca dépend. Si vous travaillez sur une grande ville, il vaut mieux éviter, il y a déjà beaucoup d’actes. Par exemple je travaille actuellement sur Auray, dans le Morbihan, et sur Nice, dans les Alpes-Maritimes. Sur Auray, j’ai commencé par relever les informations annexes mais je perdais un temps fou tant il y avait d’actes ne voyant jamais la fin du registre en cours. J’ai donc arrêté vers le centième acte relevé (je suis un peu long à la détente) et désormais, c’est bien plus rapide, surtout sur la période où je suis (période républicaine) que j’abhorre particulièrement comme vous avez déjà dû le remarquer sur ce blog, m’en plaignant sans cesse.

 

Mais sur une petite commune ? J’ambitionne de recréer les familles de communes sur l’arbre en ligne et les témoins sont la clé. On y découvre « machin » cousin germain que l’on n’avait pas réussi à relier à la famille car il manquait une année dans les registres, notre plus vieil ancêtre qui est parrain dans un acte où il est dit « fils de » ou « originaire de », etc, etc. C’est une véritable mine d’or  et pas plus tard qu’hier j’ai pu relier deux branches importantes d’une même famille.

 

Au final, le dépouillement en généalogie ne correspond pas, à mon sens, à une définition universelle, un protocole commun. C’est juste la manière qu’a le généalogiste de procéder, sa propre manière, suivant son propre but. Le dépouillement n’est pas le même suivant le but à atteindre. Il doit bien exister des manuels de dépouillements, mais j’aime bien découvrir par moi-même les écueils à éviter, trouver ma propre méthode. C’est un travail sans fin, mais c’est passionnant. Cela fait deux ans (depuis le début du mois) que je fais des dépouillements et ma méthode évolue sans cesse.

 

Et vous, quelles sont vos méthodes de dépouillement ?

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commentaires

Nicolas 04/01/2012 18:19

Bonjour Thomas,
j'apporte un avis tardif sur cet article. Il faut penser que le nombre de relevés augmente considérablement et qu'un jour (bientôt peut-être) ces masses d'informations pourront être traitées par
des logiciels capables de "comprendre" ce qui est écrit pour des recherches et une utilisation optimales et modernes. Dès lors, réaliser ces travaux sans règles ni conventions communes complique la
tâche, plus encore en dehors des quelques avancées en matière de classement apportées par les "standard" excel ou de type Nimègues. La recherche plein texte (Ctrl+F) est largement limitée par
rapport à la puissance des outils de requêtes des bases de données. Si j'admire l'ensemble de votre oeuvre, je crains que vos méthodes de relevés soient à contre-courant du progrès et rappellent
des pratiques désuettes.
Je vous accorde sans conteste que les tableurs et autres logiciels de saisie actuels ont des limites très contraignantes. Il existe (dans des laboratoires secrets...) des projets à mi-chemin entre
les tableurs, les transcriptions et les bases de données capables peut-être d'amener de nouvelles solutions.
Pour ma part, je suis convaincu qu'il aurait fallu depuis bien longtemps mettre en place des conventions d'écriture pour amorcer une uniformisation de tous les travaux en vue d'un stockage
adapté.

Bravo pour le ton et la "jeunesse" de vos articles. En esperant seulement que ma remise en question soit constructive.

Cordialement,
Nicolas

Thomas 04/01/2012 20:25



Bonsoir Nicolas,


Tous les avis sont les bienvenues, d'autant plus s'ils sont constructifs comme le vôtre.


Comme toute personne s'attaquant à des relevés, j'ai recherché un moyen idéal, en vain. Excel est très utile et c'est un excellent outil pour des relevés dans de grandes villes mais ce logiciel
ne peut être exhaustif (il faut des dizaines de colonnes par acte de mariage au XIXe) et Nimègue ne m'a pas plu comme je l'ai évoqué dans cet article.


Le CTRL+F n'est pas la solution et effectivement, comme vous le soulignez, c'est une pratique "désuette" et je réfléchis toujours à un moyen de changer de méthode, mais il me faudra attendre le
"dépouilleur providentiel", celui qui aura les connaissances informatiques et la capacité d'innovation qui me manquent actuellement; celui qui révolutionnera ce système. En attendant, je continue
sur Word pour certaines communes et sur Excel pour d'autres. Je me dis que, bien qu'étant très perfectible, l'ensemble reste à peu près lisible et débloque certaines personnes notamment par la
transformation en "arbre généalogique", but final de ces relevés. Quoiqu'il en soit, j'ai hâte que ces laboratoires secrets dont vous nous parlez, et dont j'ignorais l'existance, se révèlent et
nous permettent d'offrir des moyens de "mise en page" plus performants.


Il y a une "convention", notamment par un document de la Fédération Française de Généalogie pour les anciennes fiches; mais un document PDF de 38 pages assez complexe n'est guère encourageant
pour ceux souhaitant se lancer.


En vous remerciant d'avoir pris le temps d'écrire votre instructif commentaire,


Cordialement,
Thomas



Christophe 25/12/2010 12:22


Bonjour,

Il y a 20 ans que j'effectue des relevés. D'abord exhaustifs (y compris les témoins pour les grosses communes). J'ai également commencé par des périodes plus lisibles pour m'habituer aux noms
courants puis je me suis attaqué aux documents plus anciens. Quelle que soit la taille de la commune pour la période antérieure à 1737 il me semble qu'il faut relever tous les informations qui sont
si rares que ça ne prend pas plus de temps que pour la période suivante plus "bavarde".

Au début j'utilisais un traitement de texte (peu d'autre choix à l'époque !) mais je suis vite passé à Excel après avoir essayé GAOactes et Nimègue trop contraignants. Ce qui m'a permis d'utiliser
des bases de données utilisables sur Internet via ExpoActes ou mon propre moteur de recherche. C'est en cherchant des solutions que j'ai appris à créer techniquement ce qu'il faut pour obtenir un
résultat satisfaisant.

J'utilise également la méthode "CTRL+F" améliorée pour le notariat peu évident à caser dans une base de données, mais avec une moteur de recherche fait maison
http://www.lillechatellenie.fr/vracdactes/.

Depuis quelques mois et devant le nombre de dépouillements de BMS disponibles sur Internet et vendus par les associations je me suis mis à relever d'autres types de documents : notariat, terriers,
comptes... dont le contenu n'entre pas dans les cases d'un dépouillement classique. Etant donné le nombre de documents à répertorier et le risque que l'information n'interesse finalement personne,
je ne relève plus que : Nom, prénoms, lieu de vie, référence et année. Comme je numérise (photo) les documents en question pour pouvoir les travailler chez moi, si quelqu'un est interessé par un
personnage il me donne la référence du document (et même de la photo) et je n'ai plus qu'à dépouiller intégralement le document voire lui communiquer la photo de celui-ci. Le travail fastidieux de
dépouillement intégral n'étant donc fait que sur demande.

Ma pratique est un peu mieux expliquée sur la première page de mon site si vous voulez en savoir plus.


Thomas 26/12/2010 08:17



Bonjour,


Merci à vous pour votre commentaire et l'adresse de votre intéressant site. J'apprécie toujours d'avoir des discussions avec d'anciens "releveurs" d'actes; l'expérience est toujours bonne à
prendre.


Pour la base de données, je ne me suis jamais risqué à essayer d'en créer une car même si je ne suis pas totalement mauvais en informatique, je n'ai pas les compétences pour. C'est vrai qu'Excel
peut parfois être vraiment pratique, je le vois dans les relevés que je fais sur Auray en Bretagne.


C'est un sacré travail que vous faites pour les relevés et notamment pour le notariat, source merveilleuse d'informations. Je vous en félicite et vous en remercie.


Je vais aller voir votre méthode sur votre site. Quoiqu'il en soit, il m'intéresse beaucoup étant donné que j'ai des ancêtres lillois et du Nord, et, chose amusante, j'ai vu que l'adaptation du
site était faite par un Yernaux, moi-même étant descendant d'une famille Yernault du Nord/Pas-de-Calais et dont l'une des familles alliées était installée à Lille.


En vous remerciant pour votre travail,


Cordialement,


Thomas de Sacrés Ancêtres



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