Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 15:31

Qui n’a pas lu ça (enfin, à peu près) sur un forum de généalogie sur le net... sur un forum de Geneanet.

 

On a en général plusieurs genres de personnes qui se plaignent :

 

1. Le légitime

« Monsieur Dupont m’a mis sur sa base, je ne suis pas d’accord ! »

Bon, souvent la personne a un arbre en ligne avec sa propre personne en visible, ses enfants, ses cousins et parfois même avec leurs dates de naissance. Ainsi ai-je trouvé des cousins avec même la ville dans laquelle ils vivaient actuellement.

 

2. La concession perpétuelle

« Je suis outré que monsieur Dupont ait mis en ligne mon arrière-grand-mère morte en 1940 sans ma permission ! Ce n’est pas parce que c’est son arrière-grand-tante qu’il en a le droit ! C’est scandaleux ! Je suis outré, c’est comme un viol ! »

Pour certains, les ancêtres sont leur propriété, limite s’il ne faut pas passer chez le notaire pour avoir une autorisation de publication.

Bientôt, sur genealogie.com: Toi aussi, copyright ta grand-mère! A partir de 159.99€/an

 

3. Le grincheux (souvent une femme)

« Il y en a marre de ces copilleurs !!! ils pompent nos arbres pour avoir la plus grosse [Note de Sacrés Ancêtres : toute allusion interdite aux mineurs ne serait le fait que d’une pure coïncidence]. Leur but est de faire une base de données ; ce ne sont pas des généalogistes comme moi !! »

D’ailleurs la même personne râle sur un peu tous les sujets : « Il y en a marre de ces obèses !!! ils bouffent tous les pains au chocolat de la boulangère. Tant mieux s’ils deviennent diabétiques ! Ce ne sont pas des gourmets comme moi. »

Souvent, ces personnes enlèvent leur arbre d’internet, continuent de se plaindre et en profitent de temps à autre pour un peu pomper. Pas vu, pas pris.

 

Mais tout ça pour quoi ?

Parce que ça m’amuse de voir ces réactions outrées tout comme ça m’amuse de voir les personnes qui copient n’importe quoi.

 

Il y a des avantages indéniables à être copié. Quand mon arbre a planté (accents, lieux, etc), comme un cousin fort fort lointain avait pris tout mon arbre, y compris des branches qui n’avaient rien à voir avec ses ascendants, je puis aujourd’hui me resservir de cette sauvegarde.

Conclusion n°1 : Le copieur est une sauvegarde supplémentaire pour votre arbre.

 

Autre point, c’est parfois franchement drôle de voir les copieurs. Quand j’ai commencé la généalogie, j’ai utilisé les archives familiales et j’avais un manuscrit rédigé par une cousine, au stylo plume et je m’en suis servi pour l’arbre en ligne à l’époque où je n’avais pas accès aux archives. Sauf que... je me suis trompé sur un ancêtre que j’ai noté né en 1745 alors qu’il est né en 1743.

Du coup, tout le monde sur Geneanet a ce même personnage né en 1745.

Conclusion n°2 : Un peu de fun en généalogie, c’est toujours ça de pris ! Et ça permet de faire de l’écrémage entre les gens sérieux et les autres.

 

D’ailleurs, beaucoup de monde pompe la base Roglo, même quand c’est bourré d’erreurs. Parfois, les gens ont les mêmes ancêtres que vous et ils attendent que vous fassiez votre mise à jour de l’arbre pour prendre l’information. Personnellement, ça me fait sourire.

 

Parfois, le copiage est très pratique. Certains arbres cachent des informations sur des contemporains mais aussi sur des gens un peu plus vieux (un peu plus morts en somme). Ceci est compréhensible. Mais un arbre qui masque ces informations cache une forêt qui les laisse visibles.

Conclusion n°3 : Le copiage vous permet de faciliter la généalogie descendante.

 

Le copiage, ça fait jaser. On l’a vu en début d’article, on a le droit aux saints (sains) généalogistes munis d’une grande droiture morale et d’un vocabulaire digne d’un Gide... bon, ok, digne d’un Gide sous acide. Eh oui, car le copiage devient le copillage (comme sur les vieux manuels du collège « le photocopillage tue le livre ») voire le plagiat.

Il est en effet important de dénoncer ces gens qui plagient des œuvres comme « Jean Dupont né vers 1658 à Trifouillis-les-Oies, décédé le 12/04/1714 à Roquefort-la-Bédoule » digne d’une publication chez Perrin ou aux Belles Lettres.

 

Je viens de découvrir une chose amusante, « le Code de Déontologie du Généalogiste ». On comprend aisément qu’une association ait un code à elle, un règlement intérieur d’une certaine manière.

Mais maintenant, on entre dans la partie citations véridiques (extraites de forums) de cet article et on va commencer avec justement ce Code :

« Membre de généanel, je viens de subir un pillage en réglé de presque la totalité de magénéalogie. La personne ayant effectuée cette plagiat a fait abstraction du code de déontologie qui régit les personnes faisant de la généalogie. Je citerai l'alinéa 2.4- du Code de Déontologie du Généalogiste. Le généalogiste rejette le plagiat et indique les sources d'informations consultées dans l''élaboration de son travail, prenant soin de bien identifier les extraits de texte d'un autre auteur, et mentionner, s'ily a lieu, la collaboration reçue de collégues ou de groupes de travail. »

(Fautes d’origine)

On arrive vraiment dans une partie surréaliste, plus encore que mes jeux de mots grivois. Demander à Madame Michu de respecter le « Code » des membres de la FFG, c’est un peu comme si on demandait à un collectionneur de pièces européennes de respecter le « Code » de l’Association Numismate de Rouen.

Mais ce même message, posté sur un forum de Geneanet, va en s’améliorant... « Il y a une intention manifeste de nuire. » Je dois avouer que je me suis imaginé une vieille dame qui recopiait ce pauvre arbre pendant un après-midi avec le sourire sadique, sur son fauteuil, le chat sur les genoux : « Gnia ah ah ah ! Je vais faire comme chaque après-midi, Minus. Tenter de conquérir le monde ! (oui, le soir je dors à 20h30) ».

 

Toujours sur Geneanet, nous trouvons à propos des copieurs : « Vous ne pouvez pas échapper à ce genre d'individus qui n'ont ni âme ni conscience ».

 

Lexorciste.JPG

 

« J'ai effectivement noué quelques contacts, mais si peu par rapport à l'égoïsme du chacun pour soit rencontré, qu'il y a belle lurette que j'ai retiré ma généalogie de ce média. »

Pour essayer de faire de ce message un sujet plus intellectuel, je vous laisse réfléchir à la question philosophique suivante : A partir de cette phrase et de vos connaissances, définissez l’égoïsme et l’altruisme.

Point bonus : Une faute d’orthographe s’est glissée dans cette citation ; laquelle ?

Question facultative: En quoi cette faute peut remettre en cause la compréhension de la notion d'égoïsme?

 

 

J’ai été méchant, je ne me suis moqué presque que de ceux dénonçant le copiage, alors que les copieurs ont bien leur place dans ce panthéon.

 

Vous le savez, l’autre grand débat intellectuel (sic) sur les forums est l’utilisation des sources et le copieur en est le grand spécialiste. J’en parle parce que j’ai beaucoup ri il y a quelques jours sur un arbre en ligne ayant copié mes données mais pas seulement ; on y trouve aussi celles d’une cousine proche.

Jusque là, pas de problème. Beaucoup ne notent aucune source, mais on voit de plus en plus souvent fleurir une source particulière... elle se nomme... « Site » ! ou « Geneanet ».

Transposons ceci dans un domaine autre que la généalogie :

« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »

Source : Bibliothèque municipale

 

Bon, je retourne à mes ancêtres, certains arbres me disent descendants de Narmer, Pharamond et de Picsou.

Par Thomas - Publié dans : Le blog, sa vie, son oeuvre, ses amours
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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 11:22

Depuis quelques semaines déjà, on remarque que la blogosphère généalogique fait son bilan, en tire des conséquences et se prépare pour cette nouvelle année. C’est pourquoi je m’y lance également, avec mon classique retard... Mais bon, le président n’a pas fini ses vœux, je suis donc encore dans les temps, non ?

 

2011 fut à la fois une des mes années les plus creuses généalogiquement parlant depuis toujours et en même temps celle qui a auguré le plus de changements.

Ce « creux », je ne l’avais pas prévu, pas anticipé mais il était bien là. Dès janvier, je n’ai plus eu le temps de faire de généalogie jusque fin juillet et après quelques vacances en août où j’ai pu me rattraper, un avion m’attendait pour trois mois au Maroc, avec une connexion internet limitée. La conséquence de ce séjour à l’étranger a été l’absence de possibilité de connexion aux archives en ligne.

 

D’un autre côté, 2011 est l’année qui a tout changé et qui restera certainement comme une année importante pour ma généalogie. En juillet je me suis procuré Geneatique ; c’est la première fois que j’utilise un logiciel de cette ampleur (traduction : à ce prix). Jamais je n’avais mis plus de 40€ dans un logiciel de généalogie et je regrette de ne pas l’avoir fait avant. Alors, je sais que Geneatique est largement perfectible et d’ailleurs la version 2012 ne semble pas se perfectionner là où ce serait nécessaire, mais la gestion des sources est convenable, les champs variés avec possibilité de recherche, les lieux normés et surtout un moteur de recherche interne très performant une fois qu’on a compris son fonctionnement.

C’est pour cela, en premier lieu, que je suis passé à Geneatique ; parce que l’arbre que je publie à partir de mes relevés des Alpes-Maritimes contient des homonymies en pagaille et que les Joseph Puons fils de Joseph et de Marie qui épousent des Marie Mario fille de Joseph et de Marie, il y en a en pagaille.

 

Autre pas important de franchi, le recommencement de mon arbre personnel. Suite à un énorme bug informatique couplé à une franche erreur de mon ancien logiciel à bout de souffle, je me suis retrouvé avec la perte de tous les accents (certainement à cause de l’ASCII) et surtout, de tous les lieux. Déjà que l’arbre était un capharnaüm invivable (et ça, c’était de ma faute), là, j’avais atteint le sommet. Heureusement, en tant que vieux jeune con ancien étudiant d’histoire, j’ai des copies papiers de tout et si besoin est, je consulte quelques arbres en ligne ayant pompé mon arbre.

J’ai donc tout recommencé au mois d’août et je suis très loin d’avoir fini, mais ne me plains pas puisque depuis, mon nouvel arbre en ligne est propre. Tout y est « sourcé », de la date de naissance au lieu de résidence, en passant par les professions. C’en devient presque maladif comme sur la fiche de mon bisaïeul Charles Lombard, mais au moins, je n’ai plus de problème pour savoir pourquoi j’ai noté qu’en telle année il avait telle profession. L’inconvénient principal est l’extrême longueur du traitement des actes, y compris ceux d’État-Civil pouvant aller jusqu’à une demi-heure pour un mariage du XIXe siècle.

 

http://eglazer.files.wordpress.com/2009/02/desk-with-pile-of-papers.jpg

Mais où est passé ce f**** acte de naissance?!

 

Mais passons. Concernant les relevés systématiques, j’en ai fait peu cette année et n’ai pas pu achever les dépouillements de Roure et de Valdeblore. Cependant, deux nouvelles choses qui comblent largement cette lacune ont été faites : un nouveau site et la fin de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

En août, j’ai créé, avec mes petites mains, un petit site que j’ai voulu très simple (et puis je n’aurais pas réussi à le faire plus compliqué) pour faciliter les mises à jour, et ce en utilisant le classique langage XHTML avec une courte page de CSS (ça fait geek, hein !). Cela a changé ma vie de me débarrasser de Frontpage, même si ce n’est que partiel ; sans trop aller dans les détails, j’utilise toujours Frontpage lorsque je dois insérer 60 pages Word dans Notepad et mettre les balises ; Frontpage le fait tout seul, même si ce n’est pas très propre, sinon cela me prendrait plus de temps que le relevé en lui-même.

De l’autre côté, j’ai enfin pu terminer de transposer les relevés de Saint-Sauveur-sur-Tinée dans l’arbre en ligne ce qui représente environ 6'500 actes à traiter.

 

Malgré une année en demi-teinte – peu d’avancées généalogiques mais une amélioration méthodologique, l’ensemble reste satisfaisant.

 

Et 2012 dans tout ça ?

 

Tout comme je ne savais pas où j’atterrirais en 2011, je ne sais pas où je serai en 2012. A priori le sud jusqu’à cet été puis après... l’étranger ? Le nord (au-dessus d’Avignon en somme)? Ailleurs ? Je ne peux donc pas dire, à l’heure actuelle, si même j’aurai accès à des archives. Pour ces raisons, je ne prendrai pas de bonnes résolutions ce qui n’empêche pas d’établir quelques perspectives.

 

Cette année, j’essaierai de mettre sur l’arbre des familles du 06 mes relevés de Rimplas et d’achever les relevés de Roure et de Valdeblore ; voilà ce vers quoi je veux tendre au niveau des relevés en 2012.

 

Sur le plan de la généalogie personnelle, je suis parti en free-style voilà quelques mois et je compte continuer ainsi. Je vaque suivant mon délire du jour. En ce moment, j’étudie une branche cousine installée sur Paris à la fin du XIXe siècle et, quand j’en ai marre des cousins, je m’attarde sur quelques ancêtres.

Même s’il y a cet aspect désordonné, je me cantonne à deux départements d’origine et je souhaite rester sur ce créneau de maximum deux départements en même temps. Pour le moment, il s’agit du Nord et du Morbihan et je ne change de département que si les branches cousines le font.

 

En 2012, je laisserai quelques branches à l’abandon. Ne vous révoltez pas ! En fait, ces branches sont étudiées, mais différemment. Depuis quelques temps déjà, je dépouille de temps à autre quelques années sur Thonnance-les-Joinville, petit village de Haute-Marne où je suis cousin avec toutes et tous ; alors tant qu’à étudier ma famille sur place, autant le faire de manière complète au lieu de se taper cinquante fois le même registre.

Pareil dans les Alpes Maritimes d’où viennent plusieurs branches de ma famille. Ainsi, en 2012, si je termine (espérons !) Roure et Valdeblore, je mettrai de côté pour quelques temps la vallée de la Tinée et m’attaquerai à Falicon, commune frontalière de Nice, et Saint-Martin-Vésubie.

 

Et le blog dans tout ça ? Eh bien, que dire. Je posterai au gré de mon imagination et de mes découvertes.

 

Ce que je souhaiterais cependant le plus durant cette année 2012, ce serait de pouvoir aller plus souvent en archives et surtout de pouvoir aller aux archives départementales de Lille et de Nice ainsi qu’aux archives municipales de Valenciennes.

 

A suivre, aujourd’hui ou demain : Quel généalogiste suis-je ? ou la réponse de Sacrés Ancêtres à ce sujet qui a touché la plupart des blogs l’an dernier avec une Season 2 sur Genbècle

Par Thomas - Publié dans : Le blog, sa vie, son oeuvre, ses amours
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 16:03

Ceux qui connaissent un peu ce blog savent que je suis plutôt du genre à écrire des articles teintés d’humour ou tout du moins assez neutres. Je ne suis pas entré dans la polémique sur NotreFamille et je ne le ferai pas, du moins pour le moment. La bonne humeur m’a toujours semblé primordiale ici ; j’écris pour m’amuser, pas pour m’engueuler. Et pourtant, il y a quelques jours, en lisant un article, je me suis mis en colère comme jamais depuis que j’ai commencé à pratiquer la généalogie. D’où ce billet d’humeur qui risque d’engendrer pas mal de réactions négatives.

 

Lisant certains « vieux » magazines reçus lors d’un de mes (trop) nombreux déménagements de ces dernières années, je suis tombé sur « Généalogie & Histoire » n°142 de juin 2010 publié par le Centre d’Études Généalogiques Rhône-Alpes et sur un article, page 27, nommé « De profundis ».

 

Ce papier, écrit par un certain Jean-Loup Ricord, m’a paru choquant pour plusieurs raisons. Cet article évoque la possible disparition de deux associations, l’Association Généalogique du Var et le Cercle généalogique des PTT, celles-ci ne trouvant pas de successeurs. C’est toujours triste de voir d’anciennes associations disparaître. Pour monsieur Ricord, c’est une aberration puisque le nombre de généalogistes en France explose. Quelle est donc la cause de ces disparitions ?

 

La réponse lui semble simple : « le généalogiste nouveau ». Tout comme le Beaujolais, il n’est pas bon. Que dis-je, c’est le diable en personne. C’est un consommateur (une horreur !), il « adhère, utilise la somme des documents amassés par les autres, sans aucunement contribuer à enrichir le patrimoine de l’association puis, sans remords, disparaît. » Il « achète ».

Bref, le « généalogiste nouveau » est une sorte de monstre capitaliste, consumériste, qui dévore les recherches de l’association. En fait, je pourrais me reconnaître dans cette description ; j’ai adhéré à des associations sans pour autant faire de relevés pour celles-ci. J’avais adhéré pour avoir accès à Geneabank et je ne m’en cache pas. J’ai découvert le service Geneabank et c’est par leur site que j’ai décidé d’adhérer ; je ne l’aurais pas fait autrement. Finalement, le « généalogiste consommateur » n’apporte pas de nouveaux relevés, mais permet à l’association de lever quelques fonds supplémentaires pour diverses activités, salons, etc. Avec la poussée de la généalogie sur Internet est arrivé le généalogiste « actif », celui qui travaille, qui a un boulot et qui n’a pas forcément le temps de faire des relevés ou qui habite à l’autre bout de la France (voire du monde, ainsi j’ai eu l’occasion d’échanger à propos d’une commune des Alpes-Maritimes avec une dame vivant à Chicago et y ayant des ancêtres). Le généalogiste n’est plus que le retraité domicilié à côté du local et pouvant se déplacer pour les salons et réunions.

 

J’avais songé à effectuer des relevés pour ces associations mais je n’en avais finalement pas envie car l’aspect restrictif de l’information (pour les membres seulement) me déplaît et je préfère faire des relevés absolument gratuits et diffusables sans condition, comme sur mon modeste site : www.prat-genealogie.com . C’est un autre état d’esprit, ni meilleur ni pire qu’un autre, mais j’y suis attaché. Autre point, j’aime faire les relevés dont j’ai envie, pas ceux demandés par l’association, le Club, le Groupe, le Collectif ou peu importe son nom. Par exemple, j’ai fait le relevé de Saint-Sauveur-sur-Tinée dans les Alpes Maritimes dont la majorité avait déjà été fait par l’AGAM ; je l’ai refait, j’y ai inclus toutes les données possibles comme les témoins, les parrain et marraine, et cela a été publié comme je l’entendais, avec la méthodologie que je voulais et également sur un autre support, celui de l’arbre en ligne. Les demandes de « mise en page » des associations sont strictes et je ne voulais pas me prendre la tête pour savoir dans quelle case il fallait que je mette telle ou telle information. Ces conditions demandées par les associations sont légitimes, que personne ne se méprenne sur mes propos ; étant donné le nombre de généalogistes qui dépouille pour eux, elles ont besoin d’une mise en page commune pour une diffusion lisible.

Alors j’ai adhéré à des associations pour les points Geneabank, sans autre objectif pour le moment. Le but de ce regroupement est-il seulement de faciliter les recherches pour les membres perpétuels d’associations ou également pour faire venir de nouveaux adhérents ? Même si, admettons, la plupart des nouveaux adhérents venus pour Geneabank ne font que se servir, peut-être qu’un sur dix ou sur vingt restera dans l’association, s’y trouvera bien et fera des relevés ; les autres auront payé une cotisation qui permettra à l’association de vivre un peu plus, auront vendu quelques magazines (comme Généalogie & Histoire...). Est-ce si mal ? Est-ce qu’en donnant 30€ à la Croix-Rouge pour avoir bonne conscience mais sans partir au Zimbabwe aider les enfants je commets un acte mauvais ? Est-ce qu’en donnant 5€ à Médecins Sans Frontières pour acheter un de leurs stylos pour la collection de ma grand-mère mais sans faire l’infirmier au Ghana je suis mauvais ?

En me donnant bonne conscience par un don, ne fais-je pas quand même une donation ?

 

http://img513.imageshack.us/img513/6753/vieuxmuppetshow.jpg

"Ah! ces jeunes! De mon temps, on était solidaire...

- T'as bien raison! Leur faudrait une petite guerre pour leur apprendre!"

 

Mais cette partie n’est pas la pire de l’article à mes yeux. Les phrases qui suivent m’ont mises hors de moi : « Le plaisir de réaliser des projets communs, le sentiment d’appartenance à une communauté et la satisfaction procurée par le service rendu, tout cela a disparu. Le généalogiste bénévole est une espèce en voie de disparition, dinosaure, survivant d’un temps où les mots désintéressement, générosité et solidarité avaient un sens. »

Là, c’est le pompon, le ridicule sans gêne aucune.

Le « plaisir de réaliser des projets communs » est une aspiration personnelle ; certains font cela et y prennent justement du plaisir mais ériger cela en vertu est absurde, surtout à l’ère du numérique. Regardez-les, ces individualistes qui publient gratuitement leurs résultats de recherche sur des arbres en ligne, ceux qui publient leurs relevés systématiques sur Geneanet ou ailleurs ! Honte à eux de n’être point membre de notre Collectif ! Ils n’ont pas forcément envie de travailler au sein d’une association (a fortiori moralisatrice), ils n’ont pas forcément envie d’être membre d’une communauté et cela ne les empêche pas de ressentir une satisfaction lorsqu’ils aident les gens. Je ne fais pas partie d’un collectif et cela ne m’empêche pas d’aider des personnes qui m’envoient des emails et beaucoup de généalogistes « indépendants » le font. Les associations n’ont pas le monopole de l’entraide et je rappelle à Monsieur Ricord que l’association est faite d’individus qui aident d’autres personnes et que dehors, c’est la même chose, ce sont des personnes qui font cela et elles n’ont pas toutes besoin ou envie d’être en association.

Les associations seraient « désintéressées ». Ah ? Juste avant, le journaliste affirme pourtant que cela procure de la satisfaction. A partir du moment où le bénévole aide car cela lui procure de la satisfaction, alors il est intéressé. Le jour où le bénévolat ne lui procurera plus rien, il arrêtera. Je ne fais des relevés que parce qu’ils me procurent un certain plaisir ; je le fais pour moi avant de le faire pour les autres. L’autre est content d’avoir ces relevés et cela augmente mon plaisir. Nous sommes toujours intéressés, que l’on soit en association ou non, car on fait de la généalogie pour nous en premier lieu ; nous avons diverses raisons d’être en association ou de faire du bénévolat : on aime ça, on a envie d’être membre d’une communauté, on veut sauvegarder le patrimoine, etc. Le désintéressement n’est pas que l’absence de gains financiers ou matériels, ce serait également l’absence de plaisir, d’envie et un sacrifice absolu.

 

Nous avons tous eu un parent ou un aïeul nous disant de travailler à l’école car « à ton âge, j’étais un élève sérieux » avant de découvrir que ce n’était pas tout à fait vrai. On nous érige en vertueux un temps plus ancien alors que c’est faux. Les « jeunes » faisaient des bêtises comme mon trisaïeul à Saint-Cyr qui entonnait avec le futur maréchal Lyautey des vers incendiaires sur les « bas off », séchait des cours, et organisait diverses batailles après le couvre-feu. « Ah ! quand j’étais jeune ! »

Dans cet article, monsieur Ricord nous dit que « dans le temps » les généalogistes étaient des personnes biens et qu’aujourd’hui, il ne reste plus que les anciens qui eux, savent ce qu’est la morale, la bonté, la vertu tandis que les petits nouveaux seraient un peu comme les enfants bâtards de TF1 et de Carrefour, cherchant à savoir si le Cercle Généalogique de Pétaouchnock fait les soldes d’hiver et si la collection printemps-été des relevés systématiques lui donne des ancêtres qui se marient bien à son style et à sa robe Elie Saab.

 

http://img840.imageshack.us/img840/9830/ctaitmieuxavant.jpg

 

La généalogie change avec l’ère du numérique et ce que voudrait monsieur Ricord, ce serait que les généalogistes nouveaux, à qui, « à force de répéter [...] qu’ils sont des clients et non des usagers, [...] ont fini par le croire », deviennent comme en ces temps glorieux un modèle de vertu ; que le généalogiste s’adapte à l’association et non l’inverse. Cependant, un éclair de lucidité apparait à la fin de son article : les associations doivent aussi changer.

Oui, il est nécessaire pour les associations d’évoluer et si elles échouent, si elles plongent et ferment, ce n’est pas de la « faute » à un supposé égoïsme tout autant présent chez elles que chez les autres, mais parce que lesdites associations ne répondent plus aux besoins des généalogistes. Ce sont à elles de trouver les chemins pour survivre ; de s’adapter. Si l’association rendait un si grand service que cela, alors pourquoi disparaitrait-elle ?

Je serais le premier malheureux si j’apprenais que les associations fermaient les unes après les autres car elles font, je l’estime, du bon travail en général.

 

En ce moment, on parle beaucoup de généalogie nouvelle et au lieu de fustiger ceux qui n’entrent pas dans le moule – ici presque sectaire –, certaines associations devraient se remettre en question et voir comment elles peuvent s’adapter à Internet et aux archives en ligne. Comment feront-elles ? Plus de cours de paléographie ? Des dépouillements d’archives hors BMS/NMD ? Des partenariats avec le privé et/ou avec des services d’archives? La décision appartient aux associations, clubs, etc.

 

Quoiqu’il en soit, une chose est sûre après la lecture de cet article, je ne m’abonnerai plus à Généalogie & Histoire ni à aucune association qui travaille en collaboration avec ce magazine.

Ce genre de comportement, ce genre d’articles sont typiquement les causes du rejet de certains pour la généalogie : un passetemps pour retraités qui ronchonnent, une activité démodée où l’on ferait partie d’un club opaque, une passion qui devrait être un sacrifice, un désintéressement voué à la solidarité entre les humains. Entre cela et les remarques de certains sur la quête à l’héritage, sur le désir de prouver son origine française, on est gâté.

Quand je lis cela, je n’ai pas envie de faire de la généalogie, je n’ai pas envie de faire partie de cette « communauté » ; si j’avais lu cet article lorsque j’ai commencé... eh bien je n’aurais pas continué mais aurais plutôt fait remarquer à quel point la généalogie est une activité sectaire et qui ne donne pas envie d’en faire. Heureusement, j’ai un peu de bouteille et peux me rendre compte, par mon expérience, à quel point l’article de monsieur Ricord ne concerne que lui et que la pensée qu’il développe dans ces quelques lignes est loin d’être représentative.

 

Je fais de la généalogie pour me détendre, pas pour entendre des leçons de morale erronées et déplacées. Je fais peut-être des relevés distribués librement mais je ne suis pas une personne désintéressée, altruiste, sacrificielle, vertueuse ; je ne suis pas un saint. Je suis un généalogiste et je pratique cette activité parce que j’en ai envie, parce que cela me plait.

Lorsque l’on vient me parler de généalogie, je ne parle pas d’engagement, de rites d’entrée, de devoirs, d’entraide. Non. Je parle de ma passion pour les archives, pour l’histoire des individus et de l’intérêt qu’aura autrui à apprendre d’où il vient, à mieux connaître sa famille, ses aïeux. Peut-être qu’un jour cette personne fera du bénévolat ; mais c’est accessoire.  Pour moi, la généalogie a toujours été une passion, pas un sacerdoce. Cela restera ainsi.

Par Thomas - Publié dans : Le blog, sa vie, son oeuvre, ses amours
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 11:40

Lorsque l’on fait des recherches généalogiques, on trouve souvent un couple ou une personne un peu réfractaire, une personne qui ne veut pas être retrouvée et qui vous en fait voir des vertes et des pas mûres au point de vous demander si tout ceci est bien réel. Plusieurs exemples me viennent en tête dans mes recherches mais aujourd’hui, je vais vous présenter un cas : Les Lombard de la Tour d’Aigues.

 

Voulant pour ma mère remonter sur sa lignée agnatique, je me suis rendu à plusieurs reprises avec elle aux archives départementales de Vaucluse à Avignon. Ces archives qui étaient supposées être mises en ligne en décembre 2011 (vous avez jusqu’à samedi dernier les gars !) ont numérisé leurs registres de manière efficace. Précédemment, j’avais fait les recherches sur microfilms et avais réussi à remonter jusqu’à un certain Gaspard Lombard né en 1753, maître maçon, fils de Nicolas et de Jeanne Jullien. Alors que ma mère partait farfouiller les registres de notaires, ma mission était de récupérer certains actes paroissiaux et d’essayer de percer dans la lignée Lombard.

 

Avant d’entrer dans les détails de cette sombre affaire de cache-cache, parlons rapidement des Lombard. C’était une famille de modestes artisans de la Tour d’Aigues, petit village à l’extrême sud de Vaucluse. Ce patronyme, très courant, ne l’est pas du tout dans ce village puisqu’il n’y a qu’une seule famille et très peu de représentants de celle-ci ; j’en étais arrivé à la conclusion qu’il était fort probable que les Lombard eussent une autre origine. Mais un certain Salomon Lombard et son fils David sont référencés dans les archives communales de la Tour d’Aigues au XVIe siècle. Dans tous les cas, ils étaient toujours dans ce village en 1753 et je me suis décidé à retrouver le mariage de Nicolas Lombard et de Jeanne Jullien.

 

J’ai commencé naturellement par l’année 1753, même si le jeune Gaspard est né en mai ; en effet, on ne sait jamais, peut-être était-il prématuré ? (Expression très utilisée chez nous pour dire que la demoiselle est tombée enceinte avant le mariage)

Mais rien ; je remonte tranquillement dans les BMS et j’y trouve un grand-frère, Christophe, né le 25/7/1751 et décédé le jour même. Je continue ma recherche. Rien en 1750. En 1749, le 28 février, est née une grande-sœur Marie Magdeleine. Je me rapproche, me dis-je.

 

Que nenni !

 

Et là, après déjà plus d’une heure de recherche la tête collée contre l’ordinateur des archives après que ma mère a éclaboussé le hall en ouvrant une bouteille d’eau gazeuse qui n’a pas supporté le voyage en train, sans avoir fumé, sans même avoir un petit verre de vin pour me détendre, j’avance, page après page, jour après jour, mois après mois.

Mai 1747, un nouveau grand-frère est né, Jean François. Le mariage ne devrait plus tarder... Juillet 1745, décès d’un grand-frère, Nicolas Lombard dont je trouve l’acte de naissance en février 1744. Bon, je vais encore un peu avancer, même si fixer l’ordinateur non-stop en me concentrant sur l’écriture du prêtre me donne un peu la nausée et des vertiges. Je vais y arriver ! Je vais trouver ce mariage ! 1743, rien. Octobre 1742, naissance d’un autre grand frère, Augustin Lombard.

Je me lève de mon siège, prend ce qu’il reste de la bouteille d’eau, bois un peu et m’enfuis pour fumer une clope au bas du Palais des Papes avec la tête qui tourne. Bon, je me dis que tout de même, si c’est le cadet, il est fréquent que l’enfant soit né une dizaine d’années après le mariage et qu’après tout à chaque année terminée, je me rapprochais de cet acte de mariage.

 

Que nenni !

 

Je remonte, tranquillement, m’assois, respire un coup et reprends. 1740, naissance d’un autre grand-frère, Antoine. Mars 1739, naissance d’une grand-sœur Madeleine. Je commence à devenir fou, mon esprit vagabonde, mes yeux s’entrecroisent et je peine à lire. Un peu de motivation, et c’est reparti. 1738, rien ; 1737, septembre, décès d’une grande-sœur Marianne, âgée de deux ans. Je décide de sauter l’année 1736 et la moitié de l’année 1735 (oui, je sais, c’est pas bien).

 

http://img249.imageshack.us/img249/294/01788006photo7alamaison.jpg

Trop à la maison: Bienvenue chez les Lombard

 

Je redescends fumer, il est midi, j’y suis depuis des heures et les maux de tête sont incessants. Ca commence à bien faire et j’aperçois ma mère qui s’amuse comme une folle avec les archives notariales, trouvant des testaments, des contrats de mariages, des quittances, des créations de commerce tandis que de mon côté, j’ai des baptêmes, des sépultures et tous les mariages de la Création sauf celui que je cherche. Vous avez remarqué, c’est toujours comme ça. L’acte que vous voulez, vous ne le trouvez pas ;  des fois même, vous cherchez un acte pendant des jours, vous ne trouvez rien et le jour où vous cherchez un autre acte, vous trouvez le premier mais jamais celui pour lequel vous avez ouvert le registre. Sans oublier que vous pouvez être sûr que s’il y a une lacune entre le 20 et 22 décembre 1741 à Trifouillis-les-Oies, votre ancêtre est né le 21.

 

En somme, je ne trouve rien. J’entame donc l’année 1735 puis 1734. En février 1734, je trouve un autre grand-frère, Nicolas Lombard. 1733, rien non plus. J’ai lu dans la matinée vingt années de BMS et là, les maux de tête se transforment en nausée. Puis les années passent 1732... 1731, oh, un grand-frère, Antoine, décédé en février et âgé de deux ans. Je continue de remonter et trouver son acte de naissance en 1729. J’ai continué jusqu’en 1726... Sans résultat.

Je ne me souviens pas de l’heure ; mais il devait être 13h30 ou 14h00 et, pour ma santé mentale, j’ai laissé Nicolas Lombard et Jeanne Jullien gagner ce combat après avoir lu 28 années de BMS. Ainsi suis-je allé me consoler chez Me Rey, notaire à la résidence de la Tour d'Aigues.

Mais ce n’est que partie remise ; la prochaine fois je les aurai ces Lombard !

 

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Forcément , on descend toujours du dernier!

Par Thomas - Publié dans : Archives et vieux papiers
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Mercredi 28 décembre 2011 3 28 /12 /Déc /2011 12:06

 

Vous vous souvenez peut-être de ces ancêtres bretons qui me détestaient (et leur sentiment ne s’est guère amélioré), mais ils se sont alliés à ceux du Nord. Aujourd’hui, un casse-tête généalogique s’est posé et le plus compliqué n’a pas été de trouver l’acte manquant, mais bien de comprendre les liens de parenté. Vous ne me croyez pas ? Vous allez voir en plongeant avec moi dans la révolution française chez les ch’tis.

 

En 1889-90, Henri Wallon a publié le tome 5 de son ouvrage « Les représentants du peuple en mission et la justice révolutionnaire dans les départements en l’an II ». Il y est évoqué un procès qui eut lieu en l’an III. Mais commençons par le commencement.

 

Robespierre est mort et la Terreur s’achève. Un soulagement pour beaucoup, certes, mais les procès continuent. A Douai, dans le Nord, la deuxième section du tribunal de la ville avait pour objectif de juger les émigrés mais aussi les « citoyens » accusés d’avoir administré les villes et villages occupés par l’armée étrangère, principalement celle d’Autriche. Cet acte constituait alors un crime puni de mort.

 

Mais nous l’avons dit Robespierre était décédé et le tribunal était devenu plus clément, même si cela n’a pas empêché, en juillet 1795, la torture et l’exécution de cinq Ursulines. Mais ceux accusés du crime de « traitrise envers la patrie » pour administration de villes occupées étaient le plus souvent relaxés, le tribunal comprenant le « cas de force majeure ». Cependant, un procès fit grand bruit : celui des notables de Valenciennes.

 

Pas moins de trente notables, qu’ils fussent magistrats ou employés du privé, furent accusés de traitrise. Parmi eux se trouvaient mon ancêtre Dominique Joseph Daulmery et un de mes « oncles » Pierre Joseph Melchior Flory.

Le 16 fructidor de l’an II ils furent entassés sur des chariots, comme n’importe quel criminel, et envoyés à Douai (à près de quarante kilomètres de distance !) où ils furent enfermés dans la maison des Annonciades, congrégation religieuse présente dans la ville depuis 1612.

 

Flory-Pierre-Joseph-Melchior--5-.JPG

Pierre Joseph Melchior "l'aîné" Flory

 

Quelques jours après leur enferment ils rédigèrent , le  23 fructidor an II, une pétition adressée aux « représentants du peuple » dans laquelle ils expliquèrent leur rôle dans la défense courageuse de Valenciennes lors de l’invasion, défense qui succomba car les renforts de la république française ne s’étaient pas montrés. Ils racontèrent aussi que c’était sous la contrainte qu’ils durent continuer de gérer la ville. Enfin, ils écrivirent : « Nous ne demandons point grâce, nous ne demandons que justice ; qu’elle soit prompte et nos vœux seront comblés ».

 

Au mois de brumaire de l’an III, les détenus rédigèrent tout un mémoire sur l’histoire de leur administration dans lequel ils s’écriaient : « Criminels pour avoir consulté les intérêts de nos frères ! Robespierre l’eût pensé. On ne punit plus aujourd’hui que l’intention. » Ils profitèrent de cette occasion pour défendre d’autres fonctionnaires de Valenciennes, accusés dans d’autres procès ; « comme nous ils ont fait le bien ».

 

Daulmery-Dominique-Joseph--3-.JPG

Dominique Joseph Daulmery, avant l'ajout du "Rhoné"

 

Ainsi arriva le procès et le 27 frimaire de l’an III ils comparurent devant le tribunal, certains d’être acquittés – ou presque, et le plaidoyer d’un certain Thellier de Poncheville aurait achevé de prouver leur innocence. Ils furent reconnus comme ayant accepté les fonctions publiques sous l’occupation autrichienne mais le jury déclara que les accusés « n’étaient pas convaincus d’avoir eu l’intention d’enfreindre les lois de la République et d’êtres traitres à la patrie ».

Voici comment mon ancêtre, mon oncle et une trentaine de coaccusés furent innocentés.

 

Mais plusieurs choses ont attiré mon œil de généalogiste. Ainsi, Dominique Joseph Daulmery, négociant et maître orfèvre, et Pierre Joseph Melchior Flory, directeur des moulins de Valenciennes, étaient accusés ensemble alors qu’il n’y avait pas encore de lien de parenté. Le sieur Flory ne s’est ni marié ni n’a eu d’enfant mais sa sœur Antoinette est la mère d’Adélaïde Monchicourt qui elle, a épouse Auguste Patte fils de Victoire Daulmery elle-même fille dudit Dominique Joseph Daulmery.

En somme le petit-fils de Dominique Daulmery a épousé la nièce de Pierre Flory.

 

Antoinette.jpg

Antoinette Barbe Flory, sœur de l’accusé

 

Mais ce n’est pas tout !

 

Pierre Flory avait une autre sœur, Cécile, qui est la mère de Cornélie Picavet elle-même l’heureuse mère d’Élise Yernaut qui a épousé Auguste Patte fils d’Auguste et d’Adélaïde Monchicourt.

En somme l'arrière petit-fils de Dominique Daulmery a épousé la petite-nièce de Pierre Joseph Melchior Flory. Et le marié est aussi le petit-neveu de Pierre Joseph Melchior Flory.

Vous suivez toujours ?

 

Mais ce n’est pas tout ! C’est là que ça se complique.

 

Lors du mémoire durant le procès, Pierre Flory signe de son classique « Flory l’aîné », mais Dominique Joseph Daulmery signe étrangement « D. Dominique-Rhoné ». Au départ, j’avais même douté que mon Dominique Daulmery fût cette personne. Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des Dominique Daulmery vivant à Valenciennes sous la révolution ? Je me suis donc empressé de chercher l’acte de décès de Dominique dans les archives de Valenciennes et il est noté veuf en secondes noces de Marie Clotilde Rhoné.

Et alors ?

Et alors, ce nom de famille ne m’est pas inconnu, il s’agit d’une branche cousine sur Valenciennes. En trouvant l’acte de décès de la Marie Clotilde le 30 thermidor de l’an XII, j’apprends qu’elle est fille de Nicolas Joseph et de Marie Josèphe Delconaix. Le neveu de Marie Clotilde, Evrard Rhoné a épousé Sophie Mathieu de Quenvignies petite-fille de Marie Joseph Serret dont le grand-oncle Jean-Baptiste Serret est le grand-père d’Emmanuel Patte, l’époux de Victoire Daulmery (la fille de Dominique). Là, on peut comprendre cette étrange attraction entre ma main droite et le tube d’Aspirine juste à côté... Ce qui est étrange aussi dans cette histoire est la différence de deux générations du côté Serret que vous pouvez voir dans l’arbre manuscrit ci-dessous.

En fait, l’explication est relativement simple : Georges Serret a neuf ans de plus que son jeune frère Jean Baptiste et l’écart grandit ensuite : le fils de Georges Serret a vingt ans de plus que la fille de Jean Baptiste et  la petite-fille dudit Georges a trente-cinq ans de plus que le petit-fils de Jean Baptiste.

 

http://img337.imageshack.us/img337/6281/arbrervolution.jpgL'arbre manuscrit avec les liens familiaux entre les deux accusés (en rouge). Cliquez pour agrandir.

 

Pour conclure sur l'aspect généalogique, il est bon de noter ici que les liens de parentés entre les familles du Nord ont toujours été importants notamment les alliances entre personnes d'un même milieu social. Cette affirmation est vraie dans toute la France mais c'est bien la première fois que je vois d'aussi forts liens matrimoniaux dans un même département, et avec autant d'enfants par couple qui survivent. Pour l'exemple, dans le précédent billet de ce blog, je vous ai parlé d'une de mes cousines, ancienne généalogiste. Elle descendait de trois des soeurs Flory par quatre branches, ses parents étaient cousins, deux de ses grands-parents étaient cousins et deux de ses arrière-grands-parents l'étaient aussi, tous du côté Flory. J'en profite pour saluer sa petite-fille, Astrid, qui a eu le courage de reprendre la généalogie faite par feue sa grand-mère et qui, tout comme moi, a bien besoin de cachets pour les nerfs afin d'arriver à mettre l'arbre généalogique familial en forme.

 

Ah... Sacrés ancêtres !... et cousins !... et oncles !... et etc.

Par Thomas - Publié dans : Histoires d'aïeux
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