Lundi 7 octobre 1 07 /10 /Oct 15:59

Le généalogiste est humain, du moins jusqu'à preuve du contraire. Il a donc tendance à repousser à demain ce qu'il pourrait faire aujourd'hui. Je ne déroge pas à la règle et passe ma vie à repousser, encore et toujours. Je n'avais jamais rien publié concernant ma généalogie, à part des articles sur ce blog. Puis un jour, j'ai pris les choses en main et ai publié mon premier "ouvrage" généalogique, planche sur une biographie familiale de taille moyenne et sur un nouveau livre. Comme je me suis lancé, comme j'ai eu un premier essai, il m'est plus facile de continuer.

 

Comment commencer à écrire? Quoi écrire? Dans quel sens? Où commencer? Une généalogie, ce sont des centaines, des milliers de personnes qui se croisent dans cet arbre noueux.

 

Voilà comment j'ai commencé, et comment je continue.

 

Tout d'abord, il faut refréner nos désirs. Nous avons tous envie d'écrire une somme sur nos ancêtres, y inclure tous les documents, les descendances, ascendances, anecdotes, etc. Vouloir débuter par cela est presque insensé, car une branche nous bloque à un moment, donc nous faisons des recherches dessus, y passons des jours et des semaines, puis on passe à une autre et on laisse tomber notre ouvrage pour refaire de la recherche généalogique.

 

Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir des blogs  et presque tous, nous y publions des articles sur nos aïeux. Pourquoi? Parce qu'un article est plus facile à écrire qu'un livre. Et si, pour commencer, vous preniez vos articles, les réunissiez et les adaptiez pour une publication papier? Vous pourriez déjà avoir de nombreuses pages et il ne vous resterait plus qu'à écrire d'autres biographies courtes, sous formes d'articles. Ainsi cette compilation permettrait, avec des ajouts, d'avoir un premier ouvrage. Il vous donnerait une certaine discipline d'écriture, ravirait vos cousins et vous lancerait dans le grand bain.

Un coup de mise en page, l'ajout d'illustrations (portraits, photos, cartes postales, actes, etc.) et le tour est joué. Vous pouvez en faire imprimer quelques copies pour votre famille et vous-même grâce à divers sites en ligne ou grâce à un imprimeur.

 

Pour mon premier ouvrage, j'ai réuni les articles par thèmes, "la révolution", "la grande guerre", et autres. C'est un peu un fourre-tout, qui plus est amateur (problèmes de mise en page notamment), mais c'est un début. Une fois que vous avez commencé, que vous avez déjà publié, vous ne pourrez plus vous arrêter.

La seconde étape est le livre sur vos ancêtres. Gardez en mémoire qu'il y aura certainement d'autres éditions, "revues et augmentées", dans un futur plus ou moins lointain. Acceptez de ne pas tout savoir, de ne pas avoir tous les documents.

 

Quelles étapes pour ce livre?

Tout d'abord, fixez-vous un but. Et un but atteignable! Dans mon cas, j'évoque, dès le titre, qu'il s'agira d'une introduction; donc pas d'une encyclopédie.

 

Assurez-vous d'avoir de la matière


Une collection de dates, c'est un début, mais ce n'est pas suffisant. Inutile d'avoir tous les actes passés devant notaires et juges, d'avoir épluché toutes les archives hospitalières, communales, nationales, militaires et autres fonds d'érudit. Simplement, au moins, d'avoir les professions (avec une chronologie), les éventuels domiciles successifs et d'utiliser toutes les informations que les actes ont pu vous donner. Pour cela, j'ai rédigé un article sur le sujet qui vous donnera des pistes si vous ne les avez pas encore explorées.

 

Problème subsidiaire: comment avoir de la matière?


Comment arriver à avoir assez d'informations sur une branche? Car même si vous avez l'acte de naissance d'un aïeul, son acte de mariage, de décès, et tous les actes de naissance, mariage et décès des parents, car même si vous les avez, dis-je, peut-être n'avez-vous pas assez de matière. Pourtant, vous avez envie d'écrire dessus. Pour cela, il faut faire en amont, un travail généalogique sur les collatéraux, frères et soeurs, cousins et cousines.

 

Admettons que toute une branche vienne d'un seul village et qu'en trouvant les actes de vos ancêtres, vous remarquiez des mentions de personnes ayant le même patronyme. Comment savoir si c'est un cousin? Vous pourriez vous dire: je descends de Jean Dupont et de Marie Durand mariés en 1815 donc, je cherche leur descendance. Erreur. Car vous allez peut-être trouver des actes d'enfants de Pierre Dupont et d'Anne Martin que vous laisserez choir alors que ce couple est en fait composé des parents de Jean Dupont. Vous aurez snobé les frères et soeurs d'un de vos ancêtres. Dans ce cas, ce que je vous conseille, c'est de remonter dans le temps au maximum, d'actes de mariage en actes de mariage (tant qu'ils sont filiatifs) jusqu'au sommet des registres. Une fois toutes les branches identifiées, vous prenez le registre dans l'autre sens et dès que vous trouvez un enfant d'une des branches, vous le notez, de même pour les mariages et décès. Votre ambition n'est pas forcément de faire une généalogie descendante complète. Dans ce cas, limitez-vous aux frères et soeurs ET aux cousins germains.

Je vous entends râler: pourquoi les cousins germains? Parce que les cousins germains ont les même grand-parents que votre aïeul et que vos aïeux seront certainement, s'ils sont en vie, parrain et marraine du nouveau-né, que votre aïeul sera peut-être témoin au mariage de son cousin (combien d'entre nous ont une armée de témoins qui sont cousins germains d'un des époux?). Vous aurez sa profession, par exemple; "mais on l'a déjà" entends-je. Oui, vous savez qu'il est cultivateur en 1815 puis marchand d'allumettes en 1820. Mais si cet acte date de 1817? Et si dessus, il est noté qu'il est cultivateur? Alors vous pouvez réduire la fenêtre chronologique du changement de profession. De même, peut-être que vous avez comme domicile pour votre aïeul, un sublime, que dis-je un mirobolant, "résidant à Valenciennes", précision à toute épreuve, et que sur cet acte il sera précisé "résidant à Valenciennes rue Askièvre, 17". Si on va aux cousins germains, pourquoi s'arrêter? Déjà, parce que vous n'avez pas forcément envie d'aller plus loin, et en plus parce que, le plus souvent, les témoins, parrain et marraine, se font dans la famille très proche (grands-parents, oncles & tantes, frères & soeurs); au-delà du cousin germain, vous avez moins de chance de trouver des références à vos ancêtres.

 

C'est ainsi, en redescendant que vous aurez largement assez de matière. Se posent divers problèmes dans d'autres cas: des ancêtres dans une grande ville, ou changeant de ville comme on change de chaussettes. Ne vous pourrissez pas la vie, c'est le meilleur moyen d'abandonner l'écriture. Donnez vos informations sur cette branche, le plus agréablement possible, vous aurez toujours la possibilité d'y revenir dans quelques mois ou années lors d'un prochain livre.

 

Comment organiser son livre?


Bonne question. Tout dépend de ce que vous voulez. Dans mon cas, je fais deux grandes parties sur le livre que j'écris sur les ancêtres de ma grand-mère. La famille de son père, la famille de sa mère. Puis, chaque partie a des chapitres comprenant les recherches sur un patronyme ou une branche.

On en arrive là, mais ensuite, comment écrire?

Le moyen le plus facile me semble être l'écriture partant du plus vieil ancêtre jusqu'au plus récent comme dans une généalogie écrite. L'étude des collatéraux peut aussi se faire suivant ces généalogies écrites.

 

Exemple de généalogie écrite:

I. Henri Dupont né vers 1658 à Machin-sur-les-Eaux, y épouse le 26/04/1680 Augustine Duprez née à Les-Eaux-sur-Machin vers 1663 dont:

                a. Caroline qui épouse Henri Jean dont:

                                i. Guillaume, émouleur

                                ii. Paul, cultivateur

                b. Georges, qui suit en II.

 

On commencerait donc, lors de l'étude descendante par les collatéraux, ceux que l'on connaît le moins. Cela permet de stopper l'écriture, quand on a raconté la vie de Paul et de passer à Georges. L'inverse pourrait perdre le lecteur puisque l'on arrive en 2013, à moi, blogueur de son état et tout d'un coup, on dirait: "en 2013, Thomas, auteur de cet ouvrage, blogueur maladroit mais fort charmant. Ah, au fait, j'ai oublié de dire qu'en 1682 sous Louis XIV..."

Il ne faut pas perdre le lecteur. Il s'est déjà endormi plusieurs fois en lisant Les confessions de Rousseau, ne lui donnez pas le mal de mer en naviguant sur les eaux  impitoyables du temps. Une fois l'étude des Dupont faite jusqu'au dernier ancêtre porteur du patronyme, vous pouvez rappeler le lien avec les membres de la famille et passer à la branche suivante, dans un autre chapitre. Un arbre généalogique permettra aussi à vos lecteurs de visualiser les liens.

 

Comment illustrer mon livre?


Malgré mes recherches nombreuses, je n'ai pas pu trouver une seule photographie d'un de mes ancêtres du XVIe et du XVIIe siècle. Ce grand malheur, dont je tairai la cause, nous affecte tous. Comment illustrer la vie de nos ancêtres dans ce cas?

 

Les cartes postales anciennes. Une carte postale ancienne, même si elle reste récente (années 1900-1930) a toujours ce côté antique, le noir et blanc, les tenues, les rues sans embouteillages, etc. On est bien loin du XVIe siècle, me direz-vous. Oui, mais une vue de la campagne avant l'installation du Club Med, cela donne toujours une idée d'à quoi cela pouvait ressembler. Votre aïeul travaillait dans un endroit précis? Mettez-en une carte postale. Par exemple, un de mes aïeux fabriquait des chaussures pour la marine militaire à l'arsenal de Lorient. Hop, j'ai trouvé une carte postale dudit arsenal et cela illustre. Vous pouvez aussi placer un extrait d'une carte de Cassini avec les lieux-dits, surtout si ces derniers portent le nom de votre aïeux.

 

Les signatures. Si vos ancêtres savaient signer, prendre les signatures sur les actes vous permet d'illustrer la fiche sur votre arbre, mais aussi d'illustrer votre livre. Votre ancêtre signait-il aisément? Vous pourrez non seulement illustrer mais aussi parler sur une ligne ou deux de cette signature et d'autres. D'ailleurs, petit conseil lors de vos recherches. Quand un ancêtre ne sait pas signer, ne mettez pas "ne sait pas signer", précisez "ne sait pas signer en 1817" suivi de la source. Pourquoi? Car il n'est pas si rare qu'en cours de vie, votre ancêtre se mette tout à coup à signer. Il aura appris à le faire. Si vous aviez noté "ne sait pas signer en 1817, 1819, 1825, signe à partir de 1827" cela donnera une anecdote de plus que vous pourrez agrémenter de la signature et de son évolution (est-il malhabile au début? s'améliore-t-il?) ainsi que d'hypothèses sur cet apprentissage. Il arrive aussi qu'un de vos ancêtres déclare ne pas savoir signer en 1816 mais avait signé en 1814, ce qui vous pousserea à vous interroger. N'oubliez pas: au moins vous avez de documents, au plus chaque détail compte.

 

Les actes. Tant que vous ne vendez pas votre livre ou que vous ne le diffusez pas en masse, vous pouvez toujours (normalement) illustrer votre prose d'actes variés. Le contrat de mariage de votre trisaïeul, un acte de baptême intéressant, un acte de décès intriguant, outre l'illustration qui rend plus agréable la lecture, mettre un acte, c'est forcer le lecteur à accepter la véracité de vos propos. Il n'est pas toujours facile de s'imaginer l'ancêtre, ou même de croire ce que vous dites; l'acte les met devant le fait. Je vous conseille de l'accompagner d'une transcription (ou d'une traduction si l'acte est dans une autre langue) car il n'est pas garanti que le lecteur déchiffrera de lui-même ce vieil acte écrit par un prêtre ou un révolutionnaire. Comment transcrire? Doit-on respecter absolument l'orthographe et les accents de l'acte? A vous de voir, mais j'ai choisi mon camp: je transcris en gardant l'orthographe mais pas les accents ni les majuscules. Autrement dit je corrige accents et majuscules dès que je peux car le lecteur a parfois besoin qu'on lui tienne la main. De plus, il est bon de signaler que beaucoup de transcriptions anciennes corrigent l'orthographe intégralement, l'important étant le contenu plus que de dire: "oui mais le prêtre il écrivait "presentz" ou "presents"?" et d'en faire une note de bas de page de trois pages en latin façon Vrin. La transcription n'a pas de règles immuables données aux mortels par les dieux de l'Olympe. La Fédération Française de Généalogie dans un article de geneawiki cité par Sophie Boudarel, nous dit d'absolument respecter l'ortographe. Mais attention, il est probable que cette demande de la FFG soit faite pour avoir des règles communes à ceux qui dépouillent pour eux. Mais, outre que peu sont ceux ayant eu le courage de lire les quelques cinquante pages de consignes, certaines zones sont floues. Quid de l'acte en latin? En allemand gothique? En italien? Là, une traduction s'impose et vous devez la faire si vous voulez publier l'acte. Quant à la transcription avec respect absolu, n'oubliez pas que ceux qui liront abandonneront dès la première ligne s'ils ne comprennent rien à cause d'abréviations, d'absence d'accents et d'orthographes fantaisistes. Cependant, faciliter la lecture c'est bien, mais garder l'orthographe hors accents c'est mieux. Cela donne un côté authentique, un côté ancien. "Il avoit esté", cela plonge le lecteur dans le passé. "Ill. sr Jn Bpte not de son stile dud. lieu pere de lad. future espouze maieure", cela plonge le lecteur dans la catatonie. Mettre les accents, cela permet au lecteur d'identifier la prononciation immédiatement, donc le mot. Dégagez aussi les abréviations, mettez soit entre crochets: "Illu[tre] s[ieu]r J[ean]n B[a]p[tis]te", etc..., soit virez tout: "Illustre sieur Jean Baptiste notaire de son stile dudit lieu père de ladite future espouze majeure".

 

Ce qu'il faudrait éviter


Oui, car certaines choses sont un peu ardues pour celui qui ne pratique pas la généalogie. "Le sosa 236 de mon 28 est aussi le sosa 475 de mon 32 ce qui crée un implexe mais Geneweb y met une consanguinité de 0 car l'implexe est trop lointain, bien entendu." Oui... bien entendu; je dirais même plus, c'est évidemment évident. D'autres problèmes peuvent survenir "Malheureusement, aux ADN hors BMS et NMD, nous ne trouvons pas de renseignements car le tabellion sur la période est manquant alors nous nous sommes tournés vers les série E, F, G, H sans oublier qu'aux FF15 et 16 nous trouvons une occurrence qui renvoie vers le 3E584/265 f°465 aux ADI où nous avons trouvé le contrat de mariage que nous ne retranscrivons pas ici puisque nous venons de vous dire où le trouver." A moins d'être d'une dynastie d'archivistes issue de Nostradamus...

 

Nous devons donc essayer d'être clairs dans nos propos et de donner envie aux cousins de le lire. Cela veut dire, aussi, qu'il faut éviter les: "Jeanne Dupont o 4/11/1758 à Truc (84), y x le 14/7/1780 Honoré Durand" et autres informations arides. Préférez une écriture claire, alternez dates précises et mentions des âges, évoquez les heures où ça se passe sans dire "à 4h15 il meurt", dites plutôt "de grand matin", "avant l'aurore il expira", bref, soyez inventifs, ne soyez pas trop secs.

 

Evitez les blasons. "Oh, chouette, j'ai trouvé un blason des Martin, je vais le mettre"... Non, ne le mettez pas, je vous en prie. Les blasons de famille ne sont pas attribués à tout un patronyme à travers le temps, l'espace, l'infini et au-delà. A moins que vous n'ayez un aïeul qui ait eu un blason à lui, ne lui attribuez pas autre chose, vous risquez de fausser votre récit. Si vous voulez mettre un blason mais que personne n'en a un, vous pouvez en créer un pour vous-même et votre famille tout en évitant de le recopier sur un qui a un propriétaire. Surtout si l'un de vos cousins l'utilisent du coup à son nom et que le propriétaire légitime l'assigne devant les tribunaux... Votre réputation en prendrait un sérieux coup.

 

Vouloir tout dire. Vous ne pouvez pas tout dire. Par exemple, vous avez un ancêtre qui a été cité 25 fois, dans 25 actes différents, avec marqué comme profession "cordonnier". Ne mettez pas dans votre récit. "Notre aïeul, Jean Désiré Durand a été cité cordonnier en 1825, 1826, 1827, le 4/12/1829, le 5/12/1829, en 1830, en 1835, le 4/5/1836 à 14h45, le 4/5/1836 à 14h46, le 4/5/" etc. Autant préférer un sobre mais claire "il exerça la profession de cordonnier de son plus jeune âge à son décès en 1858".

 

Comme cet article est déjà bien trop long et que la plupart de mes lecteurs sont morts de vieillesse en le lisant, je vais récapituler ce qui a été dit. N'hésitez pas, en commentaire ou sur vos blogs, à réagir, à vous opposer avec virulence à mes propos, à compléter ce que j'ai oublié, à préciser, à vous interroger vous aussi. Bref, vous pouvez réagir ou aller vous faire un café.

 

 

En somme, pour écrire son histoire de famille:

 

 

1. Commencez petit. Réunissez vos articles et biographies, complétez-les, adaptez-les, ajoutez-en d'autres et publiez. Cela fera plaisir à vos proches. Utilisez vos articles de blog. Vous n'avez pas de blog? Vous pouvez en créer un, ce n'est pas compliqué; Sophie Boudarel, avec son geneathème mensuel vous donnera des idées et vous verrez, on accepte tout le monde, pas de physio à l'entrée. Si vous ne voulez pas d'un blog, vous avez la chronique familiale sur Geneanet qui est aussi un bon moyen d'expression.

 

2. Cela fait, interrogez-vous. Ai-je assez de matières pour écrire quelques phrases sur chacun?

 

3. Par matière, j'entends bien sûr des informations sans forcément avoir tous les documents de la planète conservés ou détruits où tous vos ancêtres ont été cités, y compris la facture EDF de mars 1934 de l'arrière-grand-tante par alliance Tatie Ursule.

 

4. Si vous n'avez pas d'informations sur une branche, remontez le temps, de mariages en mariages, à toute allure. Puis prenez le temps, en redescendant de noter collatéraux immédiats et cousins germains.

 

5. Favoriser un plan d'ouvrage simple. Branche par branche, du plus vieil ancêtre au plus récent. Dans l'écriture, commencez par les frères et soeurs dont vous ne descendez pas, puis par votre aïeul.

 

6. Illustrez votre livre par des photographies et tableaux représentant vos ancêtres, mais aussi des cartes postales anciennes, des signatures, voire des actes. Transcrivez les actes, mais faites en sorte que votre transcription soit compréhensible par quelqu'un qui n'y connait rien et qui ne passe pas le Concours de Paléographie Français des Parchemins en Patois Normand du XVIe Siècle.

 

7. Evitez le jargon. Sosas, implexes, dispense au 4e degré égal d'affinité et autres termes que nous n'utilisons que pour nos rites initiatiques.

 

8. Soyez clairs et créatifs, faites que l'on ait envie de vous lire.

 

9. Ne dites pas tout. Vos sommes d'informations sont utiles pour vous, pour savoir quoi écrire ensuite. C'est un matériau que vous devez exploiter mais pas restituer pleinement. Gardez cela pour vos fiches généalogiques ou pour un ouvrage "de sources généalogiques".

 

Conseil bonus: L'anecdote, il n'y a que ça de vrai. Vous ne prétendez pas écrire une thèse d'histoire moderne? Alors anecdotez! Parlez de ces histoires amusantes, de ces coïncidences que vous découvrez. L'anecdote fera vivre le récit. Une légende familiale? Parlez-en! Une grand-tante qui rembarra un futur magnat, parlez-en. Mariages arrangés, mariages d'amour, secrets, manigances, captivez votre lecteur tant que vous le pouvez. Evitez simplement de balancer que votre cousin n'est pas le fils de son père alors que ni l'un ni l'autre est au courant: "à mon cher "cousin", amitiés". Ce sera mal vu, j'en suis presque sûr.

 

 

Par Thomas - Publié dans : Histoires d'aïeux
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Samedi 21 septembre 6 21 /09 /Sep 09:04

Oui, vous avez bien lu, Sacrés Ancêtres s'engage en politique! Il est temps d'intervenir contre les abus de ces gens qui se marient sans se soucier de leurs descendants qui souffriront de leur inconséquence! Non mais!

 

Bon, pour être plus sérieux, c'est juste que comme je viens de perdre la moitié de mes cheveux sur un cas généalogique, il me faut pousser un coup de gueule.

 

J'étais tranquillement à mon bureau, cherchant des informations sur les Patte, artisans et marchands domiciliés à Thiant, dans le grand Nord. Comme à chaque fois, je cherche partout sur Internet des indices. Je cherche alors à en savoir plus sur ce couple d'ancêtres: Charles Patte et Marie Agnès Leduc qui ont vécu à Thiant avant de partir au Cateau-Cambrésis. Le problème dans beaucoup de commune du Nord dont Thiant, c'est que les registres ont disparus ou ont été brûlés (il reste les autres archives heureusement).

 

Et, tout d'un coup! Paf! Je trouve un couple Patte-Leduc sur Thiant. Sauf que lui s'appelle Grégoire et elle s'appelle Marie Thérèse.

 

Les enfants de ce couple sont quasiment tous nés à Athis, en Belgique, où le Royaume n'a pas encore tout mis en ligne, donc impossible de voir les parrains et les marraines. J'explore un peu Thiant, où je retrouve une signature que je connais (je vous en ai parlé dans le précédent article). La signature d'un certain "J. Flory curé de Thiant". Comparaison de signatures: oui, c'est bien mon Jean Flory, frère d'un de mes ancêtres qui fut aussi curé de Thiant. Sauf que c'est cent ans après qu'un descendant des Patte de Thiant épousa une descendante du frère de ce curé (et qu'accessoirement, le fils de ce couple épousa aussi une descendante du frère de ce curé...).

Pour le moment, on est dans l'anecdote, dans l'amusant. On se dit: Le monde est petit.

 

Mouais.

 

Le fait est que Jean Flory, aussi brave devait-il être, était comme moi agacé par cette homonymie. En 1738, il n'en peut plus. Il annonce le décès de Pierre Joseph Patte, âgé de seulement 22 ans, fils de feu Grégoire et de Marie Agnès Leduc, le tout en présence du frère du défunt Léger Joseph Patte. Sauf que Grégoire a épousé Marie Thérèse et que c'est Charles qui a épousé Marie Agnès...

Grâce à la présence de Léger Joseph, j'ai pu établir qu'il s'agissait d'un fils de Charles. Mais même à l'époque, on voit bien que le curé n'en pouvait plus du mariage homonyme/homogame!

 

Alors, comment démêler le tout? Grâce à un mariage qui a lieu sous la révolution! Le 27 nivôse an V à Valenciennes, Louis Joseph Patte, fils de Grégoire et de Marie Agnès, épouse une Pluchart. Et en témoin, le cousin de l'époux, mon aïeul Emmanuel Usmar Patte. Ah! Grégoire et Charles étaient donc frères... à moins que ce ne soit du côté Leduc? Ou des deux côtés? Gnéééé...

 

Oh! J'ai failli oublier de vous dire que l'une des filles de Grégoire Patte épouse en 1788 un certain Albert Joseph Désir, fils de Jean Joseph Désir et de Marie Caroline Stievenart. Vous ais-je dit que je descendais par une autre branche de Jean Joseph et de son épouse? Plus précisément par leur fille Marie Marguerite Désir qui épousa Mathieu Monchicourt en 1767 à Marly.

 

Oh, vous croyez que j'ai fini? Ah non, ça c'était l'appetizer.

 

Alors que j'étais content d'avoir résolu une partie du mystère, je fais un peu de généalogie descendante et trouve le mariage de Joseph Bruno Patte, fils de Grégoire, à Valenciennes le 30 germinal an VIII. Il épouse Catherine Joseph Hautecoeur...

Hautecoeur... Peut-être est-ce le moment de préciser que Mathieu Monchicourt, mon aïeul, est le fils d'une Hautecoeur. Enfin, j'dis ça, j'dis rien.

L'épouse, Catherine Joseph Hautecoeur, est fille de Charles Hautecoeur et de Jeanne Ursule... (roulements de tambours) Hautecoeur.

Jeanne Ursule est fille de Jacques Noël Hautecoeur et de Marie Jeanne Vallée. Inutile de vous dire que je ne descends pas de ce couple, mais que je descends aussi des Vallée. Marie Jeanne Vallée est fille de Godefroy et de Marie Ursule de Haynin. Là aussi inutile...blablabla... descends aussi des Haynin.

 

Trop, c'est trop! Y en a marre de ces mariages: tiens épouse la cousine de ma soeur par alliance et dans cent ans votre descendant épousera la belle-tante de l'oncle à ma filleule...

 

Heureusement, j'ai pu retrouver certains liens. Godefroy Vallée (ou Vallez) est le frère de mon aïeule Marie Vallez et Marie Ursule de Haynin est une cousine issue de germain de son époux, mon "oncle" et de mon aïeule Marie Vallez.

 

Je n'ai pas encore réussi à relier les trois branches Hautecoeur qui me restent sur les bras: Jean François & Adrienne Bury; Jacques Noël & Marie Jeanne Vallée; et la branche de mes aïeux, Laurent et Marie Marguerite Hiolle.

 

Je vous passe tous les autres mariages de cousins avec des personnes portant les mêmes noms, parce que c'est invivable.

 

Bien entendu, aucun généalogiste n'est dupe dans ce genre de situation. Ce n'est pas un hasard qu'il y ait tant d'homonymies, il s'agit en fait d'une pratigue d'homogamie, c'est-à-dire de mariage dans le même milieu. La plupart de ces personnes étaient censiers, mayeurs, négociants, etc. Ce qui crée, in fine, de la consanguinité.

Mais ce n'est pas une raison valable pour nous faire ce coup-là!

Par Thomas - Publié dans : Mystères et secrets
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Jeudi 5 septembre 4 05 /09 /Sep 17:31

En tant que généalogistes, nous avons souvent affaire à des actes (enfin, je vous le souhaite!). Nous trouvons l'acte de mariage d'un ancêtre, le baptême d'un lointain oncle ou le décès d'une cousine. Souvent alors, nous prenons une copie de l'acte, nous le classons, et nous mettons dans notre arbre généalogique: Marie Dupont + 07/08/1738 à Clochemerle.
On se dit qu'on a fait du bon travail. Pas forcément. Tout dépend de ce que l'on cherche à faire avec son arbre généalogique. Mon but est d'écrire la vie de mes ancêtres et chaque acte est une étape dans la rédaction d'une biographie de cette branche. Mais pour pouvoir un jour avoir de la matière sans être submergé par les actes innombrables, il me faut extraire les informations de cet acte et les placer aux bons endroits. Plus encore, il faut, lorsque je reverrai ces informations, pouvoir en retrouver l'origine exacte.
Ce billet s'adresse donc en priorité à ceux qui cherchent une méthode pour faire une généalogie à but historique et qui ne savent pas comment s'y prendre. Il s'agit donc de ma méthode qui est loin d'être universelle, car bien que portant le portant le nom d'un apôtre, ce dernier n'ayant pas écrit d'évangile, ma parole est bien égale à la vôtre!

Etudions le dernier acte que j'ai eu à explorer. Le baptême d'une "tante" au XVIIIe siècle, dans le Nord. Voici l'acte:

Baptême Flory Julie JoséphineSource: Archives Départementales du Nord - Valenciennes paroisse Saint-Nicolas

(cliquez pour agrandir)


Première réaction: je gémis. De gros pâtés. Je ne préconise jamais de recopier tous les actes en sa possession (sauf ceux hors des registres paroissiaux et d'état-civil, comme les actes notariés et autres ou les actes sortant de l'ordinaire); l'utilité étant plus que limitée voire quasi-nulle lorsque l'on sort les informations du document et qu'on les place au bon endroit. Mais dans ce cas, cela peut être un confort supplémentaire. Donc, tout d'abord, si vous vous retrouvez face à un acte difficilement lisible: retranscrivez-le. Cela permet de s'attarder sur les mots et d'imposer un rythme lent qui sera nécessaire. Pour la transcription, le modèle est simple: respecter tant que possible l'orthographe d'origine et sauter la ligne en même temps que le curé pour savoir où chaque mot est placé (profitons-en pour numéroter les lignes).

Voici une transcription (où j'ai rajouté les accents par pur confort de lecture):
1) L'an mil sept cent cinquante huit le cincq avril fut
2) baptisée par nous Druest(?) prêtre grand clercq de cette
3) paroisse Julie Joséphine, née le jour précédent à six
4) heures du matin ci derrière la rue des Dominiques, fille de
5) mr Jean Baptiste Joseph Régis Flory marchand et de delle
6) Jeanne Catherine Proost sa légitime épouse. fut parrain
7) mr François Joseph Tribout marchand de la paroisse S.
8) Géry rue cardon fut marraine Delle Anne Joseph
9) Chauvin, marchande de la paroisse de la Chaussée, rue
10) Cambray. le père présent ont signé comme s'ensuit
Signatures: Tribout, JB Flory, Chauvin


On repère les informations habituelles: date du baptême, prénom du nouveau-né, noms et prénoms des parents. Bref, comme d'habitude. On a donc Julie Joséphine Flory, baptisée le 05/04/1758 fille de Jean Baptiste Joseph Régis et de Jeanne Catherine Proost. Mais ça ne suffit pas; en tout cas, ça ne me suffit pas.

Le père (qui a presque autant de prénoms qu'un Bourbon) a devant son nom l'abbréviation "mr", signifiant monsieur. Mon logiciel de généalogie me permettant de créer des "titres" je l'ajoute et je vois qu'il avait déjà été qualifié de "sieur". Cette information permet de noter que cette personne est un notable, ainsi que son épouse qualifiée de "delle" (demoiselle). En effet, les qualificatifs de ce genre marquent la notabilité (et non pas la noblesse!) sous l'Ancien Régime. Attention cependant si vous traitez un acte du XIXe où l'on emploie monsieur comme aujourd'hui, l'adressant à tout homme; je le précise car j'ai remarqué que de nombreux arbres l'insèrent en "titre"; un "monsieur" au XIXe peut très bien être un journalier et une "demoiselle" une lingère. Cela fausse votre étude.
Une fois le titre noté, on remarque aussi que Jean Baptiste Flory est marchand. On inscrit souvent dans l'espace réservé la profession. Je vous vois déjà écrire: Marchand. Ah non! Si ça se trouve, dans un acte de 1760, il y aura écrit "papetier" ou "censier" ou n'importe quoi d'autre. Dans ce cas, quand vous voudrez écrire l'histoire de cette personne, comment ferez-vous pour savoir à quel moment il a eu tel ou tel métier? Comme les logiciels ne sont pas tous adaptés, j'utilise l'encart "Notes". J'inscris "Profession:" et la ligne en-dessous je mets trois informations:
1. Année de l'acte
2. Profession
3. Source
Dans ce cas, dans mes notes il est écrit: 1758: Marchand (Acte de baptême de Julie Joséphine Flory le 05/04/1758 à Valenciennes paroisse Saint-Nicolas)
Et je remarque qu'en 1807 (cinquante ans plus tard!), il est écrit "Propriétaire" signifiant qu'il a arrêté d'exercer et qu'il vit de ses rentes. Ainsi, vous pourrez suivre au plus près l'évolution professionnelle de votre aïeul, d'année en année (suivant le nombre et la qualité des actes), vous permettant d'établir des fourchettes temporelles. Si vous ne le faites pas, il vous faudra relire tous vos actes et vous en oublierez beaucoup (notamment, si une information se trouve dans le baptême d'un cousin dont il est le parrain)!

Revenons sur la fiche du nouveau-né. Julie Joséphine a été baptisée le 5 mais est née la veille. Cette information n'échappera à personne. J'ai l'habitude de rajouter pour la naissance, l'heure. A priori, cela ne semble servir à rien, mais cela peut vous permettre, éventuellement, d'ajouter un petit plus dans la rédaction de votre biographie (A l'aube naquit Julie Joséphine, blablabla). Cela peut aussi aider si la mère meurt en couche ou l'enfant quelques heures plus tard, apportant de fait des précisions. Vous pouvez faire de même avec le nom du prêtre. Cependant je ne le fais pas sauf dans deux cas: Tout d'abord, si c'est un homme particulièrement important qui baptise l'enfant (un évêque ou autre) et surtout je le fais si le nom m'est familier, car il peut y avoir un lien. Je vais éviter de faire une digression tout de suite (même si c'est ma spécialité) et y revenir plus loin.
Dans certains logiciels, vous pouvez noter les résidences de vos ancêtres. Faites-le! En tant que descendant de militaires, je vous assure même que c'est indispensable. En tant que descendant de ces marchands du Nord, je vous assure... que c'est indispensable aussi. Dans cette même ville de Valenciennes où naquit Julie Joséphine, je notais, au hasard d'un acte, qu'un de mes ancêtres avait vécu rue Askièvre. Il y vivait au XVIIIe. Cette rue existe toujours. Cela nous permet de localiser approximativement le quartier où vivaient nos ancêtres. Et quand bien même la rue n'existerait plus, il en existera toujours des traces dans les archives. Vous pourrez apprendre dans quel milieu vivaient vos ancêtres et écrire un ou deux paragraphes sur l'histoire de la rue (les changements de noms, les guerres, les magasins, etc) qui rendront davantage lisible l'histoire de nos ancêtres qu'un "Julie Joséphine est née le 4, baptisée le 5... après j'en sais rien"

Vous pensez que c'est terminé? Non! N'oublions pas le parrain et la marraine. Et là, j'en vois certains bougonner: "Ils n'ont pas les mêmes noms, il n'y a pas de liens de parenté, ça ne sert à rien!". Rhooo! Relisez: De l'utilité des témoins. Ensuite, créons une fiche pour le parrain et pour la marraine. Les logiciels permettent la création automatique de fiches lors de l'ajout de témoins. Ce faisant, nous n'oublierons pas pour eux le signe de notabilité, la profession, et l'adresse (précisez la paroisse quand vous la connaissez).

Désormais, vous êtes fatigué, moi aussi et vous vous apprêtez à partir sur autre chose... Attendez un instant! Lisons les derniers mots: "le père présent, ont signé comme s'ensuit". Oui, le père et les témoins signent. Comme nous avons récupéré l'acte, nous récupérons la signature de chaque personne (témoins compris). J'ai créé un dossier, au nom original de "Signatures" qui contient les signatures (!) récupérées dans mes recherches. Je remarque que j'ai déjà trois fois la signature de Jean Baptiste Flory. Je prends celle-ci aussi. Pourquoi? Déjà parce qu'elle est peut-être plus jolie que les fois précédentes mais aussi parce qu'il peut y avoir des changements. L'un des frères de Julie Joséphine signait très souvent et il y a une évolution dans sa signature: elle devient de plus en plus tremblotante. On peut donc supposer une maladie ou une infirmité qui apparaît avec l'âge. Avec les signatures récoltées, nous pouvons aussi illustrer l'histoire de ces ancêtres.
Je vous ai parlé des cas où je note le nom du prêtre. Et cette histoire de signature est le moment idéal pour l'aborder car je puis comprendre que l'on soit sceptique face à la collection de signatures. Les parents de Jean Baptiste se marient et ce n'est pas le prêtre de la paroisse qui célèbre l'église, mais un certain Jean Flory, curé de Sebourg. J'apprends aussi grâce à d'autres actes que ledit curé de Sebourg est le frère du marié. Je note tout ceci, le prêtre signe, je prends sa signature et je passe à autre chose. Les mois passent et je travaille dans une toute autre commune du département, sur une branche différente. Je suis content car je trouve un acte tant attendu. Je commence à lire l'acte et là, que vois-je? le prêtre est un certain Jean Flory. Je ris en me disant que c'est amusant d'avoir un prêtre qui porte le même nom que mon prêtre. Puis je suis saisi d'un doute. Je regarde l'époque et celle de mon Jean Flory et ça coïncide. Mais il ne faut pas se précipiter, il faut établir une preuve tangible: est-ce oui ou non la même personne? C'est un peu gros comme une maison et le "peut-être" ne me satisfait pas. Et c'est là que les signatures sont utiles: je compare les deux signatures pour démêler cette histoire. Les signatures sont absolument identiques. Il s'agit de la même personne. Ainsi ai-je de quoi raconter, ajouter des informations qui plairont à mes cousins lecteurs. Sans la signature, j'aurais été dans le doute. Et sans avoir pris le temps de noter toutes les informations sur la première apparition de ce curé, je n'aurais pas forcément été capable de retrouver l'acte concerné.

Petit point pour terminer sur cet acte de baptême. Quand je dis qu'il est important de noter les parrains et les marraines, en voici une preuve: la marraine Anne Joseph Chauvin est marchande et vit rue Cambray sur la paroisse de la Chaussée de Valenciennes. Julie Joséphine Flory a un grand frère, Pierre Melchior. Son parrain se trouve être un certain Pierre Joseph Chauvin, marchand domicilié rue Cambray sur la paroisse de la Chaussée de Valenciennes. Ayant relevé l'acte de baptême de Pierre Melchior il y a plus d'un an, j'avais oublié qui était son parrain (normal!) mais grâce aux saisies complètes, son nom est apparu quand j'ai créé la fiche d'Anne Joseph Chauvin. Il ne me reste plus qu'à établir leur parenté (frère/soeur, père/fille, époux/épouse) et je puis les considérer comme une famille proche des Flory.

Pierre Joseph Chauvin ficheFiche de Pierre Joseph Chauvin issue de Geneanet

 

En conclusion, ce mode opératoire prend du temps et cela peut en effrayer plus d'un, notamment lorsque l'on travaille sur des actes du XIXe très riches en renseignements. Pour donner une idée, avec cette méthode, il faut une demi-heure pour traiter un acte de mariage du XIXe si vous êtes aguerri. A terme, on gagne de nombreuses heures de recherches fastidieuses et surtout (presque) aucune information ne vous échappera. Les étapes décrites ci-dessus m'ont été d'une aide infinie lors de la rédaction de divers articles pour mon premier livre paru l'an dernier (que personne ne peut acheter puisque c'est un tirage à but exclusivement familial... contenant des articles qui n'intéresseront que la famille). Des fois, je l'avoue, j'ai la flemme de faire tout ce que je vous décris. Alors que faire lorsque l'on s'auto-diagnostique une flémingite aigüe? Vous pouvez éventuellement faire comme moi: avoir un cahier sur lequel vous notez vos petites recherches et trouvailles, les descriptions d'actes, les numéros de vue des registres en ligne que vous entrerez dans votre arbre quand vous aurez bu une fiole de courage.

Bonnes recherches!

Par Thomas - Publié dans : Archives et vieux papiers
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Dimanche 11 novembre 7 11 /11 /Nov 10:57

Nous sommes le 11 novembre et Sacrés Ancêtres se devait de rendre hommage à nos poilus morts pour la France. J'ai choisi délibéremment de m'intéresser à ceux d'un village en particulier. J'ai, il y a peu, évoqué ces cousins, les Levey, morts pour la France et j'aurais pu aussi rendre hommage aux autres poilus de ma famille, mais ce sera pour une prochaine fois.

 

Voici donc la liste des morts pour la France de Saint-Sauveur-sur-Tinée accompagnés de quelques renseignements généalogiques sur eux:

 

- Marius Rami, né le 14/01/1873 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Joseph Antoine et de Marie Rose Rami est tué à l'ennemi le 12/10/1915 à Sägmatten. Il a eu trois fils avec sa femme Marie Claire Colletta: Joseph, Emile et Rosé. Il était chasseur de deuxième classe au 7e bataillon territorial de chasseur

 

- Jean Baptiste François Camille Toche né le 18/07/1894 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils d'Honoré forgeron et de Marie Baptistine Rami ménagère. Il est mort de "plaies multiples par éclats d'obus, plaie pénétrante du cou, blessures graves des mains et du membre inférieur" le 20/08/1915 à Florent dans la Marne. Il était au 7e régiment d'infanterie.

 

- Jean François Salomon né le 30/09/1875 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Pierre Antoine, maçon, et de Xavière Forneri, ménagère. Il est mort des suites de blessures de guerre le 02/07/1915 à Martincourt en Meurthe-et-Moselle. Il était soldat de deuxième classe au 311e régiment d'infanterie, 8e compagnie

 

- Joseph Maïssa annoncé sur son acte de décès comme né le 23/01/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée. Probablement né 23/11/1891 fils de Michel-Ange et de Marie Espérance Gautier, cultivateurs. Mort des suites de blessures reçues sur le champ de batailles le 31/01/1915 à Bussang. Il était soldat de deuxième classe au 27e bataillon de chasseur à pied, 2e compagnie.

 

- Baptistin Lombart né le 30/10/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Charles et de Marie Madeleine Vial, cultivateurs. Il est mort 15/06/1915 sur le champ de bataille à la suite de blessures de guerre à Braun Roff en Alsace. Il était chasseur de première classe au 6e régiment de chasseurs, 4e compagnie.

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/302354.jpg

Baptistin Lombart (Source: Memorial GenWeb)

 

- François Édouard Auvaro né le 01/09/1892 à Saint-Sauveur-sur-Tinée fils de Pierre Louis et de Marie Madeleine Roux, cultivateurs. Il est mort le 12/03/1915 sur le champ de bataille à Reichaker-Kopf. Il était chasseur de deuxième classe au 6e bataillon de chasseurs, 6e compagnie.

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/300834.jpg

François Edouard Auvaro (Source: Memorial GenWeb)

 

 

- Jean Paul Noyer né le 24/06/1893 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils d'Aimé, cantonnier, et de Marie Joséphine Bazzini, épicière. Élève à l'École Normale, il est mort 06/04/1915 à Flirey, tué sur le champ de bataille. Il était caporal au 163e régiment d'infanterie, 7e compagnie

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/7483.jpg

Jean Paul Noyer (Source: Memorial GenWeb)

 

- François Joseph Maïssa né le 05/09/1894 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, fils de Joseph, messager et de Caroline Cristini, ménagère. Tué à l'ennemi le 09/02/1916, soldat de 2e classe au 22e régiment d'infanterie coloniale.

 

http://www.memorial-genweb.org/photo_ind/1418/302399.jpg

François Joseph Maïssa (Source: Memorial GenWeb)

 

- Joseph Émile Maïssa, né le 26/03/1879 à Saint-Sauveur-sur-Tinée, cultivateur. Il était le fils de Michel-Ange et de Louise Gaïssa, cultivateurs. Il venait de se marier un an auparavant, le 14/01/1915 avec Victorine Rousset, tué à l'ennemi au ravin des vignes près de Verdun le 07/05/1916. Il était soldat au 99e régiment d'infanterie. Il était alors dans le même régiment que mon arrière-grand-père, le Commandant Marcel Prat alors Capitaine. 

 

- Pierre Félix Roux, né à Roussillon au hameau de La Tour le 25/09/1890 fils d'Emilie Roux. Il était domicilié à Saint-Sauveur-sur-Tiné et a disparu dans la perte du cuirassé "Bouvet" le 18/03/1915, coulé par une mine après avoir reçu huit impacts de l'artillerie turque. Il était matelot de troisième classe. Il y eut 47 survivants sur 630 membres d'équipage.

 

- Michel Marcel Toussaint, né le 12/06/1898 à Tunis, fils de Jean et de Marie Dominique Bianchi. Il était domicilié à Saint-Sauveur-sur-Tinée et est mort sur le champ de bataille le 22/07/1918. Il était alors brigadier à la 24e batterie du 260e régiment d'artillerie lourde 

 

- Joseph Maynart, né le 19/05/1886 à Isola où il épouse le 24/03/1913 Edwine Murris. Il est fils de Justin et d'Antoinette Fabriet. Mort pour la France le 10/06/1918 près de Gournay sur Aronde. Il était soldat au 151e régiment d'infanterie. 

 

- Baptistin Mario, fils de Joseph André et de Joséphine Mario, cultivateur. Il est né le 09/11/1885 à Saint-Sauveur-sur-Tinée dans le lieu-dit de Pierre Blanche et épouse dans ce même village le 11/05/1912 Anaïs Bovet. Ils eurent au moins un fils, André Augustin né le 17/05/1913 à Saint-Sauveur-sur-Tinée et décédé le 24/10/1969 à Castellane. Baptistin Mario était cultivateur et est mort le 10/11/1916 à Sailly. Il était au 47e bataillon de chasseurs alpins.

 

- Albert Robin né le 30/08/1882 à Chédigny en Indre-et-Loire épouse à Bléré dans le même département  le 25/06/1906 Juliette Pellevard. A disparu le 26/10/1914 à Langemarck alors qu'il était soldat au 66e régiment d'infanterie. Le Tribunal Civil de Nice l'a déclaré "disparu du guerre" le 24/12/1920. Son dernier domicile devait certainement être Saint-Sauveur-sur-Tinée.

 

Ce billet est un bien faible hommage pour de si grands hommes, morts pour la France, pour la Patrie. Je les inscris ici afin qu'ils ne soient pas oubliés. Ils n'étaient pas Commandant, Capitaine ou Lieutenant-Colonel, ils ne sont pas dans les manuels d'histoire, ni dans les livres. On ne parlera pas d'eux à la télévision aujourd'hui et pourtant ce sont des héros.

 

Si vous êtes de leur famille, n'hésitez pas à m'envoyer des photographies que je puisse compléter ce petit hommage.

Par Thomas - Publié dans : Alpes Maritimes
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Dimanche 11 novembre 7 11 /11 /Nov 08:51

Aujourd'hui, comme annoncé dans mon billet sur les témoins, je vais vous conter l'histoire des Récipon, une famille d'artistes.

 

Récipon Georges par Robert Charlie 1905Georges Récipon par Robert Charlie en 1905

 

Ma grand-tante, Colette Prat, était élève à la Légion d'Honneur et pendant les vacances elle partait soit chez son oncle Léon Prat soit chez sa tante Valentine Prat-Monchicourt. C'est chez cette dernière qu'elle connut une certaine Madame Récipon. Ma famille n'en sait pas plus. Après une longue enquête, j'ai pu reconstituer la famille Récipon à partir de sources généalogiques, d'ouvrages, d'articles de presse et du fameux parchemin de feue ma cousine Renée Monchicourt (qui établit une ascendance et une descendance assez complètes de ce côté).

 

Valentine Prat a épousé son/mon cousin Henri Monchicourt, antiquaire à Milan. Son père Albert Monchicourt, négociant papetier, avait un frère Félix aussi négociant et père de Valentine Monchicourt qui épousa le 18 mai 1892 à Paris XIe un certain Georges Récipon. Valentine était donc Madame Récipon. Voilà pour le lien de parenté.

 

Valentine Monchicourt est née à Montay, dans le Nord, le 13 juillet 1869 puis s'installa sur Paris et devint artiste peintre, élève de Madame Delaunay et de Paul Edouard Récipon son futur beau-père. Georges Récipon, plus âgé que sa femme puisque né le 17 janvier 1860 à Paris IIIe, fut également l'élève de son père et l'on peut penser que c'est dans les ateliers de Paul Edouard, sculpteur, que les deux jeunes gens se recontrèrent.

 

Monchicourt-Valentine-allegorie-de-l-abondance-par-de-Liph.jpg

L'allégorie de l'abondance par Valentine Monchicourt (cliquez pour agrandir)

 

Avant cela, Georges Récipon avait fait l'école des Beaux-Arts où il fut l'élève de Dumont et Thomas. Il obtint le 1er prix Jouvain d'Allanville en 1882 ainsi qu'un prix en peinture décorative. En 1889, grâce au Retour de l'enfant prodigue il eut en sculpture le second grand-prix de Rome. Il participa au Figaro Illustré, à la Revue Illustrée, à la Revue des Lettres des Arts ou encore au Monde Ilustré. Il a également illustré de nombreux ouvrages notamment pour Conquet, Hachette, Baschet ou Launette. D'après le Dictionnaire national des contemporains (1919) par Curinier: " Arsène Alexandre, dans Le Figaro, Ch. Ponson-Lailly dans le Monde Illustré, et d'autres, nombreux, constatent que Georges Récipon possède à la fois la puissance, la grâce et surtout un beau don de spontanéité et d'exubérance, caractéristique de son très personnel talent."

Georges Récipon est célèbre pour nombre de tableaux et de sculptures. Il serait fastidieux d'en faire étalage ici; c'est pourquoi je renvoie le lecteur intéressé au livre de Curinier. Notons principalement une sculpture restée très célèbre: le quadrige L'Harmonie triomphant de la Discorde.

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Toit-Grand-Palais.jpg/786px-Toit-Grand-Palais.jpgL'Harmonie triomphant de la Discorde (cliquez pour agrandir)

 

Le couple Récipon fut visiblement assez heureux et Georges sembla apprécier sa belle-mère dont il fit le portrait.

http://img571.imageshack.us/img571/5895/feretzopargrcipon.jpgZoé Féret mère de Valentine Monchicourt, par Georges Récipon (cliquez pour agrandir)

 

En 1893, ils vivaient 149 rue de Rennes dans le VIe arrondissement de Paris et eurent leur première fille Yvonne qui naquit le 26 mai de la même année. Je ne sais rien d'Yvonne, hormis qu'elle décéda à Beauvais dans l'Oise le 27 mars 1974. Les Récipon, qui ne semblaient pas tenir sur place, déménagèrent dès l'année suivante au 38 rue Boileau dans le XVIe. C'est là qu'ils eurent Zoé née le 24 juillet 1894. Il est important de noter qu'à sa naissance fut témoin Charles Lenoir, statuaire comme Georges et qui vivait à la même adresse. Malheureusement, Zoé décéda cinq ans plus tard le 19 mai 1900.

 

http://img829.imageshack.us/img829/9314/rciponyvonneenfantparso.jpgYvonne Récipon peinte par sa mère (cliquez pour agrandir)

 

En 1896 on retrouve les Récipon dans le XVIIe arrondissement, où ils vivaient au 123 rue des Dames; ils y eurent leur troisième fille Marcelle née le 27 septembre. D'elle aussi j'en sais peu. Elle vécut au Mans où elle épousa François Barbier le 22 décembre 1925 et eut pour dernière demeure la Bretagne, plus précisément Nantes où elle décéda le 9 mai 1970. Les Récipon continuèrent leurs déménagements et on les retrouve en 1900 au 39 rue Dulong dans le XVIIe puis en 1901 au 53 rue de Vaugirard dans le VIe. Je vous laisse imaginer le travail qu'il m'a fallu accomplir pour retracer ainsi leur existence entre ces multiples déménagements. En 1901, donc, les Récipon eurent à nouveau une fille, Suzanne, née le 12 novembre. Eugène Duveau et Lucien Gibert, deux mouleurs, certainement dans le domaine de la scuplture furent les témoins de sa naissance. Là aussi, on peut noter qu'ils vivaient également au 53 rue de Vaugirard. On peut donc penser qu'en ce début de XXe siècle et qu'en la fin du XIXe existaient des immeubles où les artistes vivaient déjà entre eux, se fréquentaient voire se liaient d'amitié.

 

http://img201.imageshack.us/img201/1732/yvonneetsuzannerciponpa.jpgYvonne et Suzanne Récipon par leur mère (cliquez pour agrandir)

 

Malheureusement pour nous, nous n'avons pas pu avoir accès aux sources ultérieures sur Paris. Nous savons par Renée Monchicourt, que le couple eut une autre fille Odette, née vers 1905.

 

Quinze ans plus tard, nous retrouvons le couple au 6 avenue de Longchamp dans le XVIe arrondissement. C'est là que le 2 mai 1920 décéda Georges Récipon. Est présente sa fille Valentine, domiciliée à Ecouen dans le Val-d'Oise où elle enseigne le dessin. Georges Récipon, chevalier de la Légion d'Honneur est donc mort à l'âge de soixante ans après une vie bien remplie et cinq filles. La mairie de Paris lui a rendu honneur en donnant une rue à son nom dans le XIXe arrondissement.

 

Valentine Monchicourt lui survécut, mais je ne saurais dire jusque quand. On la retrouve en 1928 dans l'édition du Figaro du 27 juin où on apprend que sa fille Odette alors âgée de 23 ans a dû abandonner ses études pour aider sa mère et est devenue employée de banque. Madame veuve Bell, décédée, lui laissa en legs ainsi qu'à d'autres jeunes filles une dot de 5000 francs au moment de son mariage et de 5000 autres francs un an après. Odette épousa Monsieur Colonne, d'après Renée Monchicourt, qui lui donna six enfants.

Valentine vécut au moins jusque dans les années 30 où elle connut ma grand-tante.

Par Thomas - Publié dans : Histoires d'aïeux
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