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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 10:57

Nous sommes le 11 novembre et Sacrés Ancêtres se devait de rendre hommage à nos poilus morts pour la France. J'ai choisi délibéremment de m'intéresser à ceux d'un village en particulier. J'ai, il y a peu, évoqué ces cousins, les Levey, morts pour la France et j'aurais pu aussi rendre hommage aux autres poilus de ma famille, mais ce sera pour une prochaine fois.

 

Voici donc la liste des morts pour la France de Saint-Sauveur-sur-Tinée accompagnés de quelques renseignements généalogiques sur eux:

 

- Marius Rami, né le 14/01/1873 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Joseph Antoine et de Marie Rose Rami est tué à l'ennemi le 12/10/1915 à Sägmatten. Il a eu trois fils avec sa femme Marie Claire Colletta: Joseph, Emile et Rosé. Il était chasseur de deuxième classe au 7e bataillon territorial de chasseur

 

- Jean Baptiste François Camille Toche né le 18/07/1894 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils d'Honoré forgeron et de Marie Baptistine Rami ménagère. Il est mort de "plaies multiples par éclats d'obus, plaie pénétrante du cou, blessures graves des mains et du membre inférieur" le 20/08/1915 à Florent dans la Marne. Il était au 7e régiment d'infanterie.

 

- Jean François Salomon né le 30/09/1875 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Pierre Antoine, maçon, et de Xavière Forneri, ménagère. Il est mort des suites de blessures de guerre le 02/07/1915 à Martincourt en Meurthe-et-Moselle. Il était soldat de deuxième classe au 311e régiment d'infanterie, 8e compagnie

 

- Joseph Maïssa annoncé sur son acte de décès comme né le 23/01/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée. Probablement né 23/11/1891 fils de Michel-Ange et de Marie Espérance Gautier, cultivateurs. Mort des suites de blessures reçues sur le champ de batailles le 31/01/1915 à Bussang. Il était soldat de deuxième classe au 27e bataillon de chasseur à pied, 2e compagnie.

 

- Baptistin Lombart né le 30/10/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Charles et de Marie Madeleine Vial, cultivateurs. Il est mort 15/06/1915 sur le champ de bataille à la suite de blessures de guerre à Braun Roff en Alsace. Il était chasseur de première classe au 6e régiment de chasseurs, 4e compagnie.

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/302354.jpg

Baptistin Lombart (Source: Memorial GenWeb)

 

- François Édouard Auvaro né le 01/09/1892 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Pierre Louis et de Marie Madeleine Roux, cultivateurs. Il est mort le 12/03/1915 sur le champ de bataille à Reichaker-Kopf. Il était chasseur de deuxième classe au 6e bataillon de chasseurs, 6e compagnie.

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/300834.jpg

François Edouard Auvaro (Source: Memorial GenWeb)

 

 

- Jean Paul Noyer né le 24/06/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils d'Aimé, cantonnier, et de Marie Joséphine Bazzini, épicière. Élève à l'École Normale, il est mort 06/04/1915 à Flirey, tué sur le champ de bataille. Il était caporal au 163e régiment d'infanterie, 7e compagnie

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/7483.jpg

Jean Paul Noyer (Source: Memorial GenWeb)

 

- François Joseph Maïssa né le 05/09/1894 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils de Joseph, messager et de Caroline Cristini, ménagère. Tué à l'ennemi le 09/02/1916, soldat de 2e classe au 22e régiment d'infanterie coloniale.

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/302399.jpg

François Joseph Maïssa (Source: Memorial GenWeb)

 

- Joseph Émile Maïssa, né le 26/03/1879 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, cultivateur. Il était le fils de Michel-Ange et de Louise Gaïssa, cultivateurs. Il venait de se marier un an auparavant, le 14/01/1915 avec Victorine Rousset, tué à l'ennemi au ravin des vignes près de Verdun le 07/05/1916. Il était soldat au 99e régiment d'infanterie. Il était alors dans le même régiment que mon arrière-grand-père, le Commandant Marcel Prat alors Capitaine. 

 

- Pierre Félix Roux, né à Roussillon au hameau de La Tour le 25/09/1890 fils d'Emilie Roux. Il était domicilié à Saint-Sauveur-sur-Tiné et a disparu dans la perte du cuirassé "Bouvet" le 18/03/1915, coulé par une mine après avoir reçu huit impacts de l'artillerie turque. Il était matelot de troisième classe. Il y eut 47 survivants sur 630 membres d'équipage.

 

- Michel Marcel Toussaint, né le 12/06/1898 à Tunis, fils de Jean et de Marie Dominique Bianchi. Il était domicilié à Saint-Sauveur-sur-Tinée et est mort sur le champ de bataille le 22/07/1918. Il était alors brigadier à la 24e batterie du 260e régiment d'artillerie lourde 

 

- Joseph Maynart, né le 19/05/1886 à Isola où il épouse le 24/03/1913 Edwine Murris. Il est fils de Justin et d'Antoinette Fabriet. Mort pour la France le 10/06/1918 près de Gournay sur Aronde. Il était soldat au 151e régiment d'infanterie. 

 

- Baptistin Mario, fils de Joseph André et de Joséphine Mario, cultivateur. Il est né le 09/11/1885 à Saint-Sauveur-sur-Tinée dans le lieu-dit de Pierre Blanche et épouse dans ce même village le 11/05/1912 Anaïs Bovet. Ils eurent au moins un fils, André Augustin né le 17/05/1913 à Saint-Sauveur-sur-Tinée et décédé le 24/10/1969 à Castellane. Baptistin Mario était cultivateur et est mort le 10/11/1916 à Sailly. Il était au 47e bataillon de chasseurs alpins.

 

- Albert Robin né le 30/08/1882 à Chédigny en Indre-et-Loire épouse à Bléré dans le même département  le 25/06/1906 Juliette Pellevard. A disparu le 26/10/1914 à Langemarck alors qu'il était soldat au 66e régiment d'infanterie. Le Tribunal Civil de Nice l'a déclaré "disparu du guerre" le 24/12/1920. Son dernier domicile devait certainement être Saint-Sauveur-sur-Tinée.

 

Ce billet est un bien faible hommage pour de si grands hommes, morts pour la France, pour la Patrie. Je les inscris ici afin qu'ils ne soient pas oubliés. Ils n'étaient pas Commandant, Capitaine ou Lieutenant-Colonel, ils ne sont pas dans les manuels d'histoire, ni dans les livres. On ne parlera pas d'eux à la télévision aujourd'hui et pourtant ce sont des héros.

 

Si vous êtes de leur famille, n'hésitez pas à m'envoyer des photographies que je puisse compléter ce petit hommage.

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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 08:51

Aujourd'hui, comme annoncé dans mon billet sur les témoins, je vais vous conter l'histoire des Récipon, une famille d'artistes.

 

Récipon Georges par Robert Charlie 1905Georges Récipon par Robert Charlie en 1905

 

Ma grand-tante, Colette Prat, était élève à la Légion d'Honneur et pendant les vacances elle partait soit chez son oncle Léon Prat soit chez sa tante Valentine Prat-Monchicourt. C'est chez cette dernière qu'elle connut une certaine Madame Récipon. Ma famille n'en sait pas plus. Après une longue enquête, j'ai pu reconstituer la famille Récipon à partir de sources généalogiques, d'ouvrages, d'articles de presse et du fameux parchemin de feue ma cousine Renée Monchicourt (qui établit une ascendance et une descendance assez complètes de ce côté).

 

Valentine Prat a épousé son/mon cousin Henri Monchicourt, antiquaire à Milan. Son père Albert Monchicourt, négociant papetier, avait un frère Félix aussi négociant et père de Valentine Monchicourt qui épousa le 18 mai 1892 à Paris XIe un certain Georges Récipon. Valentine était donc Madame Récipon. Voilà pour le lien de parenté.

 

Valentine Monchicourt est née à Montay, dans le Nord, le 13 juillet 1869 puis s'installa sur Paris et devint artiste peintre, élève de Madame Delaunay et de Paul Edouard Récipon son futur beau-père. Georges Récipon, plus âgé que sa femme puisque né le 17 janvier 1860 à Paris IIIe, fut également l'élève de son père et l'on peut penser que c'est dans les ateliers de Paul Edouard, sculpteur, que les deux jeunes gens se recontrèrent.

 

Monchicourt-Valentine-allegorie-de-l-abondance-par-de-Liph.jpg

L'allégorie de l'abondance par Valentine Monchicourt (cliquez pour agrandir)

 

Avant cela, Georges Récipon avait fait l'école des Beaux-Arts où il fut l'élève de Dumont et Thomas. Il obtint le 1er prix Jouvain d'Allanville en 1882 ainsi qu'un prix en peinture décorative. En 1889, grâce au Retour de l'enfant prodigue il eut en sculpture le second grand-prix de Rome. Il participa au Figaro Illustré, à la Revue Illustrée, à la Revue des Lettres des Arts ou encore au Monde Ilustré. Il a également illustré de nombreux ouvrages notamment pour Conquet, Hachette, Baschet ou Launette. D'après le Dictionnaire national des contemporains (1919) par Curinier: " Arsène Alexandre, dans Le Figaro, Ch. Ponson-Lailly dans le Monde Illustré, et d'autres, nombreux, constatent que Georges Récipon possède à la fois la puissance, la grâce et surtout un beau don de spontanéité et d'exubérance, caractéristique de son très personnel talent."

Georges Récipon est célèbre pour nombre de tableaux et de sculptures. Il serait fastidieux d'en faire étalage ici; c'est pourquoi je renvoie le lecteur intéressé au livre de Curinier. Notons principalement une sculpture restée très célèbre: le quadrige L'Harmonie triomphant de la Discorde.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Toit-Grand-Palais.jpg/786px-Toit-Grand-Palais.jpgL'Harmonie triomphant de la Discorde (cliquez pour agrandir)

 

Le couple Récipon fut visiblement assez heureux et Georges sembla apprécier sa belle-mère dont il fit le portrait.

http://img571.imageshack.us/img571/5895/feretzopargrcipon.jpgZoé Féret mère de Valentine Monchicourt, par Georges Récipon (cliquez pour agrandir)

 

En 1893, ils vivaient 149 rue de Rennes dans le VIe arrondissement de Paris et eurent leur première fille Yvonne qui naquit le 26 mai de la même année. Je ne sais rien d'Yvonne, hormis qu'elle décéda à Beauvais dans l'Oise le 27 mars 1974. Les Récipon, qui ne semblaient pas tenir sur place, déménagèrent dès l'année suivante au 38 rue Boileau dans le XVIe. C'est là qu'ils eurent Zoé née le 24 juillet 1894. Il est important de noter qu'à sa naissance fut témoin Charles Lenoir, statuaire comme Georges et qui vivait à la même adresse. Malheureusement, Zoé décéda cinq ans plus tard le 19 mai 1900.

 

http://img829.imageshack.us/img829/9314/rciponyvonneenfantparso.jpgYvonne Récipon peinte par sa mère (cliquez pour agrandir)

 

En 1896 on retrouve les Récipon dans le XVIIe arrondissement, où ils vivaient au 123 rue des Dames; ils y eurent leur troisième fille Marcelle née le 27 septembre. D'elle aussi j'en sais peu. Elle vécut au Mans où elle épousa François Barbier le 22 décembre 1925 et eut pour dernière demeure la Bretagne, plus précisément Nantes où elle décéda le 9 mai 1970. Les Récipon continuèrent leurs déménagements et on les retrouve en 1900 au 39 rue Dulong dans le XVIIe puis en 1901 au 53 rue de Vaugirard dans le VIe. Je vous laisse imaginer le travail qu'il m'a fallu accomplir pour retracer ainsi leur existence entre ces multiples déménagements. En 1901, donc, les Récipon eurent à nouveau une fille, Suzanne, née le 12 novembre. Eugène Duveau et Lucien Gibert, deux mouleurs, certainement dans le domaine de la scuplture furent les témoins de sa naissance. Là aussi, on peut noter qu'ils vivaient également au 53 rue de Vaugirard. On peut donc penser qu'en ce début de XXe siècle et qu'en la fin du XIXe existaient des immeubles où les artistes vivaient déjà entre eux, se fréquentaient voire se liaient d'amitié.

 

http://img201.imageshack.us/img201/1732/yvonneetsuzannerciponpa.jpgYvonne et Suzanne Récipon par leur mère (cliquez pour agrandir)

 

Malheureusement pour nous, nous n'avons pas pu avoir accès aux sources ultérieures sur Paris. Nous savons par Renée Monchicourt, que le couple eut une autre fille Odette, née vers 1905.

 

Quinze ans plus tard, nous retrouvons le couple au 6 avenue de Longchamp dans le XVIe arrondissement. C'est là que le 2 mai 1920 décéda Georges Récipon. Est présente sa fille Valentine, domiciliée à Ecouen dans le Val-d'Oise où elle enseigne le dessin. Georges Récipon, chevalier de la Légion d'Honneur est donc mort à l'âge de soixante ans après une vie bien remplie et cinq filles. La mairie de Paris lui a rendu honneur en donnant une rue à son nom dans le XIXe arrondissement.

 

Valentine Monchicourt lui survécut, mais je ne saurais dire jusque quand. On la retrouve en 1928 dans l'édition du Figaro du 27 juin où on apprend que sa fille Odette alors âgée de 23 ans a dû abandonner ses études pour aider sa mère et est devenue employée de banque. Madame veuve Bell, décédée, lui laissa en legs ainsi qu'à d'autres jeunes filles une dot de 5000 francs au moment de son mariage et de 5000 autres francs un an après. Odette épousa Monsieur Colonne, d'après Renée Monchicourt, qui lui donna six enfants.

Valentine vécut au moins jusque dans les années 30 où elle connut ma grand-tante.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 17:51

Il y a quelques temps, j'avais publié un article sur l'utilité des archives judiciaires. Aujourd'hui, j'écris sur l'utilité des témoins.

 

Pourquoi?

 

Parce que je vous vois! Oui, vous! ô généalogistes; je vous vois les négliger, de pas les citer sur vos arbres en ligne. Beaucoup s'abstiennent de noter que trucmuche est témoin ou parrain de telle ou telle personne. Pourquoi? Parce qu'il n'est pas noté "grand-père de l'enfant". Pourtant, les témoins sont indispensables à la généalogie, même lorsqu'ils ne sont pas de la famille. Ils nous en apprennent beaucoup et les noter, c'est les garder de côté pour le jour où vous pourrez assouvir l'ambition ultime: écrire l'histoire de votre famille. Voici quelques exemples.

 

En 1894 naquit ma cousine Zoé Récipon fille du célèbre sculpteur parisien Georges Récipon. Son père et sa mère, Valentine Monchicourt, artiste peintre, vivaient au 38 rue Boileau dans le XVIe arrondissement. Si je vous parle de Zoé, c'est qu'à sa naissance, fut témoin Charles Lenoir autre sculpteur parisien. Georges Récipon fréquentait donc ses confrères. Mieux encore, Charles Lenoir vivait à la même adresse que les Récipon. Voisin, collègue de travail et certainement ami.

 

Recipon-Georges-par-Robert-Charlie-1905.jpgGeorges Récipon par Robert Charlie (1905)

 

En 1901, les Récipon avaient déménagé plusieurs fois et s'installèrent au 53 rue de Vaugirard, dans le VIe arrondissement. Cette année-là naquit leur fille Suzanne et furent témoins Eugène Duveau et Lucien Gibert, deux mouleurs, certainement collègues de Georges Récipon montrant à nouveau les liens étroits entres gens de la même profession. Mieux encore, ils vivaient eux aussi au 53 rue de Vaugirard. Cela montre bien qu'il y avait, sinon des quartiers, du moins des immeubles d'artistes dans Paris dès la fin du XIXe - début XXe.

Ces témoins ont l'utilité de me permettre d'écrire l'histoire des Récipon que je vous conterai peut-être prochainement.

 

Mais les témoins peuvent avoir d'autres utilités comme une personne revenant souvent dans les actes d'une même famille ce qui peut signifier un lien d'amitié. Attention toutefois à ne pas prendre pour "proche" un témoin qui est présent dans presque tous les actes d'une commune; c'est souvent parce qu'il s'agit d'un lettré comme l'instituteur au XIXe.

 

Enfin, le témoin peut enlever une épine généalogique du pied. Exemple. Je vous ai parlé dans plusieurs articles des Lombard, ces ancêtres récalcitrants. J'ai fini par retrouver le mariage de Salomon Lombard et de Louise Martin en 1673, mais je n'arrivais pas à trouver le mariage de son fils, Antoine, avec Anne Ginies. Je supposai donc qu'elle naquit ailleurs. Oui, mais où? Dans de nombreux actes sont mentionnés des Ginies signifiant leur lien fort avec les Lombard. Et dans l'acte de mariage de Salomon et de Louise, je trouvai la mention d'un Ginies domicilié à La Bastidonne, petit village voisin de La Tour d'Aigues. Je cherchai donc le mariage là-bas et le trouvai après quelques instants de recherche. Tout cela grâce à un témoin sans lien de parenté apparent sinon le patronyme.

 

Mon conseil du jour est donc simple: Notez les témoins, créez pour eux des fiches et utilisez-les au maximum; ils peuvent être d'un grand secours pour débloquer une branche ou pour écrire l'histoire de votre famille.

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 10:59

Ceux qui nous suivent sur Twitter ou sur Facebook ont pu remarquer que Prat Généalogie dépouille les tables décennales de mariages de l'arrondissement de Grasse dans les Alpes-Maritimes. 23 communes ont déjà été dépouillées sur les 62 que contient l'arrondissement. Viendront ensuite les communes de l'arrondissement de Nice dont cinq ont été dépouillées.

 

Cette démarche permettra à ceux qui font de la généalogie descendante de retrouver les frères, soeurs et cousins s'étant mariés dans d'autres communes ou dans une grande commune (comme Antibes, Cannes ou Grasse qui arriveront bientôt). Cela permettra aussi à ceux (et celles!) qui sont bloqués de pouvoir plus facilement retrouver un couple qui s'est peut-être marié dans une commune voisine. D'autres, comme moi, travaillent sur des patronymes et seront ravis de retrouver aisément les personnes le portant dans les communes des Alpes-Maritimes.

Alors pourquoi commencer par l'arrondissement de Grasse? Parce que jusqu'à présent, Prat Généalogie s'est concentré sur l'arrondissement de Nice et qu'il fallait rééquilibrer cela.

 

Chaque semaine, pour ceux et celles qui ne sont pas connectés sur Twitter et sur Facebook, nous ferons le point sur les dépouillements effectués et sur ceux à venir.

 

http://img560.imageshack.us/img560/4066/alpesmaritimescommunaut.png

Les communes déjà dépouillées (en bleu) et celles à venir (en rose)

 

Ont donc été dépouillées jusqu'à présent, outre les communes de l'arrondissement de Nice (Valdeblore, Saint-Sauveur-sur-Tinée, Rimplas, Roure et Beuil) les communes suivantes: Aiglun, Sallagriffon, Collongues, Les Mujouls, Amirat, Gars, Briançonnet, Saint-Auban, Le Mas, Valderoure, Séranon, Caille, Andon, Gréolières, Roquestéron-Grasse, Coursegoules, Conségudes, Les Ferres, Bézaudun-les-Alpes, Bouyon, Le Broc, Carros et Gattières.

La semaine prochaine sont prévues les communes suivantes: Saint-Jeannet, La Gaude, Saint-Laurent-du-Var, Cagnes-sur-Mer, Villeneuve-Loubet et Antibes.

 

Si vous voulez être tenu au courant en direct des mises à jour, n'hésitez pas à nous suivre sur Twitter (@sacres_ancetres) ou sur Facebook.

Enfin, notons que Prat Généalogie a dépassé cette semaine les 30 000 actes dépouillés en ligne, gratuitement et librement accessibles.

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 08:34

Durant la révolution française, mes ancêtres eurent fort à faire et furent pris dans la tourmente révolutionnaire. Que ce soient les soeurs Leroux, exécutées, Dominique Daulmery et Jean Baptiste Flory, accusés ou encore Vincent Monchicourt, émigré. Cette fois-ci, je vais vous conter l'histoire de Dominique Picavez, un oncle, prêtre, à qui l'on demanda notamment d'enterrer Louis XVI. Cet article se propose aussi de concentrer les documents d'archives liés à cette personnalité quelque peu oubliée, vous trouverez donc des discours entiers, procès-verbaux et autres.

 

Né le 1er octobre 1757 à Cambrai, dans la paroisse Sainte-Croix, Dominique Joseph Picavez, fils d'un riche marchand de vin et frère de mon ancêtre François Joseph commissaire de police de Lille, devint prêtre. On trouve sa trace pour la première fois en 1790, il était alors Premier Vicaire de la paroisse de Saint-Philippe-du-Roule et électeur de la section du Roule. Le 29 septembre de la même année eut lieu l'élection des juges suppléants à Paris qui vit gagner Jean-Germain Dumesnil face à Pons de Verdun pour le poste susdit de juge suppléant de l'un des tribunaux des six arrondissements de Paris. A cette occasion, cet oncle monta à la tribune et prononça ce discours:

Monsieur le Président, Messieurs, je n'ai point assisté à la séance d'hier et comme je vous dois compte de mon absence, je vous dirai qu'appelé chez M. le maire pour assister à une assemblée convoquée par lui, à l'effet de stipuler les intérêts des pauvres de la capitale et d'aviser aux moyens prompts de subvenir à leurs immenses besoins, j'ai été privé de la satisfaction de remplir concurremment avec vous les fonctions honorables d'électeur. J'ai appris que plusieurs de mes confrères ecclésiastiques, fonctionnaires publics, avaient demandé à l'assemblée de prêter fraternellement leur serment civique comme une preuve non équivoque de leurs sentiments et de leur soumission aux décrets de l'Assemblée nationale, que vous l'aviez reçu avec des témoignages de satisfaction. J'ai regretté d'être absent dans ce moment, et sans doute si j'eusse été au milieu de vous, je me serais empressé de me mettre sur les rangs pour obtenir la même faveur. Obligé par état d'inspirer aux peuples une soumission entière à toute autorité consentie et de les instruire sur la nécessité de cette soumission, chargé par mes concitoyens, depuis le 13 juillet 1789, de veiller au maintien et à l'exécution des lois et surtout des lois successivement décréitées par l'Assemblée nationale et sanctionnées par le Roi, fidèle à ma mission, ferme dans les grands principes qui ont toujours guidé nos représentants dans leurs opérations importantes, je ne croyais pas être, dans ces circonstances, pour mes concitoyens un sujet d'inquiétude; aussi n'ai-je jamais vu chez eux aucun doute sur mes dispositions actuelles et je puis, Messieurs, j'espère que vous ne me désapprouverez pas, je puis me glorifier, au milieu de vous, des témoignages que j'en ai reçus dans plusieurs occasions. Combien donc dois-je me féliciter d'être admis, au milieu des représentants du Département de Paris, à prêter un serment qui n'est que l'expression des sentiments dont j'ai toujours été animé et qui sont la règle de mes actions. Une autre raison, Messieurs, me fait attacher un grand prix à la faveur que vous m'accordez; c'est qu'en en profitant, je justifie à vos yeux les témoignages particuliers dont m'ont honoré ceux de nos concitoyens, au milieu desquels j'ai le bonheur de vivre. Je jure donc d'être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi, de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution, de veiller avec soin aux fidèles qui me sont confiés, de me soumettre à tous les décrets de l'Assemblée nationale et notamment ceux concernant la constitution civile du clergé.

 

Dominique Joseph Picavez, alors âgé de trente-trois ans fut nommé Curé de la paroisse Sainte-Madeleine de la ville-l'Évêque par 480 voix sur 520 au début de l'année 1791. Il fit sa proclamation le 13 février 1791. Ce jour-là, Dominique Picavez, bachelier en théologie de la faculté de Paris, demeurant grande rue du Faubourg-du-roule, prononça son discours d'arrivée:

"Messieurs, dans ce temple auguste où je suis venu plusieurs fois consulter le Père des lumières, j'entends une voix qui m'assigne un poste au milieu de vous. Toujours soumis à Celui qui tient dans ses mains les destinées des hommes, j'accepte avec résignation et reconnaissance. Je ne me fais point illusion sur le fardeau que vous m'imposez et, quoique je ne le voie encore qu'en perspective, j'en sens déjà tout le poids. Je ne me dissimule pas l'étendue et l'importance des devoirs attachés à la place à laquelle vous m'élevez. Depuis nombre d'années ils sont le sujet de mes méditations. J'ai toujours envisagé ce poste avec effroi, et, pénétré du sentiment de ma faiblesse et de l'insuffisance de mes talents, je désirais, si j'ose le dire, je désirais voir s'éloigner le moment où j'y serais appelé; mais les circonstances critiques où se trouve l'Église de France, mon amour pour la religion de mes pères, mon entier dévouement pour ma Patrie dont elle doit faire le bonheur, ma conscience enfin, me rappellent impérieusement le premier serment solennel que j'ai fait de travailler au maintien de la religion et de me sacrifier au bonheur de mes frères; le sentiment de ma faiblesse disparaît et je me sens animé de la plus ferme confiance dans la force de Celui dont le peuple est en ce moment le respectable organe. Je m'interdis ici toute digression sur la Constitution française; mon respect pour la religion, mon amour pour mes frères, mon zèle pour la chose publique, ma soumission à la loi, l'acceptation de la place que vous m'avez assignée: tel est le tribut d'éloges que je lui offre en votre présence. Dans ce code admirable de notre liberté, j'ai toujours remarqué sensiblement le doigt de Dieu; aussi j'adore ses décrets éternels, je m'y soumets et je bénis sa divine Providence. Sans doute, Messieurs, car il n'est plus permis de l'ignorer, sans doute les ennemis de cette Constitution seront aussi les nôtres. Ils traiteront notre soumission à la loi, d'apostasie, notre élection, d'intrusion, notre obéissance, d'ambition, et les sarcasmes, peut-être même les menaces et le mépris seront les grandes preuves de leurs assertions. Mais, Messieurs, rien de tout cela ne sera jamais pour moi l'ombre même d'un obstacle dans l'accomplissement de mes devoirs sacrés; je sais être humilié, je sais être méprisé, je sais souffrir, car je puis tout, dans Celui qui me soutient et me fortifie. Grand Dieu, recevez le sacrifice que je fais au pied de vos autels, de mon repos, de mes forces, de ma santé, de ma vie, en faveur d'un peuple que vous avez toujours aimé et qui sera un monument éternel de votre volonté. Et vous, peuple, qui m'écoutez, sans doute vous m'encouragez par l'exemple de votre piété et de vos vertus et par le spectacle universel de cette union, de cet amour fraternel que rien ne pourra altérer; vous seconderez par votre docilité mon empressement à vous instruire des vérités éternelles et consolantes et mes efforts à nourrir et fortifier dans vos coeurs ces sentiments tendres et généreux qu'inspirent la religion et l'amour de la Patrie."

 

On apprend, grâce à ce discours, que Dominique Picavez fut un curé constitutionnel, c'est-à-dire qu'il prêta serment sur la Constitution de 1789. D'après Étienne Charavay, il était électeur en 1791 et 1792 ainsi qu'administrateur du département de Paris.

 

Alors qu'il était en fonction à la Madeleine, il reçut les corps de nombreux guillotinés devant être inhumés en son cimetière. Cependant, un jour, on lui fit une demande dont il se serait bien passé: l'inhumation de S.M. le Roi Louis XVI. Mais Dominique Joseph, issu d'une famille qui ne semblait guère en accord avec la révolution (ses cousines germaines étaient alors persécutées à Valenciennes, les Daulmery et les Flory étaient aussi à Valenciennes remplissant tant bien que mal des fonctions politiques, Vincent Monchicourt avait fui le pays ainsi que de nombreux cousins comme les Serret); Dominique Picavez, dis-je, refusa d'enterrer le roi et prétexta une maladie. Voici ce qu'en dit le journal Le Gaulois du 21 janvier 1880:

"A peu près au moment où l'on assassinait, hier, Lepelletier Saint-Fargeau au palais Royal, le gouvernement mandait auprès de lui le curé de la Madeleine, l'abbé Picavez, afin de lui notifier ses ordres. M. Picavez, vieux, malade et quelque peu révolté par ce qu'il entendait, ne s'est pas senti la force d'accomplir une si cruelle mission. Il s'en est déchargé sur son premier vicaire, l'abbé François-Sylvain Renard. Celui-ci, très attaché à la personne royale, très ému aux approches de l'exécution, a commencé par refuser nettement son concours aux funérailles. "Eh bien! lui a dit M. Picavez, préparons-nous à monter tous les deux sur l'échafaud, car votre conduite aura d'incalculables suites." L'abbé Renard ne pu résister à cet argument. Il a pris son courage à deux mains et, toute la nuit, il se prépare à remplir son douloureux devoir."

 

Lors de la Restauration, son premier vicaire fut interrogé par le Chancelier du Roi sur les conditions de l'inhumation. Voici donc son témoignage sur cette journée, prononcé le 20 janvier 1815:

"Le 20 janvier 1793, le Pouvoir exécutif manda M. Picavez, Curé de la paroisse de la Magdeleine, pour le charger de l'exécution de ses ordres relativement aux obsèques de S.M. Louis XVI.
M. Picavez ne se sentant pas le courage nécessaire pour remplir une fonction aussi pénible et aussi douloureuse, prétexta une maladie, et m'engagea, comme son Premier Vicaire, à le remplacer et à veiller, sous ma responsabilité, à la stricte exécution des ordres intimés par le Pouvoir exécutif. Ma réponse fut d'abord un refus positif, fondé sur ce que personne n'avait, peut-être aimé Louis XVI plus que moi; mais sur l'observation juste que M. Picavez me fit que ce double refus pourrait avoir des suites fâcheuses et incalculables pour nous deux, j'acceptai.
En conséquence, le lendemain 21, après m'être assuré que les ordres prescrits par le Pouvoir exécutif, et relatifs à la quantité de chaux ordonnée, et à la profondeur de la fosse qui, autant que je puis me le rappeler, devait être de dix à douze pieds, avaient été ponctuellement exécutés, j'attendis à la porte de l'église, accompagné de la Croix et de feu M. l'Abbé Damoreau, que l'on nous remît le corps de Sa Majesté.
Sur la demande que j'en fis, les membres du département et de la commune me répondirent que les ordres qu'ils avaient reçus leur prescrivaient de ne pas perdre de vue un seul instant le corps de Sa Majesté. Nous fûmes donc obligés, M. Damoreau et moi, de les accompagne jusqu'au cimetière, situé rue d'Anjou...
Arrivés au cimetière, je fis faire le plus grand silence. L'on nous présenta le corps de S.M. Elle était vêtue d'un gilet de piqué blanc, d'une culotte de soie grise et les bas pareils... Nous psalmodiâmes les vêpres et récitâmes toutes les prières usitées pour le service des morts; et, je dois dire la vérité, cette même populace qui naguères faisait retentir l'air de ses vociférations, entendit les prières faites pour le repos de l'âme de S.M. avec le silence le plus religieux.
Avant de descendre dans la fosse, le corps de S.M. mis à découvert dans la bière, il fut jeté, au fond de ladite fosse, distante à dix pieds environ du mur, d'après les ordres du Pouvoir exécutif, un lit de chaux vive. Le corps fut ensuite couvert d'un lit de chaux vive, d'un lit de terre, et le tout fortement battu et à plusieurs reprises.
Nous nous retirâmes ensuite en silence après cette trop pénible cérémonie, et il fut, autant que je puis me le rappeler, dressé par M. le Juge-de-paix un procès-verbal qui fut signé des deux Membres du département et de deux de la commune. Je dressai aussi un acte mortuaire en rentrant à l'église, mais sur un simple registre, lequel fut enlevé par les Membres du comité révolutionnaire lors de la clôture de cette église."

 

Autre document important, le procès-verbal de l'inhumation de Louis XVI:

 

"Le vingt-un janvier mil sept cent quatre-vingt-treize, l'an deux de la République française, Nous, soussignés, administrateurs du département de Paris, chargés de pouvoirs par le conseil général du département, en vertu des arrêtés du conseil exécutif provisoire de la République française,
De là, accompagnés des citoyens Renard et Damoureau, tous deux vicaires de la paroisse de Sainte-Madelaine, chargés par le citoyen curé de procéder à l'inhumation de Louis Capet, nous nous sommes rendus au lieu du cimetière de ladite paroisse, situé rue d'Anjou-Saint-Honoré, où étant, nous avons reconnu l'exécution des ordres par nous signifiés la veille au citoyen curé, en vertu de la commission que nous avions reçue du conseil général du département. Nous sommes transportés à neuf heures du matin en la demeure du citoyen Picavez, curé de Sainte-Madelaine, lequel ayant trouvé chez lui, nous lui avons demandé s'il avait pourvu à l'exécution des mesures qui lui avaient été recommandées la veille par le conseil exécutif et par le département pour l'inhumation de Louis Capet. Il nous a répondu qu'il avait exécuté de point en point ce qui lui avait été ordonné par le conseil exécutif et par le département, et que le tout était à l'instant préparé.
Peu après a été déposé, dans ledit cimetière, en notre présence, par un détachement de gendarmerie à pied, le cadavre de Louis Capet, que nous avons reconnu entier, dans tous ses membres, la tête étant séparée du tronc. Nous avons remarqué que les cheveux du derrière de la tête étaient coupés, et que le cadavre était sans cravatte, sans habit et sans souliers. Du reste il était vêtu d'une chemise, d'une veste piquée en forme de gilet, d'une culotte de drap gris et d'une paire de bas de soie gris. Ainsi vêtu, il a été déposé dans une bière, laquelle a été descendue dans la fosse qui a été recouverte à l'instant.
Le tout a été disposé et exécuté d'une manière conforme aux ordres donnés par le conseil exécutif provisoire de la République française.
Et avons signé avec les citoyens Picavez, Renard et Damoureau, curé et vicaires de Sainte-Madelaine.
PICAVEZ, RENARD, DAMOUREAU, LEBLANC et DUBOIS."

 

Malade en janvier 1793, Dominique Picavez survécut au moins jusqu'au mois de juin où une terrible épreuve survint: Le 22/06/1793 (Extrait conforme, A.N., BB3 72, n°89; issu du Répertoire général des sources manuscrits de l'histoire de Paris pendant la révolution française, Tome 9, par Alexandre Tuetey pp.468-469):

"1567. - Arrêté du Conseil général de la Commune, ordonnant le renvoi au Comité de salut public du Département, d'une dénonciation d'un citoyen de la section de la République contre le sieur Picavez, ci-devant prêtre, l'un des principaux auteurs des divisions qui règnent dans cette section et de motions des plus anticiviques."

 

Ainsi le dossier de dénonciation à l'encontre de Dominique Picavez fut-il renvoyé au Comité de Salut Public. Les sources se tarissent alors sur son sort; on sait seulement qu'il abdiqua de son poste en 1793. Maurice Chartier, dans un article de 1957 des Annales Historiques de la Révolution Française (pp.264-265, numéros 146 à 149 [nous n'avons pas trouvé dans quel numéro l'article est paru]) nous annonce qu'il fut ensuite "curé desservant de la succursale de Champignolles".

Il serait intéressant de savoir comme cet ancien électeur de Paris, haut placé, s'est retrouvé en Côte-d'Or. Fut-ce sous la Restauration où il aurait été puni pour avoir été Curé Constitutionnel? Serait-ce une décision du Comité de Salut Public pour le punir des faits reprochés en juin 1793? Là encore, il nous faudrait avoir les résultats des délibérations dudit Comité.

On le retrouve à Champignolles-les-Hospitaliers, bourgade qui contient aujourd'hui 70 habitants (!) où il décède en 1823, le 8 juin à trois heures du matin dans l'une des chambres du presbytère.

 

D Picavez Dominique Joseph 09061823 Champignolles les HospiActe de décès de Dominique Joseph Picavez (cliquez pour agrandir)

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:45

Sacrés Ancêtres se met, tant bien que mal, sur les réseaux sociaux. Après Twitter, Sacrés Ancêtres se retrouve sur Facebook et sur Scoop.It. Eh oui, moi qui me défendais d'être un peu geek sur les bords, me voilà en train "d'envahir" la toile et les réseaux sociaux.

 

Alors pourquoi cette démarche?

Tout simplement pour donner en premier lieu de la visibilité au blog et de permettre à ceux et celles qui le suivent de pouvoir être au coeur de son actualité. C'est aussi l'occasion d'agrandir le réseau Prat Généalogie.

 

Le réseau Prat-Généalogie est à l'origine un site internet qui contient des milliers de relevés et spécialisé dans les Alpes-Maritimes mais c'est aussi trois arbres en ligne: un personnel, un sur les familles des Alpes-Maritimes et un petit nouveau sur les mariages dans le Nord. C'est depuis déjà plus d'un an un blog que vous lisez actuellement, ainsi qu'un compte Twitter. Il était dans sa naturelle évolution que d'aller sur Facebook et sur Scoop.It où vous pourrez trouver Sacrés Ancêtres, le mag.

 

Vous pourrez donc désormais, sur ces différentes plateformes, suivrent les actualités du "résau": les nouveaux articles et les nouveau relevés.

 

Généalogiquement vôtre,

Thomas

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 12:28

Il y a deux mois, Grégory Rhit a publié un article sur la généalogie à l'école que je viens de lire avec attention. Il prône un enseignement de cette discipline et bien que je ne sois pas d'accord avec tout l'article, je partage son point de vue sur la mise en place de la généalogie à l'école.

La généalogie est fortement liée à une discipline déjà existante en histoire: la microstoria ou micro-histoire qui est l'étude des individus, de villes et villages. Bref, elle n'est pas la classique histoire événementielle (1515: Marignan), ni l'histoire des "grands hommes"; elle est celle des petites gens.

 

Enseigner la micro-histoire à l'école

 

En étudiant un village ou simplement une personne, on fait de la microhistoire. Cela ne veut pas dire, au contraire, que l’on n’inscrit pas cette étude dans son contexte, dans l’histoire événementielle.

 

Il fut un temps (non, pas jadis, juste quand j’y étais, c’est-à-dire de 09/1993 à 06/2005) où les programmes d’histoire du primaire à la Terminale étaient redondants. On étudiait à peu près toutes les périodes au primaire puis en 6e, on étudiait l’antiquité ; le Moyen-âge en 5; l’époque moderne en 4e et l’époque contemporaine en 3e. Puis arrivait le lycée avec de l’histoire thématique en seconde incluant Antiquité, Moderne et Contemporaine et à nouveau l’époque contemporaine en 1e et en Terminale (XIXe et premier XXe siècle puis second XXe). Il me semble que cette redondance soit justifiée par la possibilité d’arrêter l’école à 16 ans et pour permettre à ces jeunes gens d’avoir un maximum de connaissances. Cependant, celui qui va faire des études supérieures aura étudié l’histoire avec de nombreuses répétitions.

 

Aujourd’hui, cela a bien changé et pas en bien puisque, beaucoup sont au courant, la chronologie est peu à peu effacée des programmes pour être remplacée par la très démodée étude thématique (dont les spécialistes maîtrisaient tout de même la chronologie !) et par l’étude de royaumes fort fort lointains sans influence sur l’Europe sans oublier l’étude jusqu’à n’en plus pouvoir de l’esclavage. Mais là n’est pas la question...

 

http://www.quizz.biz/uploads/quizz/125454/4_1DtCe.jpg

En France, on étudie désormais les populations fort fort lointaines...

 

Ce qui m’intéresse ici, loin de la polémique longuement abordée ailleurs sur les bienfondés ou non de l’étude des Monomotapa, c’est d’introduire la microhistoire à l’école. Introduire la généalogie, comme beaucoup le souhaitent, est une bonne idée, mais ce n’est pas suffisant pour en faire un programme scolaire à mes yeux, a fortiori si l’on parle de collégiens voire de lycéens.

On le voit souvent dans les séries télés américaines, les jeunes lycéens étudient l’histoire de leur patelin. Rares sont les établissements en France à le faire. Pourquoi ? Est-ce parce que ceux des grandes villes n’en sont que rarement originaires ? Est-ce parce que les professeurs n’ont pas les connaissances dans ce domaine ? Est-ce parce que cela est considéré comme un enseignement « communautaire » ? N’étant pas ministre de l’instruction, je ne saurais dire ce qu’il en est.

 

Quoiqu’il en soit, certains le font et je vais vous raconter une petite histoire : Au collège, j’ai été chanceux. En 4e, on avait le choix, pour un après-midi par semaine, de choisir l’option de notre choix. Je voulais faire badminton, mais la CPE a décidé que, comme mes notes n’étaient pas assez bonnes en 5e, il fallait me punir (z’étaient pas très sympas) et je me suis retrouvé en option histoire. Un cours ! En plus des autres !

Me voilà donc dans le cours d’histoire d’une personne que je vais me permettre de nommer, et vous comprendrez pourquoi : Mme Evelyne Lyon, désormais plus connue par chez nous sous le nom de Mme Lyon-Lavaggi. Nous avons étudié l’histoire de notre quartier de Marseille : Mazargues. Autant une partie de ma famille est implantée à Marseille et ses environs depuis les plus vieilles archives notariales, autant ma famille vit à Mazargues seulement depuis les années 1940. J’aurais pu répondre à une question posée plus haut en disant que je ne pouvais être intéressé par une histoire qui ne me concernait pas totalement. Mais non, car je suis né dans ce quartier et j’y avais alors passé toute ma vie comme la majorité des collégiens. Ainsi, pendant un an ai-je eu un des meilleurs cours de ma vie, un des plus intéressants et j’ai pu étudier l’histoire qui m’était proche, me balader avec mes camarades et ma prof dans le « village », découvrir de vieux souterrains, de vieilles fresques, en apprendre plus sur ce village et par extension, faire de la généalogie, celle d’un mazarguais dont les ancêtres l’étaient aussi majoritairement. Ce fut grâce à cette dame et ma prof d’histoire de la même époque, que je suis là aujourd’hui, passionné par l’histoire et par la généalogie.

Je me suis permis de citer Mme Lyon car elle a déjà écrit de nombreux ouvrages sur Mazargues que vous pouvez acheter sur Amazon si cela vous intéresse.

Cette proximité nous permet de redécouvrir le lieu où nous vivons de voir sous un angle nouveau ces bâtiments auxquels nous ne faisons pas attention. Quelques vieux arbres plantés présents depuis des siècles sur une ancienne campagne, des légendes autour de lieux mythiques, des rues aux noms de personnalités locales, les restes des étendoirs des pêcheurs. Tout s’éclaire et jamais je n’ai vu mon quartier ainsi, et jamais je ne le verrai autrement.

 

Bref, par ce cours d’initiation à la microhistoire, moi, mais aussi mes camarades de classe, avons appris à aimer davantage notre quartier en le connaissant mieux. Et forcément, la petite histoire rencontre la grande histoire.

Je vous ai parlé il y a un an du procès des notables de Valenciennes; si on enseignait la micro-histoire aux valenciennois d’aujourd’hui, on pourrait leur faire étudier entre autres : la bourgeoisie d’Ancien Régime, l’artisanat, le négoce et croiser l’histoire événementielle : la révolution française par exemple. Quel impact sur Valenciennes ? A travers cela, on étudie outre le procès, l’invasion autrichienne, la résistance de la ville puis l’occupation et on croise d’illustres individus au détour de tout cela. Par exemple qui était ce monsieur Léonard Mathieu de Quenvignies qui reçut chez lui l’empereur d’Autriche ? Pourquoi lui ? Parce qu’il était un riche homme capable de recevoir à peu près correctement un souverain. Pourquoi était-il riche ? Car il possédait les mines de charbon d’Anzin, Fresnes et Vieux-Condé. Et cela permet ensuite d’étudier les mines de charbon dans le Nord.

 

Étudier la microhistoire, nous l’avons vu, c’est étudier ce qui nous est proche et c’est justement cet aspect, la « proximité », qui peut passionner les étudiants et les faire s’intéresser à l’histoire. Nous avons tous eu des pages de dates à apprendre par cœur, à étudier en long, en large et en travers des guerres et les élèves ne s’en sentent pas proches. Si à travers la microhistoire et la généalogie on voyait que le bisaïeul avait fait la guerre de 14-18 et le trisaïeul la guerre contre la Prusse puis la Commune, cela pourrait permettre d’impliquer davantage les élèves dans l’histoire. Qu’est-ce qu’un régiment ? Qu’est-ce que la Légion d’Honneur ? Que s’est-il passé à Verdun ?

 

Il ne faut pas oublier que la grande histoire est faite par les petites gens.

 

Étudier la généalogie: Nos ancêtres les gaulois

 

Tout cela m'amène à la généalogie. Pourquoi ne pas proposer une initiation à la généalogie? On a vu l'intérêt de la micro-histoire; quel est celui de la généalogie à l'école?

G. Rhit l'explique bien par l'apprentissage des us et coutumes de nos ancêtres. Finalement, la généalogie est un science sociale qui en traverse plusieurs: l'histoire, la géographie mais aussi la sociologie. Permettre à de jeunes élèves de s'initier à la généalogie, c'est leur permettre de développer un esprit critique envers les sources, d'en apprendre plus sur les migrations. On dit la France terre d'immigration; la généalogie peut le prouver. Rien ne sert de dire "La France a connu des vagues successives d'immigration" sans relier cela aux élèves. Je suis, personnellement, issu de familles de Marseille et du Sud en général. Il se trouve que les grandes pestes ayant décimé les populations, beaucoup d'immigrés vinrent s'installer et eurent une descendance encore largement présente. Un marseillais "de souche" est donc descendant d'italiens. Accepter cela peut permettre la réintroduction de l'instruction civique quelque peu délaissée à l'école: Pourquoi l'immigration? Comment les populations se sont-elles assimilées/intégrées au point qu'on en oublie leur passé étranger? Outre le lien avec la grande histoire, la généalogie permet de mieux comprendre le comportement des personnes, leur vie quotidienne mais aussi les grands thèmes politiques contemporains: l'immigration, la place des pauvres dans la société, le rapport à la justice, la propriété privée, l'ascension sociale, etc.

 

Au final, enseigner la généalogie et la micro-histoire, c'est permettre une ouverture intellectuelle aux jeunes générations, les intéresser à l'histoire, les ouvrir à la sociologie, à l'instruction civique, les rattacher à un territoire contrebalançant l'exode rural du XIXe et du XXe siècle. La microhistoire est même indispensable, à mon avis, au bon enseignement de la grande histoire.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 16:23

Je ne sais pas si quelqu'un se souvient d'un article un peu... euh... "cliché" sur les jeunes en généalogie.

Petit rappel: la FFG a posté l'article en lien ci-dessus à l'intention des jeunes. Image manga, conversation un peu débile, référence culturelle prononcée (Les Experts). Bref, une belle tentative pour attirer les jeunes mais un peu cliché. Après tout, la généné... généa... généalogie c'est aussi un dépassement des clichés avec une blogosphère très active et très jeune. Mais les clichés persistent, sur les jeunes et aussi sur les généalogistes. C'est pourquoi j'ai décidé de répondre (gentiment) en proposant dans cet article une biographie imaginaire d'un généalogiste suivant tous les clichés qui me vinrent à l'esprit.

 

http://englishonline-reverso.typepad.com/photos/uncategorized/2008/05/31/frenchman_clich.gif

Vive les clichés!

 

C'est parti.

 

"René Dupont est un jeune retraité frétillant. Domicilié à Bourg-en-Bresse depuis toujours, il a décidé de se lancer dans une aventure incroyable : la généalogie. Muni de sa canne, de son dentier et de son pull de cachemire, ce généalogiste de 92 ans n’en est pas à son coup d’essai. Membre actif depuis près de cinquante ans de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Burgien, créateur de nombreuses associations comme le regretté Club Historique de la Région Rhône-Alpes ou comme feue la Société des Châteaux Bressans, il parcoure désormais toute la France à la quête de ses ancêtres.

 

Ancien secrétaire de l’assistant du Vice-président de la Préfecture de l’Ain, René a toujours fait montre d’un respect sans égal pour le service public. Altruiste jusqu’au bout, René a même accepté de faire des relevés de commune du Dauphiné comme Dolomieu ou Vézéronce. Il se défend de tout comportement exceptionnel : « C’est normal ce que je fais ; après tout, la généalogie c’est avant tout le partage, l’entraide. Tout le monde devrait être désintéressé comme moi. »

Admirateur d’Ellsworth Toohey, René se rend chaque semaine au local de la récente association dont il est le président, le Cercle Généalogique de l’Ain et de l’Ailleurs où il publie la Gazette Généalogique. Mais ce n’est pas toujours facile pour René : « J’ai beau chercher, aucun membre de l’association n’a trouvé d’oncle en Amérique ni de châteaux en Espagne bien que Suzette descende de la famille d’Albon et Jean-Marie des Commiers. Par ailleurs, nous cherchons des cousins célèbres comme Renée qui cousine avec Jean-Pierre Foucault par alliance au 26e degré et Marcel qui cousine avec Steevey Boulay. Que du bonheur !»

Qu’à cela ne tienne, René ne désespère pas de trouver des adhérents pour financer les multiples projets : « Je ne comprends pas pourquoi les gens sont devenus si égoïstes et refusent d’aider une association comme la nôtre. Les individualistes ont quand même un comportement qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. »

Mais René reste passionné par la généalogie, il est remonté jusqu’à en 1547 : « Oui, j’étais très ému lorsque j’ai retrouvé cet ancêtre, mais je le fus bien plus lorsque j’appris que mon bisaïeul par alliance était notaire de Bourg-en-Bresse... Enfin... Je suis aussi fier de mes ancêtres paysans (rires). Bien qu’il n’y en ait pas eu beaucoup... Oh, et puis on ne peut pas vraiment être fiers de nos ancêtres. Il me semble que j’ai lu ça dans un livre de Kant ou de BHL. »

René parcoure depuis toute la France, de Brest à Nancy, de Calais à Nice. La généalogie demande beaucoup de temps et d’argent, mais René a toujours le bon mot pour rassurer les futures générations : « Si je pars à travers la France, au Mont Saint-Michel, au Cap d’Agde, à Saint-Tropez ou encore au Touquet, c’est pour pouvoir faire des relevés qui aideront les générations futures et leur épargner ce terrible sacrifice financier ; mais vous savez, l’argent ne fait pas le bonheur et il faut savoir prendre le temps, même si c’est de l’argent, car tout vient à point à qui sait attendre. »

Lorsque l’on interroge René sur les nouvelles technologies, ce jeune retraité, qui maitrise bien l’informatique nous dit : « Oh oui, mais je n’ai pas confiance en Geneanet ; ce n’est pas assez sourcé. Et de toute manière, je me refuse à faire un arbre sur Heredis dont l’ergonomie est certes potable mais où le respect de la norme Gedcom 5.5 laisse à désirer. Et je souhaite, pour une plus grande limpidité pour les générations futures dire à quel point je suis scandalisé des demandes de licences GNU pour les gedcom publiés online où les sources pour les BMS/NMD sont mal gérées par le protocole sans oublier ceux qui utilisent l’ASCII alors que l’UTF-8 définit, lui, un codage pour tout point de code scalaire. »

Car la généalogie, pour René, doit être accessible à tous. Mais pas pour les copilleurs : « Le copillage et la guerre en Afghanistan sont les fléaux de notre temps. La solution ? Seuls les adhérents de plus de quatre ans et validés par le Conseil d’Administration en session extraordinaire pourront accéder à nos relevés. [...] Les modalités sont simples, outre la date d’adhésion, il faut avoir relevé 10'000 actes de naissances ou 7'000 de mariages dans des communes librement choisies parmi dix propositions dans les Basses-Alpes, les Alpes-Maritimes, l’Isère et l’Ain. » René qui a des ancêtres à Reillanne, Fontan, Saint-Sorlin-de-Morestel ou encore Buellas se plait de ses origines variées : « Nous promouvons la diversité et la tolérance et j’en suis l’exemple même par mes origines exotiques comme cet ancêtre breton qui, à ma grande surprise, n’était ni marin ni éleveur de cochons. » La diversité d’opinion est aussi importante en généalogie, nous assure-t-il ; ainsi « l’Association prône le débat et les opinions variées même si les mesures doivent faire l’objet d’un large consensus au 5/6e et respecter les articles L.150 à 162.4 du Code de Déontologie Intérieur de l’Association. Nous ne sommes pas sectaires comme le Jockey Club, vous voyez ! »

L’association a pour but de transmettre son savoir aux adhérents et leur inculquer notamment que « la généalogie n’est pas une collection d’ancêtres ». Quand on demande à René s’il n’est pas un peu addict à la généalogie, il répond que non, mais qu’il a « tout de même du mal à s’endormir [s’il n’en a pas fait] de la journée. »

René en bon généalogiste est un admirateur du passé : « De mon temps, les gens étaient solidaires et on ne laissait personne mourir de faim. Cette époque me manque, on nourrissait Cosette, on s’offusquait de la Marquise de Merteuil, on était républicain comme monsieur Homais, fraternels comme Blanqui. Maintenant, regardez où va le monde ! On copie même les arbres en ligne de Geneanet ! »"

 

Vous aussi, désormais, écrivez des biographies imaginaires de généalogistes clichés.

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 15:46

Par la famille Prat, je cousine avec les Levey du côté de Silvérie Prat qui épousa en 1881 à Lorient un contremaître dessinateur dans la Marine, Charles Louis Levey. De ce côté de la famille, beaucoup de militaires ou d’hommes vivant de l’armée comme ce dessinateur ou le père de Silvérie, Joseph Bertrand Prat qui était maître cordonnier et fabriquait des chaussures pour l’arsenal de Lorient. Avec Charles Levey qui devint peu après maître dessinateur au Ministère de la Marine, elle eut deux enfants, deux garçons : Charles et Paul. C’est l’histoire de ces deux jeunes hommes que je vais tenter de conter.

 

http://img252.imageshack.us/img252/1508/arsenaldelorient.jpg

L'arsenal de Lorient (Cliquez pour agrandir)

 

Paul Joseph Victor Levey.

 

Né le 24 décembre 1884 à Lorient, ville maritime, 101 rue du port, fils d’un employé de la Marine, il ne pouvait qu’être destiné à être en mer. De sa jeunesse, nous ne savons rien mais il s’engagea durant la Première Guerre Mondiale comme maître mécanicien dans la marine et plus spécialement à bord des torpilleurs. En garnison à Cherbourg, il prit position dans le torpilleur 317 de la première flottille.

 

http://img198.imageshack.us/img198/7461/torpilleur440nantesxn4.jpg

Un torpilleur (cliquez pour agrandir)

 

Le 26 décembre 1916 le sous-marin allemand UC1 appareilla de Zeebrugge pour remplir sa 58e mission. Pour l’oberleutnant Steckelberg, c’était la première, ce dernier entrant juste en poste dans l’appareil. Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1916 il mina, en mer, les environs de Calais. Sur les douze mines déposées, une toucha le torpilleur 317 causant la mort de l’équipage. On ne retrouva que trois hommes.

Cependant, l’UC1 connut son revers de fortune et disparut en mer aux alentours du 19 juillet 1917 avec l’obertleutnant Midenstein et tout l’équipage, probablement à cause d’un champ de mines déposé par les Alliés.

Ainsi donc décéda Paul Joseph Victor Levey le 28 décembre 1916. Il fut reconnu comme Mort pour la France le 5 avril 1917 par le tribunal de Cherbourg.

 

Charles Emmanuel Eugène Levey

 

http://img221.imageshack.us/img221/219/leveycharles.jpg

Charles Levey, un cousin germain (cliquez pour agrandir)

 

Tout comme son cousin germain et son oncle, Charles Levey embrassa la carrière de militaire. Né le 27 avril 1883 à Lorient, il intégra, en 1904, la prestigieuse école de Saint-Cyr dans la promotion « Le Centenaire d’Austerlitz ». Il en sortit en 1906 et reçut plusieurs distinctions dont la Légion d’Honneur, la Croix de Guerre avec Palme ou encore la Médaille commémorative agrafe « Maroc » d’après le memoriam de Saint-Cyr. Lors de la Première Guerre Mondiale, il prit place au sein du 9e bataillon de chasseurs à pied, 3e compagnie fit partie du Tableau d’Honneur de la Grande Guerre du journal l’Illustration. Il reçut la citation suivante : "S’est particulièrement distingué dans les combats livrés du 4 au 10 août 1914."

Mais, le 22 août 1914 eut lieu une bataille qui fut terrible pour le bataillon : la bataille de Bellefontaine. Au lieu de vous faire un récit des événements, je vous laisse découvrir cette journée à travers un extrait du JMO :

« Le bataillon quitte son cantonnement de Thonne-le-Long à 4h30 et marche derrière le 18e bataillon de Chasseur à pied. En arrivant à la Hage à 10h30, la 6e compagnie est détachée en flanc-garde dans la direction du bois de Tintigny (carte belge 1/100000e), le reste du bataillon est en réserve.
11h15 : Les 5e et 1e compagnies se portent le long de la lisière du bois de Tintigny en échelon prêtes à appuyer le 18e bataillon de chasseurs à pied qui marche dans la direction de la cote 369.
13h : La 4e Compagnie organise la lisière Nord de La Hage, la 3e compagnie reste en réserve près de l'église.
14h : La 4e compagnie relevée à La Hage par des fractions du 147e reçoit l'ordre de se porter à l'appui du 120e qui attaque Bellefontaine ; cette compagnie sera engagée jusqu'à la nuit avec des alternatives diverses à Bellefontaine.

Les 5e et 1ère compagnies puis la 2e rejoignent le 18e bataillon de chasseurs et attaquent avec lui dans la direction de la cote 369, la 6e compagnie s'engage dans le bois de Tintigny avec des fractions d'infanterie ennemies.

14h30 : La 3e compagnie reçoit l'ordre de se porter par la lisière ouest du bois de Tintigny pour renforcer la ligne de feu, elle est appuyée par la section de mitrailleuses.
15h Tout le bataillon est engagé dans un très violent combat qui dure jusqu'à la nuit ; la 2e compagnie est obligée de charger à la baïonnette sur le plateau à l'est de la cote 369, les charges se renouvellent à plusieurs reprises malgré le feu violent de l'infanterie, de l'artillerie et des mitrailleuses ennemies.

16h : La 3e compagnie attaque à la baïonnette à travers bois des fractions ennemis qui tiennent la corne N.O du bois de Tintigy et parvient à les en déloger, mais le capitaine, les 2 lieutenants et l'adjudant de cette compagnie sont tous tués ou blessés ; malgré cela le bataillon se maintient sur les positions conquises quoique l'ennemi fasse de nombreux retours offensifs.

18h30 : Plusieurs compagnies du 147e viennent renforcer notre ligne.

19h : L'ennemi se retire. Le chef de bataillon rallie son bataillon la nuit tombante, à la lisière S.O au bois Tintigny où il s'installe au bivouac. »

 

Ce jour-là mourut Charles Levey, lieutenant, ainsi que son sous-lieutenant, Rolland. Son capitaine, Weulf, gravement blessé en décéda le 26. Tous les officiers du 9e bataillon sont donc morts lors de cette bataille. Notre cousin, Charles Levey, reçut la citation suivante : « Officier merveilleux de courage, de sang-froid et d’endurance, a fait preuve d’une valeur exceptionnelle. S’est fait tuer bravement à la tête de ses hommes le 22 août 1914. » Il fut reconnu officiellement comme Mort pour la France par acte du 11 novembre 1914 à Lorient.

Ce décès héroïque me rappelle un poème écrit par mon arrière-arrière-grand-père que je vous livre ici :

« Dans nos rêves nombreux, ô manoir solitaire,

Je ne puis contempler ton faîte centenaire,

Ni jeter un regard au sol que nous foulons,

Sans joindre quelques pleurs à mes songes arides,

En pensant qu’autrefois des Colombes timides

Ont vécu dans cette aire où vivent des aiglons.

 

Ah ! que va devenir l’antique sanctuaire

Où St Cyr renfermait un essaim solitaire

De vierges qui n’ont pu le quitter sans soupir ?

Ce qu’il va devenir ?... Un temple de la guerre

Un gymnase de Sparte, ardente pépinière

Où viennent des enfants pour apprendre à mourir. »

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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 08:20

En faisant des recherches généalogiques sur mes aïeux du Nord, j’ai découvert deux personnalités : Anne Josèphe Leroux et sa sœur  Marie Marguerite. Cette dernière naquit à Cambrai le 14 juillet 1749 et se tourna très tôt vers Dieu et rejoignit le couvent des Ursulines de Valenciennes avant ses quinze ans. Dite Mère Marie-Scholastique de Saint-Jacques, elle était, d’après l’abbé Loridan, grandement douée dans l’enseignement et « excellait particulièrement à enseigner l’écriture et les travaux d’aiguille. » Il faut savoir que les Ursulines, dont le couvent de Valenciennes fut fondé en 1654, étaient principalement destinées à l’éducation des jeunes filles et toutes les sœurs avaient donc vocation à enseigner. Elle y professait, mais ne devint sœur que le 5 août 1770. Elle y poursuivit une vie paisible.

 

ursulines.jpgLes Ursulines au moment de leur martyr (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

Mais en cette fin de XVIIIe siècle survint la révolution française qui changea outre le régime, la vie des religieux y compris de nos Ursulines. Ainsi le décret du 13 février 1790 abolit les ordres et congrégations. Cependant, les ordres enseignants étaient dispensés de fermeture et les Ursulines purent poursuivre, un temps, leur travail sans avoir cependant le droit de recruter en vertu de la loi du 28 octobre 1789. Sous la tutelle de l’État, les Ursulines de Valenciennes durent rendre compte de leurs dépenses et de leurs rentrées et l’on apprit que le couvent était alors déficitaire ; l’État refusant de combler le déficit, les sœurs vendirent une parcelle de terre et gérèrent leur argent avec plus de fermeté malgré le nouvel impôt sur les revenu (25%) et sur l’argenterie (2.5% de sa valeur). Mais cet impôt augmenta et les Ursulines durent, au lieu des 400 livres dues, payer 2000 livres car le revenu n’était pas calculé comme aujourd’hui mais était estimé par rapport à la taille de la propriété. La persécution des religieux durant la révolution commença donc par l’imposition lourde, première étape de la mort des couvents.

Il fut ensuite décidé de confisquer les biens des religieux en leur permettant dès lors de quitter les lieux si les sœurs le souhaitaient. A l’unanimité, Mère Marie-Scholastique comprise, elles décidèrent de « vouloir vivre et mourir » dans le couvent. Pour ajouter à leur misère, après avoir calculé la valeur mobilière du couvent et avoir vérifié que les caisses en étaient bien vides, il fut décidé par le Directoire de compliquer les démarches pour percevoir les pensions de sorte que les Ursulines n’eurent presque plus rien pour survivre dans leur condition. Nous ne continuerons pas à énumérer les aventures des Ursulines qui eurent bien du mal à obtenir pensions et visites ; nous renvoyons le lecteur vers les écrits de l’abbé Loridan pour plus de précisions.


Passons directement à l’expulsion. En 1792, la guerre contre l’Autriche éclata et eut pour conséquence la défaite sévère de l’armée française aux abords de Valenciennes. Accusés de tous les mots, l’on ordonna le 2 mai 1792 l’expulsion de tous les religieux de Valenciennes. Le 9 mai, l’on confisquait l’argenterie des Ursulines, les 18 et 22 août des décrets interdirent d’enseigner puis les religieuses devaient quitter la ville de Valenciennes. Nous ne parlions pas de l’armée autrichienne pour rien car depuis juillet, les éclaireurs abordèrent déjà Saint-Saulve et le 13 septembre, l’armée ennemie était sous les remparts ce qui fit déclarer l’état de siège à la ville. Après avoir obtenu les passeports nécessaires, les religieuses partirent et rejoignirent le couvent des Ursulines de Mons dans l’actuelle Belgique alors territoire autrichien. Les troupes françaises prirent la ville en battant l’armée autrichienne mais la victoire fut de courte durée car dès le 27 mars 1793, l’armée d’Autriche reprit la ville puis Valenciennes. Ce fut la joie dans les rangs des Ursulines qui espérèrent alors pouvoir retourner dans leur ancien couvent.

C’est à ce moment-là qu’entre en scène Anne Josèphe Leroux. Religieuse Urbaniste, elle passa la frontière, événement qui précipita sa perte, dans l’espoir de rejoindre le couvent des Ursulines de Valenciennes où elle ne put être acceptée puis partie finalement chez sa sœur à Mons. Elle avait dû quitter son couvent pour rejoindre sa famille à Cambrai et en profita pour partir à Mons voir sa sœur un court temps, c’est là sa seule erreur : avoir passé la frontière. C’est ce qui la conduisit à la guillotine.

 

Ursulines-1.JPG

Le monastère des Ursulines de Mons

 

Fin 1793, les Ursulines rentrèrent chez elles. Mais le répit fut de courte durée. En 1794, les français reprirent la ville et s’attaquèrent aux religieuses de Valenciennes. Pendant la nuit du Ier au 2 mai des soldats s’emparèrent des deux sœurs. Voici ce qu’en dit l’abbé Loridan : « L’ancienne Urbaniste [Anne Josèphe] se distinguait par une grande tranquillité d’âme, qu’elle ne perdit même pas dans ces douloureuses circonstances. Elle dit aux soldats qu’il ne fallait pas tant de monde pour s’emparer d’une pauvre fille, leur fit donner à boire, et comme la marche était difficile à cause de l’obscurité et de l’état des rues, à peine réparées depuis le siège, elle prit le bras de l’un de ces fusiliers pour se rendre en prison. »

 

C’est ainsi que débuta le procès des Ursulines que nous ne relaterons pas dans les détails. De nombreux ouvrages et articles ont déjà été consacrés à ce passage de leur histoire. Notons, que les premières condamnées furent reconnues coupables du crime d’émigration (alors que leurs passeports étaient en règle) et d’avoir exercé des fonctions interdites. Mère Scholastique écrivit à propos de ces premières exécutions qui eurent lieu le entre le 13 et le 17 octobre à propos des exécutées : « Elles ne marchèrent pas, mais elles volèrent au lieu du supplice. »

 

Voici un extrait d’une lettre écrite par cette cousine germaine, Mère Marie-Scholastique :

« Ma chère amie,

Ne vous affligez pas sur notre sort, nous éprouvons une satisfaction que la plume ne peut exprimer ; je ne l’eus jamais cru : le Seigneur étant, comme vous le savez, infiniment bon et miséricordieux, veut bien nous faire éprouver les effets d’un détachement de tout.

Nous serions bien fâchées d’échapper à la gloire du martyre : il nous est assuré et nous ne tarderons pas à le recevoir ; nous y comptons sous très peu de temps. »

 

Le procès des sœurs Leroux et notamment de Mère Joséphine (Anne Josèphe) se tint donc. Toutes furent condamnées pour crime d’émigration et de pratique de fonctions interdites y compris Mère Joséphine qui ne séjourna que peu de temps à Mons, le temps d’une visite auprès de sa sœur. Elles furent guillotinées le 23 octobre 1794 et furent béatifiées en 1920 par le Pape Benoît XV.

 

Les_derniers_moments_des_Ursulines_valenciennoises_avant_l-.jpgLe dernier moment des Ursulines: "Courage mes soeurs, nous allons au Ciel" dit l'une d'elles

 

Source principale: Abbé Loridan, Les Ursuline de Valenciennes. Avant et pendant la Terreur., Desclée, de Brouwer & Cie, 1901. (Disponible gratuitement sur Archives.org)

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Published by Thomas
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