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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 18:45

Sacrés Ancêtres se met, tant bien que mal, sur les réseaux sociaux. Après Twitter, Sacrés Ancêtres se retrouve sur Facebook et sur Scoop.It. Eh oui, moi qui me défendais d'être un peu geek sur les bords, me voilà en train "d'envahir" la toile et les réseaux sociaux.

 

Alors pourquoi cette démarche?

Tout simplement pour donner en premier lieu de la visibilité au blog et de permettre à ceux et celles qui le suivent de pouvoir être au coeur de son actualité. C'est aussi l'occasion d'agrandir le réseau Prat Généalogie.

 

Le réseau Prat-Généalogie est à l'origine un site internet qui contient des milliers de relevés et spécialisé dans les Alpes-Maritimes mais c'est aussi trois arbres en ligne: un personnel, un sur les familles des Alpes-Maritimes et un petit nouveau sur les mariages dans le Nord. C'est depuis déjà plus d'un an un blog que vous lisez actuellement, ainsi qu'un compte Twitter. Il était dans sa naturelle évolution que d'aller sur Facebook et sur Scoop.It où vous pourrez trouver Sacrés Ancêtres, le mag.

 

Vous pourrez donc désormais, sur ces différentes plateformes, suivrent les actualités du "résau": les nouveaux articles et les nouveau relevés.

 

Généalogiquement vôtre,

Thomas

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 16:23

Je ne sais pas si quelqu'un se souvient d'un article un peu... euh... "cliché" sur les jeunes en généalogie.

Petit rappel: la FFG a posté l'article en lien ci-dessus à l'intention des jeunes. Image manga, conversation un peu débile, référence culturelle prononcée (Les Experts). Bref, une belle tentative pour attirer les jeunes mais un peu cliché. Après tout, la généné... généa... généalogie c'est aussi un dépassement des clichés avec une blogosphère très active et très jeune. Mais les clichés persistent, sur les jeunes et aussi sur les généalogistes. C'est pourquoi j'ai décidé de répondre (gentiment) en proposant dans cet article une biographie imaginaire d'un généalogiste suivant tous les clichés qui me vinrent à l'esprit.

 

http://englishonline-reverso.typepad.com/photos/uncategorized/2008/05/31/frenchman_clich.gif

Vive les clichés!

 

C'est parti.

 

"René Dupont est un jeune retraité frétillant. Domicilié à Bourg-en-Bresse depuis toujours, il a décidé de se lancer dans une aventure incroyable : la généalogie. Muni de sa canne, de son dentier et de son pull de cachemire, ce généalogiste de 92 ans n’en est pas à son coup d’essai. Membre actif depuis près de cinquante ans de l’Association de Sauvegarde du Patrimoine Burgien, créateur de nombreuses associations comme le regretté Club Historique de la Région Rhône-Alpes ou comme feue la Société des Châteaux Bressans, il parcoure désormais toute la France à la quête de ses ancêtres.

 

Ancien secrétaire de l’assistant du Vice-président de la Préfecture de l’Ain, René a toujours fait montre d’un respect sans égal pour le service public. Altruiste jusqu’au bout, René a même accepté de faire des relevés de commune du Dauphiné comme Dolomieu ou Vézéronce. Il se défend de tout comportement exceptionnel : « C’est normal ce que je fais ; après tout, la généalogie c’est avant tout le partage, l’entraide. Tout le monde devrait être désintéressé comme moi. »

Admirateur d’Ellsworth Toohey, René se rend chaque semaine au local de la récente association dont il est le président, le Cercle Généalogique de l’Ain et de l’Ailleurs où il publie la Gazette Généalogique. Mais ce n’est pas toujours facile pour René : « J’ai beau chercher, aucun membre de l’association n’a trouvé d’oncle en Amérique ni de châteaux en Espagne bien que Suzette descende de la famille d’Albon et Jean-Marie des Commiers. Par ailleurs, nous cherchons des cousins célèbres comme Renée qui cousine avec Jean-Pierre Foucault par alliance au 26e degré et Marcel qui cousine avec Steevey Boulay. Que du bonheur !»

Qu’à cela ne tienne, René ne désespère pas de trouver des adhérents pour financer les multiples projets : « Je ne comprends pas pourquoi les gens sont devenus si égoïstes et refusent d’aider une association comme la nôtre. Les individualistes ont quand même un comportement qui nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire. »

Mais René reste passionné par la généalogie, il est remonté jusqu’à en 1547 : « Oui, j’étais très ému lorsque j’ai retrouvé cet ancêtre, mais je le fus bien plus lorsque j’appris que mon bisaïeul par alliance était notaire de Bourg-en-Bresse... Enfin... Je suis aussi fier de mes ancêtres paysans (rires). Bien qu’il n’y en ait pas eu beaucoup... Oh, et puis on ne peut pas vraiment être fiers de nos ancêtres. Il me semble que j’ai lu ça dans un livre de Kant ou de BHL. »

René parcoure depuis toute la France, de Brest à Nancy, de Calais à Nice. La généalogie demande beaucoup de temps et d’argent, mais René a toujours le bon mot pour rassurer les futures générations : « Si je pars à travers la France, au Mont Saint-Michel, au Cap d’Agde, à Saint-Tropez ou encore au Touquet, c’est pour pouvoir faire des relevés qui aideront les générations futures et leur épargner ce terrible sacrifice financier ; mais vous savez, l’argent ne fait pas le bonheur et il faut savoir prendre le temps, même si c’est de l’argent, car tout vient à point à qui sait attendre. »

Lorsque l’on interroge René sur les nouvelles technologies, ce jeune retraité, qui maitrise bien l’informatique nous dit : « Oh oui, mais je n’ai pas confiance en Geneanet ; ce n’est pas assez sourcé. Et de toute manière, je me refuse à faire un arbre sur Heredis dont l’ergonomie est certes potable mais où le respect de la norme Gedcom 5.5 laisse à désirer. Et je souhaite, pour une plus grande limpidité pour les générations futures dire à quel point je suis scandalisé des demandes de licences GNU pour les gedcom publiés online où les sources pour les BMS/NMD sont mal gérées par le protocole sans oublier ceux qui utilisent l’ASCII alors que l’UTF-8 définit, lui, un codage pour tout point de code scalaire. »

Car la généalogie, pour René, doit être accessible à tous. Mais pas pour les copilleurs : « Le copillage et la guerre en Afghanistan sont les fléaux de notre temps. La solution ? Seuls les adhérents de plus de quatre ans et validés par le Conseil d’Administration en session extraordinaire pourront accéder à nos relevés. [...] Les modalités sont simples, outre la date d’adhésion, il faut avoir relevé 10'000 actes de naissances ou 7'000 de mariages dans des communes librement choisies parmi dix propositions dans les Basses-Alpes, les Alpes-Maritimes, l’Isère et l’Ain. » René qui a des ancêtres à Reillanne, Fontan, Saint-Sorlin-de-Morestel ou encore Buellas se plait de ses origines variées : « Nous promouvons la diversité et la tolérance et j’en suis l’exemple même par mes origines exotiques comme cet ancêtre breton qui, à ma grande surprise, n’était ni marin ni éleveur de cochons. » La diversité d’opinion est aussi importante en généalogie, nous assure-t-il ; ainsi « l’Association prône le débat et les opinions variées même si les mesures doivent faire l’objet d’un large consensus au 5/6e et respecter les articles L.150 à 162.4 du Code de Déontologie Intérieur de l’Association. Nous ne sommes pas sectaires comme le Jockey Club, vous voyez ! »

L’association a pour but de transmettre son savoir aux adhérents et leur inculquer notamment que « la généalogie n’est pas une collection d’ancêtres ». Quand on demande à René s’il n’est pas un peu addict à la généalogie, il répond que non, mais qu’il a « tout de même du mal à s’endormir [s’il n’en a pas fait] de la journée. »

René en bon généalogiste est un admirateur du passé : « De mon temps, les gens étaient solidaires et on ne laissait personne mourir de faim. Cette époque me manque, on nourrissait Cosette, on s’offusquait de la Marquise de Merteuil, on était républicain comme monsieur Homais, fraternels comme Blanqui. Maintenant, regardez où va le monde ! On copie même les arbres en ligne de Geneanet ! »"

 

Vous aussi, désormais, écrivez des biographies imaginaires de généalogistes clichés.

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:31

Qui n’a pas lu ça (enfin, à peu près) sur un forum de généalogie sur le net... sur un forum de Geneanet.

 

On a en général plusieurs genres de personnes qui se plaignent :

 

1. Le légitime

« Monsieur Dupont m’a mis sur sa base, je ne suis pas d’accord ! »

Bon, souvent la personne a un arbre en ligne avec sa propre personne en visible, ses enfants, ses cousins et parfois même avec leurs dates de naissance. Ainsi ai-je trouvé des cousins avec même la ville dans laquelle ils vivaient actuellement.

 

2. La concession perpétuelle

« Je suis outré que monsieur Dupont ait mis en ligne mon arrière-grand-mère morte en 1940 sans ma permission ! Ce n’est pas parce que c’est son arrière-grand-tante qu’il en a le droit ! C’est scandaleux ! Je suis outré, c’est comme un viol ! »

Pour certains, les ancêtres sont leur propriété, limite s’il ne faut pas passer chez le notaire pour avoir une autorisation de publication.

Bientôt, sur genealogie.com: Toi aussi, copyright ta grand-mère! A partir de 159.99€/an

 

3. Le grincheux (souvent une femme)

« Il y en a marre de ces copilleurs !!! ils pompent nos arbres pour avoir la plus grosse [Note de Sacrés Ancêtres : toute allusion interdite aux mineurs ne serait le fait que d’une pure coïncidence]. Leur but est de faire une base de données ; ce ne sont pas des généalogistes comme moi !! »

D’ailleurs la même personne râle sur un peu tous les sujets : « Il y en a marre de ces obèses !!! ils bouffent tous les pains au chocolat de la boulangère. Tant mieux s’ils deviennent diabétiques ! Ce ne sont pas des gourmets comme moi. »

Souvent, ces personnes enlèvent leur arbre d’internet, continuent de se plaindre et en profitent de temps à autre pour un peu pomper. Pas vu, pas pris.

 

Mais tout ça pour quoi ?

Parce que ça m’amuse de voir ces réactions outrées tout comme ça m’amuse de voir les personnes qui copient n’importe quoi.

 

Il y a des avantages indéniables à être copié. Quand mon arbre a planté (accents, lieux, etc), comme un cousin fort fort lointain avait pris tout mon arbre, y compris des branches qui n’avaient rien à voir avec ses ascendants, je puis aujourd’hui me resservir de cette sauvegarde.

Conclusion n°1 : Le copieur est une sauvegarde supplémentaire pour votre arbre.

 

Autre point, c’est parfois franchement drôle de voir les copieurs. Quand j’ai commencé la généalogie, j’ai utilisé les archives familiales et j’avais un manuscrit rédigé par une cousine, au stylo plume et je m’en suis servi pour l’arbre en ligne à l’époque où je n’avais pas accès aux archives. Sauf que... je me suis trompé sur un ancêtre que j’ai noté né en 1745 alors qu’il est né en 1743.

Du coup, tout le monde sur Geneanet a ce même personnage né en 1745.

Conclusion n°2 : Un peu de fun en généalogie, c’est toujours ça de pris ! Et ça permet de faire de l’écrémage entre les gens sérieux et les autres.

 

D’ailleurs, beaucoup de monde pompe la base Roglo, même quand c’est bourré d’erreurs. Parfois, les gens ont les mêmes ancêtres que vous et ils attendent que vous fassiez votre mise à jour de l’arbre pour prendre l’information. Personnellement, ça me fait sourire.

 

Parfois, le copiage est très pratique. Certains arbres cachent des informations sur des contemporains mais aussi sur des gens un peu plus vieux (un peu plus morts en somme). Ceci est compréhensible. Mais un arbre qui masque ces informations cache une forêt qui les laisse visibles.

Conclusion n°3 : Le copiage vous permet de faciliter la généalogie descendante.

 

Le copiage, ça fait jaser. On l’a vu en début d’article, on a le droit aux saints (sains) généalogistes munis d’une grande droiture morale et d’un vocabulaire digne d’un Gide... bon, ok, digne d’un Gide sous acide. Eh oui, car le copiage devient le copillage (comme sur les vieux manuels du collège « le photocopillage tue le livre ») voire le plagiat.

Il est en effet important de dénoncer ces gens qui plagient des œuvres comme « Jean Dupont né vers 1658 à Trifouillis-les-Oies, décédé le 12/04/1714 à Roquefort-la-Bédoule » digne d’une publication chez Perrin ou aux Belles Lettres.

 

Je viens de découvrir une chose amusante, « le Code de Déontologie du Généalogiste ». On comprend aisément qu’une association ait un code à elle, un règlement intérieur d’une certaine manière.

Mais maintenant, on entre dans la partie citations véridiques (extraites de forums) de cet article et on va commencer avec justement ce Code :

« Membre de généanel, je viens de subir un pillage en réglé de presque la totalité de magénéalogie. La personne ayant effectuée cette plagiat a fait abstraction du code de déontologie qui régit les personnes faisant de la généalogie. Je citerai l'alinéa 2.4- du Code de Déontologie du Généalogiste. Le généalogiste rejette le plagiat et indique les sources d'informations consultées dans l''élaboration de son travail, prenant soin de bien identifier les extraits de texte d'un autre auteur, et mentionner, s'ily a lieu, la collaboration reçue de collégues ou de groupes de travail. »

(Fautes d’origine)

On arrive vraiment dans une partie surréaliste, plus encore que mes jeux de mots grivois. Demander à Madame Michu de respecter le « Code » des membres de la FFG, c’est un peu comme si on demandait à un collectionneur de pièces européennes de respecter le « Code » de l’Association Numismate de Rouen.

Mais ce même message, posté sur un forum de Geneanet, va en s’améliorant... « Il y a une intention manifeste de nuire. » Je dois avouer que je me suis imaginé une vieille dame qui recopiait ce pauvre arbre pendant un après-midi avec le sourire sadique, sur son fauteuil, le chat sur les genoux : « Gnia ah ah ah ! Je vais faire comme chaque après-midi, Minus. Tenter de conquérir le monde ! (oui, le soir je dors à 20h30) ».

 

Toujours sur Geneanet, nous trouvons à propos des copieurs : « Vous ne pouvez pas échapper à ce genre d'individus qui n'ont ni âme ni conscience ».

 

Lexorciste.JPG

 

« J'ai effectivement noué quelques contacts, mais si peu par rapport à l'égoïsme du chacun pour soit rencontré, qu'il y a belle lurette que j'ai retiré ma généalogie de ce média. »

Pour essayer de faire de ce message un sujet plus intellectuel, je vous laisse réfléchir à la question philosophique suivante : A partir de cette phrase et de vos connaissances, définissez l’égoïsme et l’altruisme.

Point bonus : Une faute d’orthographe s’est glissée dans cette citation ; laquelle ?

Question facultative: En quoi cette faute peut remettre en cause la compréhension de la notion d'égoïsme?

 

 

J’ai été méchant, je ne me suis moqué presque que de ceux dénonçant le copiage, alors que les copieurs ont bien leur place dans ce panthéon.

 

Vous le savez, l’autre grand débat intellectuel (sic) sur les forums est l’utilisation des sources et le copieur en est le grand spécialiste. J’en parle parce que j’ai beaucoup ri il y a quelques jours sur un arbre en ligne ayant copié mes données mais pas seulement ; on y trouve aussi celles d’une cousine proche.

Jusque là, pas de problème. Beaucoup ne notent aucune source, mais on voit de plus en plus souvent fleurir une source particulière... elle se nomme... « Site » ! ou « Geneanet ».

Transposons ceci dans un domaine autre que la généalogie :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

Source : Bibliothèque municipale

 

Bon, je retourne à mes ancêtres, certains arbres me disent descendants de Narmer, Pharamond et de Picsou.

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 11:22

Depuis quelques semaines déjà, on remarque que la blogosphère généalogique fait son bilan, en tire des conséquences et se prépare pour cette nouvelle année. C’est pourquoi je m’y lance également, avec mon classique retard... Mais bon, le président n’a pas fini ses vœux, je suis donc encore dans les temps, non ?

 

2011 fut à la fois une des mes années les plus creuses généalogiquement parlant depuis toujours et en même temps celle qui a auguré le plus de changements.

Ce « creux », je ne l’avais pas prévu, pas anticipé mais il était bien là. Dès janvier, je n’ai plus eu le temps de faire de généalogie jusque fin juillet et après quelques vacances en août où j’ai pu me rattraper, un avion m’attendait pour trois mois au Maroc, avec une connexion internet limitée. La conséquence de ce séjour à l’étranger a été l’absence de possibilité de connexion aux archives en ligne.

 

D’un autre côté, 2011 est l’année qui a tout changé et qui restera certainement comme une année importante pour ma généalogie. En juillet je me suis procuré Geneatique ; c’est la première fois que j’utilise un logiciel de cette ampleur (traduction : à ce prix). Jamais je n’avais mis plus de 40€ dans un logiciel de généalogie et je regrette de ne pas l’avoir fait avant. Alors, je sais que Geneatique est largement perfectible et d’ailleurs la version 2012 ne semble pas se perfectionner là où ce serait nécessaire, mais la gestion des sources est convenable, les champs variés avec possibilité de recherche, les lieux normés et surtout un moteur de recherche interne très performant une fois qu’on a compris son fonctionnement.

C’est pour cela, en premier lieu, que je suis passé à Geneatique ; parce que l’arbre que je publie à partir de mes relevés des Alpes-Maritimes contient des homonymies en pagaille et que les Joseph Puons fils de Joseph et de Marie qui épousent des Marie Mario fille de Joseph et de Marie, il y en a en pagaille.

 

Autre pas important de franchi, le recommencement de mon arbre personnel. Suite à un énorme bug informatique couplé à une franche erreur de mon ancien logiciel à bout de souffle, je me suis retrouvé avec la perte de tous les accents (certainement à cause de l’ASCII) et surtout, de tous les lieux. Déjà que l’arbre était un capharnaüm invivable (et ça, c’était de ma faute), là, j’avais atteint le sommet. Heureusement, en tant que vieux jeune con ancien étudiant d’histoire, j’ai des copies papiers de tout et si besoin est, je consulte quelques arbres en ligne ayant pompé mon arbre.

J’ai donc tout recommencé au mois d’août et je suis très loin d’avoir fini, mais ne me plains pas puisque depuis, mon nouvel arbre en ligne est propre. Tout y est « sourcé », de la date de naissance au lieu de résidence, en passant par les professions. C’en devient presque maladif comme sur la fiche de mon bisaïeul Charles Lombard, mais au moins, je n’ai plus de problème pour savoir pourquoi j’ai noté qu’en telle année il avait telle profession. L’inconvénient principal est l’extrême longueur du traitement des actes, y compris ceux d’État-Civil pouvant aller jusqu’à une demi-heure pour un mariage du XIXe siècle.

 

http://eglazer.files.wordpress.com/2009/02/desk-with-pile-of-papers.jpg

Mais où est passé ce f**** acte de naissance?!

 

Mais passons. Concernant les relevés systématiques, j’en ai fait peu cette année et n’ai pas pu achever les dépouillements de Roure et de Valdeblore. Cependant, deux nouvelles choses qui comblent largement cette lacune ont été faites : un nouveau site et la fin de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

En août, j’ai créé, avec mes petites mains, un petit site que j’ai voulu très simple (et puis je n’aurais pas réussi à le faire plus compliqué) pour faciliter les mises à jour, et ce en utilisant le classique langage XHTML avec une courte page de CSS (ça fait geek, hein !). Cela a changé ma vie de me débarrasser de Frontpage, même si ce n’est que partiel ; sans trop aller dans les détails, j’utilise toujours Frontpage lorsque je dois insérer 60 pages Word dans Notepad et mettre les balises ; Frontpage le fait tout seul, même si ce n’est pas très propre, sinon cela me prendrait plus de temps que le relevé en lui-même.

De l’autre côté, j’ai enfin pu terminer de transposer les relevés de Saint-Sauveur-sur-Tinée dans l’arbre en ligne ce qui représente environ 6'500 actes à traiter.

 

Malgré une année en demi-teinte – peu d’avancées généalogiques mais une amélioration méthodologique, l’ensemble reste satisfaisant.

 

Et 2012 dans tout ça ?

 

Tout comme je ne savais pas où j’atterrirais en 2011, je ne sais pas où je serai en 2012. A priori le sud jusqu’à cet été puis après... l’étranger ? Le nord (au-dessus d’Avignon en somme)? Ailleurs ? Je ne peux donc pas dire, à l’heure actuelle, si même j’aurai accès à des archives. Pour ces raisons, je ne prendrai pas de bonnes résolutions ce qui n’empêche pas d’établir quelques perspectives.

 

Cette année, j’essaierai de mettre sur l’arbre des familles du 06 mes relevés de Rimplas et d’achever les relevés de Roure et de Valdeblore ; voilà ce vers quoi je veux tendre au niveau des relevés en 2012.

 

Sur le plan de la généalogie personnelle, je suis parti en free-style voilà quelques mois et je compte continuer ainsi. Je vaque suivant mon délire du jour. En ce moment, j’étudie une branche cousine installée sur Paris à la fin du XIXe siècle et, quand j’en ai marre des cousins, je m’attarde sur quelques ancêtres.

Même s’il y a cet aspect désordonné, je me cantonne à deux départements d’origine et je souhaite rester sur ce créneau de maximum deux départements en même temps. Pour le moment, il s’agit du Nord et du Morbihan et je ne change de département que si les branches cousines le font.

 

En 2012, je laisserai quelques branches à l’abandon. Ne vous révoltez pas ! En fait, ces branches sont étudiées, mais différemment. Depuis quelques temps déjà, je dépouille de temps à autre quelques années sur Thonnance-les-Joinville, petit village de Haute-Marne où je suis cousin avec toutes et tous ; alors tant qu’à étudier ma famille sur place, autant le faire de manière complète au lieu de se taper cinquante fois le même registre.

Pareil dans les Alpes Maritimes d’où viennent plusieurs branches de ma famille. Ainsi, en 2012, si je termine (espérons !) Roure et Valdeblore, je mettrai de côté pour quelques temps la vallée de la Tinée et m’attaquerai à Falicon, commune frontalière de Nice, et Saint-Martin-Vésubie.

 

Et le blog dans tout ça ? Eh bien, que dire. Je posterai au gré de mon imagination et de mes découvertes.

 

Ce que je souhaiterais cependant le plus durant cette année 2012, ce serait de pouvoir aller plus souvent en archives et surtout de pouvoir aller aux archives départementales de Lille et de Nice ainsi qu’aux archives municipales de Valenciennes.

 

A suivre, aujourd’hui ou demain : Quel généalogiste suis-je ? ou la réponse de Sacrés Ancêtres à ce sujet qui a touché la plupart des blogs l’an dernier avec une Season 2 sur Genbècle

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 16:03

Ceux qui connaissent un peu ce blog savent que je suis plutôt du genre à écrire des articles teintés d’humour ou tout du moins assez neutres. Je ne suis pas entré dans la polémique sur NotreFamille et je ne le ferai pas, du moins pour le moment. La bonne humeur m’a toujours semblé primordiale ici ; j’écris pour m’amuser, pas pour m’engueuler. Et pourtant, il y a quelques jours, en lisant un article, je me suis mis en colère comme jamais depuis que j’ai commencé à pratiquer la généalogie. D’où ce billet d’humeur qui risque d’engendrer pas mal de réactions négatives.

 

Lisant certains « vieux » magazines reçus lors d’un de mes (trop) nombreux déménagements de ces dernières années, je suis tombé sur « Généalogie & Histoire » n°142 de juin 2010 publié par le Centre d’Études Généalogiques Rhône-Alpes et sur un article, page 27, nommé « De profundis ».

 

Ce papier, écrit par un certain Jean-Loup Ricord, m’a paru choquant pour plusieurs raisons. Cet article évoque la possible disparition de deux associations, l’Association Généalogique du Var et le Cercle généalogique des PTT, celles-ci ne trouvant pas de successeurs. C’est toujours triste de voir d’anciennes associations disparaître. Pour monsieur Ricord, c’est une aberration puisque le nombre de généalogistes en France explose. Quelle est donc la cause de ces disparitions ?

 

La réponse lui semble simple : « le généalogiste nouveau ». Tout comme le Beaujolais, il n’est pas bon. Que dis-je, c’est le diable en personne. C’est un consommateur (une horreur !), il « adhère, utilise la somme des documents amassés par les autres, sans aucunement contribuer à enrichir le patrimoine de l’association puis, sans remords, disparaît. » Il « achète ».

Bref, le « généalogiste nouveau » est une sorte de monstre capitaliste, consumériste, qui dévore les recherches de l’association. En fait, je pourrais me reconnaître dans cette description ; j’ai adhéré à des associations sans pour autant faire de relevés pour celles-ci. J’avais adhéré pour avoir accès à Geneabank et je ne m’en cache pas. J’ai découvert le service Geneabank et c’est par leur site que j’ai décidé d’adhérer ; je ne l’aurais pas fait autrement. Finalement, le « généalogiste consommateur » n’apporte pas de nouveaux relevés, mais permet à l’association de lever quelques fonds supplémentaires pour diverses activités, salons, etc. Avec la poussée de la généalogie sur Internet est arrivé le généalogiste « actif », celui qui travaille, qui a un boulot et qui n’a pas forcément le temps de faire des relevés ou qui habite à l’autre bout de la France (voire du monde, ainsi j’ai eu l’occasion d’échanger à propos d’une commune des Alpes-Maritimes avec une dame vivant à Chicago et y ayant des ancêtres). Le généalogiste n’est plus que le retraité domicilié à côté du local et pouvant se déplacer pour les salons et réunions.

 

J’avais songé à effectuer des relevés pour ces associations mais je n’en avais finalement pas envie car l’aspect restrictif de l’information (pour les membres seulement) me déplaît et je préfère faire des relevés absolument gratuits et diffusables sans condition, comme sur mon modeste site : www.prat-genealogie.com . C’est un autre état d’esprit, ni meilleur ni pire qu’un autre, mais j’y suis attaché. Autre point, j’aime faire les relevés dont j’ai envie, pas ceux demandés par l’association, le Club, le Groupe, le Collectif ou peu importe son nom. Par exemple, j’ai fait le relevé de Saint-Sauveur-sur-Tinée dans les Alpes Maritimes dont la majorité avait déjà été fait par l’AGAM ; je l’ai refait, j’y ai inclus toutes les données possibles comme les témoins, les parrain et marraine, et cela a été publié comme je l’entendais, avec la méthodologie que je voulais et également sur un autre support, celui de l’arbre en ligne. Les demandes de « mise en page » des associations sont strictes et je ne voulais pas me prendre la tête pour savoir dans quelle case il fallait que je mette telle ou telle information. Ces conditions demandées par les associations sont légitimes, que personne ne se méprenne sur mes propos ; étant donné le nombre de généalogistes qui dépouille pour eux, elles ont besoin d’une mise en page commune pour une diffusion lisible.

Alors j’ai adhéré à des associations pour les points Geneabank, sans autre objectif pour le moment. Le but de ce regroupement est-il seulement de faciliter les recherches pour les membres perpétuels d’associations ou également pour faire venir de nouveaux adhérents ? Même si, admettons, la plupart des nouveaux adhérents venus pour Geneabank ne font que se servir, peut-être qu’un sur dix ou sur vingt restera dans l’association, s’y trouvera bien et fera des relevés ; les autres auront payé une cotisation qui permettra à l’association de vivre un peu plus, auront vendu quelques magazines (comme Généalogie & Histoire...). Est-ce si mal ? Est-ce qu’en donnant 30€ à la Croix-Rouge pour avoir bonne conscience mais sans partir au Zimbabwe aider les enfants je commets un acte mauvais ? Est-ce qu’en donnant 5€ à Médecins Sans Frontières pour acheter un de leurs stylos pour la collection de ma grand-mère mais sans faire l’infirmier au Ghana je suis mauvais ?

En me donnant bonne conscience par un don, ne fais-je pas quand même une donation ?

 

http://img513.imageshack.us/img513/6753/vieuxmuppetshow.jpg

"Ah! ces jeunes! De mon temps, on était solidaire...

- T'as bien raison! Leur faudrait une petite guerre pour leur apprendre!"

 

Mais cette partie n’est pas la pire de l’article à mes yeux. Les phrases qui suivent m’ont mises hors de moi : « Le plaisir de réaliser des projets communs, le sentiment d’appartenance à une communauté et la satisfaction procurée par le service rendu, tout cela a disparu. Le généalogiste bénévole est une espèce en voie de disparition, dinosaure, survivant d’un temps où les mots désintéressement, générosité et solidarité avaient un sens. »

Là, c’est le pompon, le ridicule sans gêne aucune.

Le « plaisir de réaliser des projets communs » est une aspiration personnelle ; certains font cela et y prennent justement du plaisir mais ériger cela en vertu est absurde, surtout à l’ère du numérique. Regardez-les, ces individualistes qui publient gratuitement leurs résultats de recherche sur des arbres en ligne, ceux qui publient leurs relevés systématiques sur Geneanet ou ailleurs ! Honte à eux de n’être point membre de notre Collectif ! Ils n’ont pas forcément envie de travailler au sein d’une association (a fortiori moralisatrice), ils n’ont pas forcément envie d’être membre d’une communauté et cela ne les empêche pas de ressentir une satisfaction lorsqu’ils aident les gens. Je ne fais pas partie d’un collectif et cela ne m’empêche pas d’aider des personnes qui m’envoient des emails et beaucoup de généalogistes « indépendants » le font. Les associations n’ont pas le monopole de l’entraide et je rappelle à Monsieur Ricord que l’association est faite d’individus qui aident d’autres personnes et que dehors, c’est la même chose, ce sont des personnes qui font cela et elles n’ont pas toutes besoin ou envie d’être en association.

Les associations seraient « désintéressées ». Ah ? Juste avant, le journaliste affirme pourtant que cela procure de la satisfaction. A partir du moment où le bénévole aide car cela lui procure de la satisfaction, alors il est intéressé. Le jour où le bénévolat ne lui procurera plus rien, il arrêtera. Je ne fais des relevés que parce qu’ils me procurent un certain plaisir ; je le fais pour moi avant de le faire pour les autres. L’autre est content d’avoir ces relevés et cela augmente mon plaisir. Nous sommes toujours intéressés, que l’on soit en association ou non, car on fait de la généalogie pour nous en premier lieu ; nous avons diverses raisons d’être en association ou de faire du bénévolat : on aime ça, on a envie d’être membre d’une communauté, on veut sauvegarder le patrimoine, etc. Le désintéressement n’est pas que l’absence de gains financiers ou matériels, ce serait également l’absence de plaisir, d’envie et un sacrifice absolu.

 

Nous avons tous eu un parent ou un aïeul nous disant de travailler à l’école car « à ton âge, j’étais un élève sérieux » avant de découvrir que ce n’était pas tout à fait vrai. On nous érige en vertueux un temps plus ancien alors que c’est faux. Les « jeunes » faisaient des bêtises comme mon trisaïeul à Saint-Cyr qui entonnait avec le futur maréchal Lyautey des vers incendiaires sur les « bas off », séchait des cours, et organisait diverses batailles après le couvre-feu. « Ah ! quand j’étais jeune ! »

Dans cet article, monsieur Ricord nous dit que « dans le temps » les généalogistes étaient des personnes biens et qu’aujourd’hui, il ne reste plus que les anciens qui eux, savent ce qu’est la morale, la bonté, la vertu tandis que les petits nouveaux seraient un peu comme les enfants bâtards de TF1 et de Carrefour, cherchant à savoir si le Cercle Généalogique de Pétaouchnock fait les soldes d’hiver et si la collection printemps-été des relevés systématiques lui donne des ancêtres qui se marient bien à son style et à sa robe Elie Saab.

 

http://img840.imageshack.us/img840/9830/ctaitmieuxavant.jpg

 

La généalogie change avec l’ère du numérique et ce que voudrait monsieur Ricord, ce serait que les généalogistes nouveaux, à qui, « à force de répéter [...] qu’ils sont des clients et non des usagers, [...] ont fini par le croire », deviennent comme en ces temps glorieux un modèle de vertu ; que le généalogiste s’adapte à l’association et non l’inverse. Cependant, un éclair de lucidité apparait à la fin de son article : les associations doivent aussi changer.

Oui, il est nécessaire pour les associations d’évoluer et si elles échouent, si elles plongent et ferment, ce n’est pas de la « faute » à un supposé égoïsme tout autant présent chez elles que chez les autres, mais parce que lesdites associations ne répondent plus aux besoins des généalogistes. Ce sont à elles de trouver les chemins pour survivre ; de s’adapter. Si l’association rendait un si grand service que cela, alors pourquoi disparaitrait-elle ?

Je serais le premier malheureux si j’apprenais que les associations fermaient les unes après les autres car elles font, je l’estime, du bon travail en général.

 

En ce moment, on parle beaucoup de généalogie nouvelle et au lieu de fustiger ceux qui n’entrent pas dans le moule – ici presque sectaire –, certaines associations devraient se remettre en question et voir comment elles peuvent s’adapter à Internet et aux archives en ligne. Comment feront-elles ? Plus de cours de paléographie ? Des dépouillements d’archives hors BMS/NMD ? Des partenariats avec le privé et/ou avec des services d’archives? La décision appartient aux associations, clubs, etc.

 

Quoiqu’il en soit, une chose est sûre après la lecture de cet article, je ne m’abonnerai plus à Généalogie & Histoire ni à aucune association qui travaille en collaboration avec ce magazine.

Ce genre de comportement, ce genre d’articles sont typiquement les causes du rejet de certains pour la généalogie : un passetemps pour retraités qui ronchonnent, une activité démodée où l’on ferait partie d’un club opaque, une passion qui devrait être un sacrifice, un désintéressement voué à la solidarité entre les humains. Entre cela et les remarques de certains sur la quête à l’héritage, sur le désir de prouver son origine française, on est gâté.

Quand je lis cela, je n’ai pas envie de faire de la généalogie, je n’ai pas envie de faire partie de cette « communauté » ; si j’avais lu cet article lorsque j’ai commencé... eh bien je n’aurais pas continué mais aurais plutôt fait remarquer à quel point la généalogie est une activité sectaire et qui ne donne pas envie d’en faire. Heureusement, j’ai un peu de bouteille et peux me rendre compte, par mon expérience, à quel point l’article de monsieur Ricord ne concerne que lui et que la pensée qu’il développe dans ces quelques lignes est loin d’être représentative.

 

Je fais de la généalogie pour me détendre, pas pour entendre des leçons de morale erronées et déplacées. Je fais peut-être des relevés distribués librement mais je ne suis pas une personne désintéressée, altruiste, sacrificielle, vertueuse ; je ne suis pas un saint. Je suis un généalogiste et je pratique cette activité parce que j’en ai envie, parce que cela me plait.

Lorsque l’on vient me parler de généalogie, je ne parle pas d’engagement, de rites d’entrée, de devoirs, d’entraide. Non. Je parle de ma passion pour les archives, pour l’histoire des individus et de l’intérêt qu’aura autrui à apprendre d’où il vient, à mieux connaître sa famille, ses aïeux. Peut-être qu’un jour cette personne fera du bénévolat ; mais c’est accessoire.  Pour moi, la généalogie a toujours été une passion, pas un sacerdoce. Cela restera ainsi.

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27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 12:23

Récemment j’ai reçu le n°197 de la Revue Française de Généalogie et j’ai notamment trouvé intéressant l’article nommé « Portrait-robot des généalogistes » qui évoque l’enquête commandée par genealogie.com à l’anthropologue Dominique Desjeux.

 

Je n’étais pas du tout au courant de cette recherche. Il faut dire que je débarque... du Maroc où j’étais quelque peu coupé du monde et surtout de la généalogie. Alors que je pensais simplement écrire à propos de cet article et de cette enquête, j’ai pu voir qu’une polémique avait enflé à son propos. Un édito de Vosges Matin, sans grand intérêt, arguant que le généalogiste a une addiction à sa passion comme Barney et l’alcool (ou l’autre Barney et les demoiselles).

 

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Barney, un généalogiste qui s'ignore?

 

Il est dommage qu’un journaliste évoque un sujet qu’il ne connait visiblement pas à partir d’une étude qu’il n’a pas dû lire attentivement ; mais il est malheureusement fréquent de lire des articles de journalistes n’ayant pas lu une étude ou un ouvrage (sur ce point, j’en ai eu la preuve ce matin même en lisant un ecritique d’Atlas Shrugged écrite par un journaliste de l’Express qui fait des contresens sur l’histoire, un peu comme si j’écrivais que Harry Potter était une femme transformiste vivant à Jakarta).

 

Mais je ne vais pas m’attarder à essayer de démontrer que le monsieur de Vosges Matin a tort. Je voulais parler de cette étude parce que dans le compte-rendu rédigé par V.T. (Véronique Tison ?), je n’ai pas eu l’impression de m’y reconnaitre ; contrairement à l’étude en elle-même avec de bons passages. Mais un article ne peut pas tout contenir.

 

Les généalogistes un peu avisés (et non pas avinés !) et ayant un peu de bouteille (...) connaissaient finalement ces résultats à l’avance, mais peut-être de manière inconsciente. Il me parait logique que les classes démunis et les « de Machin de la Truc sur Bidule » ne s’intéressent que peu à leurs origines, car n’ayant pas le même besoin de « voir en arrière » puisque leur histoire peut leur paraître linéaire pour les premiers et déjà connue pour les seconds. Cependant, je ne l’aurai pas formulé ainsi sans cette étude. Elle a donc aussi cet avantage de nous permettre d’identifier clairement ce que l’on soupçonnait ou « savait » sans le formuler convenablement.

 

On peut comprendre que cette étude ne parle guère des plus jeunes d’entre nous, puisque nous ne représentons pas un très grand pourcentage de cette population. Pourtant, c’est un sujet qui mériterait d’être abordé de manière approfondie et plus « scientifique » : Qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi de plus en plus de jeunes gens voire d’enfants s’intéressent à la généalogie ? Quels sont les éléments, les événements, les contextes qui ont poussés des hommes et des femmes qui sont encore à l’école ou qui entrent à peine dans la vie active à s’intéresser à une activité toujours perçue comme une « activité de retraités » ?

 

Plusieurs faits peuvent nous pousser à réfléchir sur la question (humblement, cela va de soi). Déjà, au plus le temps passe, au plus nous nous éloignons de l’exode rural et donc du souvenir de nos aïeux ayant quitté leurs campagnes (ou pas !). C’est par exemple mon cas. Je suis né en 1987, je n’ai pas encore de cheveux blancs et, du côté maternel, certains ont quitté leur village il y a plus de 160 ans. Ma grand-mère, elle, savait (et sait) toujours que sa famille maternelle est niçoise et sa famille paternelle valenciennoise ; elle est plus proche de ces vagues de migrations et sait donc mieux d’où elle vient. Nous, jeunes gens, avons un voire deux siècles derrière nous depuis le déracinement de nos ancêtres et cela est d’autant plus vrai lorsque nous sommes nés et habitons dans une grande ville, plus impersonnelle et où les relations familiales sont plus compliquées car plus distantes (géographiquement en premier lieu) et dissoutes dans la masse urbaine. D’ailleurs, l’étude montre bien que les jeunes généalogistes (moins de 35 ans) cherchent leurs origines à 44.20% contre 19.10% pour les plus de 65 ans. Mais cela explique-t-il tout ? Je ne le crois pas.

 

Notre génération des 15-35 ans est pratiquement née avec un ordinateur dans les mains et écrit plus vite sur un clavier qu’avec ces étranges choses que l’on nomme stylo-plume. Avec l’avènement de l’Internet est venu l’avènement des passions ; si vous êtes passionné de bouchons de bouteilles de vins polonais des années 1930, vous pourrez converser avec d’autres personnes sur Internet. Et c’est la même chose pour la généalogie et encore plus avec des sites comme Geneanet et désormais les archives en ligne. Autrement dit, pour une population active, le fait de pouvoir chercher un ancêtre en Haute-Marne alors que vous vivez dans le Finistère n’est plus un problème similaire à la même situation vingt ans auparavant. Quelques clics et vous voici en train de chercher ce Monsieur Dupont à Suzannecourt. Nous n’avons pas plus de temps qu’avant mais, comme l’avion nous permet de voyager plus que du temps de la calèche, Internet nous permet de faire de la généalogie comme certains jouent au football pour se détendre. De plus en plus jeune, nous pouvons partir en quête de nos aïeux ; et avouez qu’il est aussi plus facile pour un lycéen de naviguer sur un site internet que de demander à ses parents de lui payer une semaine à Dolomieu en Isère pour ouvrir d’anciens registres.

 

Certains vont pourtant voir dans la pratique de la généalogie une « réaction » à notre temps, un passéisme voire un côté « vieille droite qui veut se prouver être français de souche ». Il m’est arrivé d’entendre ce genre de remarque mais jamais à mon encontre ; il faut dire qu’avec mon nom qui fleure bon l’Italie je ne puis prétendre à un tel statut. Il ne me semble pas que les jeunes généalogistes pratiquent cette activité pour s’enfuir du temps présent.

 

Je suis assez d’accord avec le constat empirique de l’étude qui dit que les classes moyennes étant en mouvement social, il y a un plus grand désir de savoir d’où l’on vient et ce, couplé au déracinement de nos villages d’antan peut pousser de jeunes gens à s’intéresser à cette pratique.

L’étude nous dit qu’il y a plusieurs déclencheurs dont le plus important est la réunion de famille (18.80% des déclenchements) ; certainement pour savoir pourquoi votre mère appelle Tante Suzanne « ma chère cousine ». Outre la curiosité, déclencheur assez naturel, on remarque que le décès arrive en troisième position (17%), mais a priori cela ne concerne pas les jeunes (espérons pour eux). En lisant les informations de cette étude, je me suis demandé si je me reconnaissais dans ce portrait-robot. Comme dit au tout début de cet article, la réponse est non. Beaucoup d’éléments me concernent mais ils sont presque toujours en minorité.

 

Outre l’âge dont je viens de parler longuement, l’élément déclencheur qui me concerne ne concerne que 4% des généalogistes. J’ai commencé à l’âge de douze ans car j’avais une option « histoire » au collège qui s’est axée sur la généalogie et je me suis intéressé à la mienne en partie grâce à ce cours, mais surtout grâce aux archives familiales contenant déjà de nombreux essais généalogiques avec pas moins de cinq personnes s’y étant déjà intéressées avec plus ou moins de résultats. J’ai donc commencé ainsi, par une fusion des généalogies familiales du côté de mon père et de ma mère. Ces généalogistes avaient leurs propres motivations : ma mère avait fait la généalogie de mon père à ma naissance pour une transmission (motivation qui touche un tiers des chercheurs), une de mes cousines pour connaître mieux ses origines (motivation de 23.6% des généalogistes) car ses parents étaient cousins, un autre de mes cousins car il était né posthume et  voulait honorer la famille de son père, un autre cousin avait fait la généalogie de sa femme (ma cousine) et enfin ma grand-tante dont l’élément déclencheur était administratif (0.60% des déclenchements seulement) car, son mari étant juif, elle a dû prouver aux nazis qu’elle ne l’était pas. Autant cette étude du Professeur Desjeux est intéressante, autant on voit que nous avons tous des déclencheurs variés et des motivations variées. Ma motivation ? Elle a évolué, tout comme j’ai grandi et j’ai l’impression que cette évolution est bien plus rapide lorsque l’on commence jeune. Au départ, j’ai voulu savoir d’où je venais, puis par les travaux d’une cousine, qui étaient ces nobles gens dont l’ascendance remontait aux calendes grecques, sans oublier le stade de la généalogie purement historique sans lien avec ma famille pour arriver, aujourd’hui, à seulement 23 ans à travailler dans le but de transmettre. La transmission est plus importante chez les moins de 35 ans que ce que je pensais (16.30%) puisque, dans certains éclairs de lucidité, je me dis que tout de même, à 23 ans, célibataire et sans enfant (et sans même avoir fini mes études !), vouloir transmettre quelque chose peut paraître étrange. Est-ce trop tôt ?

 

Mais la question de la transmission ne concerne pas seulement nos (futurs) enfants et petits-enfants ; la transmission peut se faire dans le sens inverse. Ainsi, le « type B » décrit dans l’étude, le généalogiste qui transmet, qui partage ses résultats et notamment en famille est le « type » dominant (43% des généalogistes sur les trois types présentés) et cette catégorie est d’autant plus importante que les liens familiaux sont forts. C’est par exemple mon cas et la transmission ne se fait pas auprès de mes enfants imaginaires, mais auprès de mes parents, de ma grand-mère ou encore de mes cousins. C’est pourquoi je pense que la transmission n’a pas d’âge et que, lorsque l’on a une famille, la transmission peut se faire entre frère et sœur, entre l’enfant et les parents voire entre les petits-enfants  et les grands-parents. Chez les moins de 35 ans, la transmission aux générations futures existe et peut être une motivation majeure, mais pourquoi ? Pour un peu changer, je vais prendre mon exemple, celui que je connais encore le mieux. Le désir de transmission aux futures générations peut être « spontané », c’est-à-dire qu’il peut venir du généalogiste qui va découvrir ce besoin, mais il peut être aussi « acquis » depuis longtemps. On m’a toujours beaucoup parlé de notre famille et ces paroles étaient incarnées par des objets, par du tangible : un tableau, des photos, des objets divers, des livres, des archives privées. Ces objets ont été transmis et j’ai toujours eu le sentiment qu’ils me seront confiés un jour, non pour en jouir mais pour les conserver au nom de mes ancêtres et les transmettre à mes descendants au nom de leurs aïeux. Et chacun apporte sa pierre à l’édifice, son cadeau aux futures générations. Ainsi ai-je toujours eu ce sentiment de transmission malgré un jeune âge et désormais la généalogie est perçue comme ma pierre la plus importante à cet imposant édifice.

 

En conclusion, je dirais, comme cela a été noté dans l'étude, que la généalogie touche des populations variées. C'est une passion qui arrive à dépasser le milieu social, l'âge et le sexe; il est donc d'autant plus difficile d'esquisser un portrait-robot commun à cette espèce hétérogène. Les travaux du professeur Desjeux ont le mérite d'éclaircir le sujet grâce à une approche universitaire. Bien sûr, il est fort improbable que l'on arrive un jour à faire un seul portrait pour tous les généalogistes et c'est aussi, à mon sens, ce qui fait le charme de cette activité; discuter avec des personnes dont l'âge est différent, le milieu social, les origines, mais aussi les tendances politiques (contrairement à l'idée reçue évoquée plus haut, l'équilibre entre les opinions politiques existe en généalogie) le niveau d'études (45% ont fait des études supérieures et 45% le brevet, BEP ou CAP). Au plus on creuse la question, au plus on se rend compte que la généalogie est un virus qui ne fait aucune différence entre les individus et tout comme l'exemple du jeune Clément dans le même numéro de La Revue Française de Généalogie, des amis viennent me voir pour discuter de généalogie et souhaitent s'y initier.

 

Et vous, vous sentez-vous proche de cette étude ? Que vous inspire-t-elle ? Comment percevez-vous les nouvelles générations de généalogistes?

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 16:28

 

On dirait bien. Il s’agit en fait pour moi d’expliquer différentes avancées, qu’elles soient dans ma généalogie ou dans celle d’autrui à travers notamment les dépouillements que je fais dans les Alpes-Maritimes. C’est également un endroit où je pourrai enfin m’exprimer sans que quelqu’un ne se mette à souffler d’ennui en évoquant immédiatement le dernier match de l’OM. Hormis un généalogiste qui peut s’intéresser aux difficultés de comprendre des abréviations en Sarde du début du XIXe siècle ? Qui peut s’intéresser aux hypothèses d’ascendance de mariés dont seul le père des futurs est cité et qui ont une dispense de consanguinité et d’affinité ? Qui peut s’intéresser à la vie quotidienne d’un vigneron de Thonnance-lès-Joinville en Haute-Marne à la fin du XVIIe siècle ? Ou d’un cultivateur de Saint-Sauveur-sur-Tinée dans les Alpes-Maritimes au XIXe siècle ?

 

Et encore, vous pourrez le voir dans de prochaines mises à jour, j’ai eu et ai encore plusieurs généalogistes dans ma famille, ce qui fait que je n’ai pas toujours le droit aux sifflets suivis d’une conversation sur les médaillés français aux championnats d’Europe d’athlétisme pour éviter de m’entendre évoquer des gens « qu’on n’a même pas connu »!

Quand on est mordu de généalogie, on ennuie par moments mais par d’autres on intrigue, on amuse. Ceci est inhérent à notre fonction d’historien des familles, notamment de notre famille et de petits secrets ou anecdotes que l’on trouve, que l’on résout. J’en parlerai, sauf concernant les contemporains, bien que je sois au courant de certaines anecdotes croustillantes qui feraient pâlir d’envie Voici, Voilà et je ne sais quoi. Mais, ce n’est pas un blog de commérages...

 

Je fais aussi ce blog par rapport à un autre trait de caractère que j’ai. J’aime lire des écrits de généalogistes sur leur propre famille, sur leurs enquêtes personnelles, cela me fascine, me passionne et me conforte encore plus dans cette passion dévorante. Je consulte fréquemment les blogs, non pas pour la dernière polémique concernant « L’accès gratuit à toutes les archives de France et de Navarre dans un délai de 48 heures » mais bel et bien pour l’histoire des familles, l’histoire des individus, en somme, cette discipline que l’on connait également sous le nom de microstoria.

 

Je ferai donc part ici de mes diverses enquêtes aux quatre coins de la France (littéralement !), de mes ancêtres étrangers, de mes humeurs passagères sur certaines branches ou individus. En somme, tout ce que j’aime lire chez les autres en essayant d’y ajouter ma « touche ». Sans oublier mes autres humeurs, concernant les Alpes-Maritimes où un certain Joseph Rami fils de Joseph et de Marie Mario épouse Marie Mario fille de Joseph et de Marie Rami dont Joseph Rami qui épouse Marie Mario, ainsi que la sœur de Joseph, Marie qui épouse Joseph Mario... Bref, des familles extrêmement simples qui ne posent aucun problème de reconstitution et ne causent ni de cheveux blancs, ni de calvitie précoce.

 

Je suppose aussi que je dois me présenter un minimum. Donc je m’appelle Thomas, j’ai 22 ans et vis en Provence. Je pratique la généalogie depuis 10 ans maintenant (oui, j’étais assez jeune) et ma famille la subit depuis. J’ai fait des études d’histoire et maintenant je fais des études en école de commerce, donc vous pourrez remarquer la cohérence du parcours. J’aime beaucoup l’histoire, notamment la microstoria, la littérature classique, etc. Ma famille est originaire d’un peu partout, du côté de mon père il s’agit d’italiens du sud (Lazio et Sicilia) qui ont ensuite vécu en Algérie et en Tunisie avant d’être chaleureusement remerciés. Mais c’est du côté de ma mère que les origines sont les plus variées : Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Alpes-Maritimes, Basses-Alpes, Gard, Isère, Rhône, Loire, Ardèche, Ariège, une italienne qui est venue s’incruster (de Pavia), et un peu du nord aussi à savoir de Haute-Marne, du Morbihan, Sarthe, Loir-et-Cher, Nord, Pas-de-Calais et de l’actuelle Belgique. Bref, de quoi varier les plaisirs.

 

Bon, j’en ai déjà trop dit et il faudrait que j’en garde pour plus tard !

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